mercredi 31 octobre 2012

Looper



Looper = loupé ???

Dans un futur proche, la Mafia a mis au point un système infaillible pour faire disparaître tous les témoins gênants. Elle expédie ses victimes dans le passé, à notre époque, où des tueurs d’un genre nouveau (les "Loopers") les éliminent. Un jour, l’un d’entre eux, Joe, découvre que la victime qu’il doit exécuter n’est autre que… lui-même, avec 20 ans de plus. La machine si bien huilée déraille..



Mon titre m’amuse, je l’avoue volontiers. Non pas qu’il soit drôle mais plutôt de circonstance. Jugez plutôt :

LOUPER, verbe intransitif.
− Qqn loupe qqc. Ne pas réussir à exécuter correctement.
− Louper son coup. Échouer. Nos avions ont loupé leur coup (Malraux,Espoir, 1937, p. 587).
Adj. Pour un coup loupé, dit-il, c'est un coup loupé! (H. Bazin,Part du pauvre, 1954, p. 14)

Source : http://www.cnrtl.fr/lexicographie/louper, date de consultation : 2/11/2012.

Alors bien évidemment, ‘Looper’ vient de l’anglais ‘loop’ « en boucle » et ne signifie aucunement « loupé » comme votre serviteur le laisse entendre. ‘Looper’ est annoncé comme le film qui renouvelle la « Sy-Fy » des enfants de l’Oncle Sam. Hélas, il laisse plutôt un goût amer en bouche. Le pitch est pourtant intriguant : le voyage dans le temps a toujours fasciné le spectateur désireux de retrouver des sensations procurées par la vision des films ‘Retour Vers Le Futur’. On ne peut s’empêcher de se demander : « Que ce serait-il passé si ? » ou encore : « Et si je pouvais changer la réalité ? ». Cette douce chimère philosophique revient donc sur le devant de la scène en ce mois frisquet de novembre ; comme pour mieux voyager pour échapper à la grisaille ambiante.
Mais pourquoi un tel sous-titre dans cette critique ?  Après tout, l’histoire fascine ! Et les acteurs, me direz-vous ? Ils sont parfaits ! De Bruce Willis (impérial en amoureux de la gâchette) à son double Joseph Gordon-Levitt (plus jeune et plus chevelu) en passant par une Emily Blunt parfaite en mère aimante et un Jeff Daniels qu’on a aimé détester (et qu’on déplore ne pas voir assez souvent) ;  l’alchimie est parfaite.       La réalisation est parfaitement maitrisée et le rythme soutenu. Le spectateur, bien calé au fond de son siège, suit l’action comme s’il était dans un manège et devient le témoin des pièges qui jonchent la route du personnage principal. Avouons ici que la magie de Disney est loin.. âmes sensibles s’abstenir ! D’entrée de jeu, le spectateur est marqué par ce voyage aussi temporel qu’inhumain. La joie procurée par ce solide film d’action-science-fiction est bien malheureusement vite ternie par la violence gratuite et souvent inutile ainsi que par des choix moraux plus que discutables. Notre plaisir n’est donc hélas pas total car ce film choque à bien des égards. D’aucuns apprécieront peut-être les scènes de violence (voire de barbarie assez malsaine par moment), quant à votre serviteur, beaucoup moins. Le pitch est loin d’être réjouissant : flinguer des gens de l’autre côté d’un tunnel temporel. Il y a plus joyeux dans le genre, concédons-le !
En définitive, il s’agit d’un bon film qui, hélas, va souvent trop loin dans une démonstration de violence superflue. ‘Looper’ ne parvient pas vraiment à boucler la bouche..  

Note :
Critique : Stanley 

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