mercredi 12 février 2014

La Belle et la Bête


1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle, la plus jeune de ses filles, joyeuse et pleine de grâce.
Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose.
Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Au château de la Bête, ce n’est pas la mort qui attend Belle, mais une vie étrange, où se mêlent les instants de féerie, d’allégresse et de mélancolie.
Chaque soir, à l’heure du dîner, Belle et la Bête se retrouvent. Ils apprennent à se découvrir, à se dompter comme deux étrangers que tout oppose. Alors qu’elle doit repousser ses élans amoureux, Belle tente de percer les mystères de la Bête et de son domaine.
Une fois la nuit tombée, des rêves lui révèlent par bribes le passé de la Bête. Une histoire tragique, qui lui apprend que cet être solitaire et féroce fut un jour un Prince majestueux.
Armée de son courage, luttant contre tous les dangers, ouvrant son cœur, Belle va parvenir à libérer la Bête de sa malédiction. Et se faisant, découvrir le véritable amour.




C’est bon? Oui, mais… Cette adaptation française de ‘La Belle et la Bête’ envoie du lourd sur le plan des effets-spéciaux, c’est certain. Les frenchies n’ont rien à envier aux Américains tant l’univers graphique déployé ici est renversant. La beauté des décors, des costumes et de la photographie rend grâce à ce conte fantastique écrit naguère par Gabrielle-Suzanne de Villeneuve. Une esthétique léchée qui peine toutefois à masquer les nombreux défauts de ce grand huit visuel. Le plus agaçant? Les dialogues. Sans doute scribouillés par des élèves de deuxième secondaire, ils sont au mieux cul-cul, au pire con-con. A côté, le classique de Disney, c’est du Audiard.

Le scénario, lui, alterne les bonnes et mauvaises idées. On appréciera les flash-backs oniriques sur le passé de la Bête, on regrettera par contre l’interminable introduction ainsi que la liaison tumultueuse bâclée entre Belle et son geôlier, pourtant le cœur de l’histoire. Ainsi la chrysalide de la jolie jouvencelle, ex-prisonnière devenue jeune femme aimante, et la métamorphose de la Bête, passant de prince maudit terrifiant en amoureux transi, sont expédiées. Or, l’intérêt et les enjeux du récit se nichent précisément dans cette relation ambiguë entre les deux protagonistes. Du coup, le spectateur se rattache à la poésie des images. Seulement, trop de lyrisme tue le lyrisme. Et ennuie quelque peu… Les jeunes pupilles, elles, ont déserté le cinéma.

Dans ce spectacle enchanteur et merveilleux, Christophe Gans (Crying Freeman, Le Pacte des Loups, Silent Hill) n’a pas son pareil pour peindre des tableaux fantasmagoriques d’une grande beauté. Son génie visuel, storyboardé à la perfection, propose des séquences gothiques d’une grâce absolue notamment lors d’un final impressionnant. Seulement, l’émotion peine à émerger dans cette féérie numérique foisonnante. La faute à Léa Seydoux, pistonnée comme jamais par son producteur de papa, Jérôme Seydoux. Une terrible erreur de casting qui flingue le métrage. L’actrice de ‘La Vie d’Adèle’, consciente qu’elle n’a pas le charme d’une Belle, compense le manque en surjouant. André Dussollier, lui, cabotine dans le rôle du père, marchand déchu, tandis que Vincent Cassel, alias la Bête, tente cahin-caha de sauver les meubles dans cette distribution globalement mal dirigée.

On espère encore et toujours voir Tim Burton reprendre ce conte à son... compte et lui injecter la noirceur, le mystère, la poésie gothique, le zeste de gore, l’érotisme etc. Autant d’éléments qui font cruellement défaut ici. C’est le seul, à notre humble avis, à pouvoir mettre en scène correctement ‘La Belle et la Bête’. Mais le réalisateur à la chevelure de savant fou semble être plus préoccupé par une autre histoire fantastique: la suite de ‘Beetlejuice’ avec un Michael Keaton qui a d’ores et déjà répondu présent. Et, entre nous, ce n’est pas pour nous déplaire!

Note:
Critique: Professeur Grant

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