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mercredi 7 octobre 2015

The Martian


Lors d’une expédition sur Mars, l’astronaute Mark Watney (Matt Damon) est laissé pour mort par ses coéquipiers, une tempête les ayant obligés à décoller en urgence. Mais Mark a survécu et il est désormais seul, sans moyen de repartir, sur une planète hostile. Il va devoir faire appel à son intelligence et son ingéniosité pour tenter de survivre et trouver un moyen de contacter la Terre. A 225 millions de kilomètres, la NASA et des scientifiques du monde entier travaillent sans relâche pour le sauver, pendant que ses coéquipiers tentent d’organiser une mission pour le récupérer au péril de leurs vies.




Ridley Scott (Alien, Blade Runner) signe son meilleur film depuis belle lurette avec deux rescapés d’Interstellar en haut de l’affiche, à savoir Matt Damon et Jessica Chastain. Par ici pour la critique du Porfesseur Grant:



Mars, la mal-aimée. Dans l’histoire du septième art, une tripotée de réalisateurs se sont efforcés à planter des navets sur la quatrième planète de notre système solaire. Le cinéphile a d’ailleurs souvent vu rouge ces dernières années. Petit aide-mémoire: Brian De Palma s’est perdu dans «Mission To Mars» (aux dernières nouvelles, on ne l’a toujours pas retrouvé…); le studio Warner, lui, a perdu de l’argent - et du crédit - dans le regrettable «Red Planet» d’Antony Hoffman; John Carpenter, pour sa part, a carrément oublié son scénario sur Terre quand il est parti shooter son «Ghosts of Mars» tout de couleur pourpre vêtu. Vu l’historique désastreux et - surtout - après le four «Mars Needs Mom», la machine de guerre Disney a cru bon de retirer la mention de l’astre dans le titre de sa superproduction «John Carter of Mars» afin de partir sur de bonnes bases. Mais cela n’a pas suffi, l’échec cuisant du métrage ayant eu pour corollaire l’éviction du patron de l’époque. Bref, qui dit Mars dit mauvais.

Cependant, il en faut plus pour effrayer un vieux de la vieille comme Ridley Scott. La gageure était de taille et ce vieux briscard l’a relevée haut la main. C’est que notre dinosaure n’est pas né de la dernière pluie. Proclamé pape de la science-fiction par les fans depuis le coup double Alien/Blade Runner, le Britannique s’est jeté corps et âme dans cette histoire qui convoque autant la science que la conscience... voire même l'inconscience. En deux mots, ou plutôt trois: seul sur Mars. Le titre français ne pouvait être plus clair. De notre côté, on préfère la version originale sobrement intitulée «The Martian», ne serait-ce que pour l’imaginaire évoqué. Le Martien en question étant finalement… terrien. Humain même. Et il a le visage (en gros plan, s’il vous plait, comme sur les affiches placardées sur les édicules) de Matt Damon, le grand frère boy-scout adulé du public américain.

En substance, Mark Watney - l’astronaute que ce dernier incarne, fort brillamment par ailleurs, et qui n’est certainement pas étranger à la qualité de l’ensemble - est laissé pour mort par ses coéquipiers suite à un accident survenu lors d’une violente tempête. Pendant que l’équipage est en partance pour la Planète bleue, le scientifique, lui, se réveille quelques heures plus tard sur la Planète… rouge, l’hostile. Celui-ci ne va pas se laisser abattre, ni se lamenter sur son propre sort. Il prend le taureau par les cornes et commence à imaginer un plan de survie. Ça tombe bien, le gaillard est botaniste de formation. Adoptant d’emblée la positive attitude, il va se mettre à dompter l’astre et à cultiver la terre... comme sur Terre. La suite, ce sera sur grand écran. Car, on ne vous le cache pas, on vous recommande chaudement ce Robinson Crusoé de l’espace.

Au menu du jour: humour, disco et pommes de terre. Papy Ridley orchestre ce «space survival» avec une virtuosité trop longtemps mise en sourdine. C’est que ses dernières signatures nous avaient laissé une impression mitigée, comme un arrière-goût amer en bouche: les déconvenues «Cartel» et «Exodus: Gods and Kings» pour ne pas les nommer. Mais qu’à cela ne tienne, effaçons l’ardoise et remémorons-nous que le metteur en scène nous a également épaté dans des registres forts variés: le péplum (Gladiator), le thriller (Body of Lies), le drame (Matchstick Men), le road-movie (Thelma & Louise), le polar (American Gangster) etc. Un savoir-faire indéniable comme en témoigne sa filmographie. A chaque fois, l’Anglais adapte son art pour conter au mieux son histoire.

Tel le «Cast Away» de Robert Zemeckis, «The Martian» ne manque ni de souffle ni d’efficacité. La fluidité de sa réalisation épate notamment lors des allers-retours entre notre bas monde, où la Nasa s’affaire à trouver des solutions, et Mars, colonisée par le pauvre astronaute paradoxalement claquemuré dans l’immensité. Si Scott fait fi de toute ambition philosophique ou métaphysique, au contraire d’Alfonso Cuarón (Gravity) ou des frangins Nolan (Interstellar), ce dernier aborde malgré tout des enjeux importants tant sur le plan humain qu’écologique, ce qui rend cette aventure stellaire passionnante. Riche, le récit de Drew Goddard (adaptation du best-seller d’Andy Weir) est, en outre, fortifié par l’aménagement d’un suspense imparable qui monte crescendo tenant ainsi le spectateur en haleine nonobstant les deux heures vingt de métrage.

A contre-courant des blockbusters actuels, Ridley Scott évite la surenchère visuelle et refuse la surcharge émotionnelle pour finalement signer une œuvre d’une sobriété bienvenue.

Note: 
Critique: Professeur Grant

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