samedi 19 novembre 2016

11 22 63

Al Templeton, le gérant d'un « diner » se voit diagnostiquer d'un cancer. Il décide alors de confier à Jake Epping – un client et néanmoins bon ami – une mission qu'il n'a lui-même pas su mener à bien : remonter le temps afin d'empêcher l'assassinat de JFK. Mais changer le passé va se révéler bien plus dangereux que prévu…
La série entrera-t-elle dans la postérité ? Pas besoin de voyager dans une DeLorean volante pour trouver la réponse. Les presque neuf heures vous tiendront rivé-e-s à votre canapé.

Diffusée sur le service de VOD Hulu en janvier 2016, la série ‘11.22.63’ est l'adaptation du roman éponyme de Stephen King. J.J. Abrams et Stephen King himself se chargent de la produire. Plusieurs réalisateurs relativement connus (dont James Franco) se chargent de la transposer à l'écran.

Casting
James Franco (‘Palo Alto’, ‘This Is the End’, ‘127 Hours’, ‘Spider-Man’, ‘James Dean’, etc) - véritable stakhanoviste crédité dans une vingtaine de projets en 2016 - partage l’affiche avec la talentueuse Sarah Gadon (‘A Royal Night Out’, ‘Dracula Untold’, ‘Belle’, ‘Enemy’ et ‘Antiviral’). Force est de constater que l’alchimie est bien présente. On retrouve donc avec plaisir le tandem Sadie/ Jake. George MacKay (‘Captain Fantastic’, ‘Pride’ et ‘Defiance’) offre à Franco un admirable compagnon de fortune. Le jeune acteur fait ici toute la démonstration de son talent. On retrouve également Chris Cooper (acteur ayant fait ses preuves dans ‘The Company Men’, ‘Married Life’, ‘Truman Capote’ et ‘The Bourne Identity’) et Josh Duhamel jouant ici un rôle diamétralement opposé à celui qui est le sien dans ‘Transformers’. Daniel Webber se glisse quant à lui dans la peau du démentiel Lee Harvey Oswald.

Analyse
Là où la série frappe très fort, c'est au niveau de la titanesque reconstitution des « Swinging Sixties ». Des voitures vintage aux coiffures proprettes en passant par la bienséance propre à l'époque, rien n'a été négligé.
Qui d'autre que James Franco (qui, s'il est bon de le rappeler, a fait des études littéraires) pour incarner Jake Epping AKA George Amberson ; cet écrivain raté ? Bien que Franco s'en sorte honorablement, il ne surpasse pas le « Jake-du-livre », son alter ego de papier.
'The Godfather', Narnia, une Plymouth Belvedere de 1958, l'effet papillon, la paranoïa liée à la Guerre Froide, la théorie du complot, Dealey Plaza, Jack Ruby, etc ; vous l'aurez compris : les références (historiques ou fictives) pullulent dans cette série.
Les fans de Stephen King ayant lu le livre auront en tête la réplique laconique : « The past is obdurate (= borné, obstiné) ». Présente un nombre incalculable de fois dans le roman de plus de mille pages, cette réplique n'est pourtant pas prononcée une seule fois dans toute la série ! C'est, disons-le sans mettre de gants, une erreur monumentale qui s'explique par une volonté d'oversimplification de l’œuvre de King afin de la rendre plus « accessible ». Dans une même logique, d'autres différences sont à relever. Parmi les plus frappantes, le « rabbit hole » permet cette fois un retour en 1960 (au lieu de 1958). Mini-série oblige, cette coupe est compréhensible. Autre différence : une partie de l'intrigue à Derry (Maine) se retrouve gommée (et par la même occasion tous les personnages de 'It', pourtant chers à Stephen King). Autre différence marquante : Jake n'a qu'une seule chance dans la série quand il se la joue 'Groundhog Day' dans le roman. De plus, Jake se voit assister par Bill Turcotte. Cela gêne, d'une certaine manière, l'identification du téléspectateur au héros. Enfin, où sont passés les détenteurs de cartes ? Le « Yellow Card Man » est bien présent mais quid de ses collègues ? Bridget Carpenter, la scénariste, a expliqué ce choix par une volonté de donner au « YCM » plus d'importance. Ainsi, il serait [SPOILER ALERT] une itération de Jake si ce dernier venait à interférer outre mesure avec l'Histoire.

Le mot de la fin
Visuellement captivante (avec ses voitures somptueuses, ses costumes d'une élégance à s'en damner et ses décors rétro recréés dans les splendides paysages de l'Ontario) et solidement interprétée, cette dernière adaptation en date d'un roman de Stephen King réussit sans trop de mal à nous divertir quelques heures, sans pour autant parvenir à nous faire oublier le roman du maître de l'angoisse.

Goupil

Aucun commentaire:

Publier un commentaire