mercredi 23 novembre 2016

Allied


Casablanca 1942.  Au service du contre-espionnage allié, l’agent Max Vatan rencontre la résistante française Marianne Beauséjour lors d’une mission à haut risque. C’est le début d’une relation passionnée. Ils se marient et entament une nouvelle vie à Londres. Quelques mois plus tard, Max est informé par les services secrets britanniques que Marianne pourrait être une espionne allemande. Il a 72 heures pour découvrir la vérité sur celle qu’il aime.








Casablanca, la ville. Casablanca, le film. Casablanca, aujourd’hui, le décor du nouveau long-métrage de Robert Zemeckis, « Allied ». Le papa de la trilogie « Back to The Future » ne laisse aucun doute sur son ambition : réaliser un mélodrame classique au charme suranné mâtiné de suspense. Du cinéma « à l’ancienne » au goût vintage plutôt prononcé histoire de se rapprocher de son modèle avoué de 1942 qui voyait Humphrey Bogart donner la réplique à Ingrid Bergman. Ce couple glamour est remplacé ici par un autre tandem séduisant : le duo Brad Pitt/Marion Cotillard. Lui est un agent secret canadien au service du contre-espionnage allié, elle une résistante française. D’une mission à haut risque en terre marocaine au Londres sous le Blitz, notre paire d’espions va filer le grand amour. Jusqu’au jour où des soupçons s’installent dans le ménage…

La production a mis toutes les chances de son côté : un metteur en scène chevronné, des acteurs confirmés jusque dans les seconds rôles et surtout un scénariste doué en la personne de Steven Knight (Eastern Promises, Pawn Sacrifice, Peaky Blinders). L’Anglais livre une copie solidement charpentée bien qu’un brin prévisible. Séduction, passion, action, trahison…, avec un tel matériau, Bob Zemeckis s’est fait plaisir. Le cinéaste emballe le récit dans une mise en scène virtuose qui témoigne autant de ses qualités artistiques que de son indéniable savoir-faire technique. Sa superproduction se mue alors en divertissement hollywoodien haut de gamme avec une reconstitution historique impeccable. Notons des décors somptueux ainsi que des costumes magnifiques. Et le spectateur de se dire que rien n’a été laissé au hasard. Aidée par un couple de comédiens dont l’alchimie transparaît à l’écran, l’histoire se déroule sans anicroche. On ne voit pas les deux heures passer.
Et pourtant, si tous les voyants sont au vert, la mécanique émotionnelle ne fonctionne pas. On s’attache finalement très peu aux protagonistes. Un bémol de poids pour cette grande fresque rétro aux accents follement romanesques. La faute peut-être à un dernier tiers en demi-teinte, plombé par une résolution artificielle. Pressé d’en conclure, le réalisateur ne parvient finalement pas à concilier romance et suspense. Jouant ouvertement sur deux tableaux, à savoir le mélo passionnel et le thriller de guerre, Zemeckis peine à réussir ce difficile mélange des genres. D’ailleurs, nombreux s’y sont cassés les dents à l’instar de Steven Soderbergh avec « The Good German ». Enfin, certaines scènes complètement ratées empêchent « Allied » de figurer au panthéon du septième art au côté de son illustre modèle. L’épisode de l’accouchement de Cotillard sous les bombardements mis en scène avec un symbolisme ampoulé fait tâche dans ce film globalement plutôt maîtrisé.
Note:

Critique: Professeur Grant

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