lundi 3 juillet 2017

Wonder Woman


C'était avant qu'elle ne devienne Wonder Woman, à l'époque où elle était encore Diana, princesse des Amazones et combattante invincible. Un jour, un pilote américain s'écrase sur l'île paradisiaque où elle vit, à l'abri des fracas du monde. Lorsqu'il lui raconte qu'une guerre terrible fait rage à l'autre bout de la planète, Diana quitte son havre de paix, convaincue qu'elle doit enrayer la menace. En s'alliant aux hommes dans un combat destiné à mettre fin à la guerre, Diana découvrira toute l'étendue de ses pouvoirs… et son véritable destin.







Introduction : super-héros en veux-tu (vraiment ?), en (re)voilà !

Les Gardiens de la Galaxie hier, Spider-Man demain, certes, le paysage cinématographique actuel est saturé de superheros movies, vache à lait des majors. Mais, les studios hollywoodiens n’en ont cure et continuent inlassablement de puiser des origin stories dans les différents catalogues de comics. Vous reprendriez tout de même encore un peu de figures héroïques en collant s’adonnant à des prouesses invraisemblables jusqu’à remettre en question la loi universelle de la gravitation, non ? Comment ça non ? Et si je vous dis que cette fois-ci, c’est une femme qui tient le haut du pavé. Diana Prince, alias Wonder Woman herself. Tout de suite, ça titille. Un chouïa. Pas davantage. Faut pas déconner !

Féministe, seriously ?

Pour couper court au buzz qui anime la toile en ce moment, affirmons-le une bonne fois pour toutes : non, ce n’est pas un film féministe comme le prétendent certains critiques professionnels du septième art. Le fait qu’une héroïne bad ass soit filmée par une réalisatrice, Patty Jenkins en l’occurrence, n’a strictement rien à voir avec ce mouvement social. Qu’on se comprenne, le métrage ne véhicule aucun message politique ou militant sur la place des femmes en ce bas monde. Loin s’en faut ! On peut tout au plus se réjouir de voir l’industrie cinématographique californienne se soucier davantage de la représentation, qu’elle soit genrée ou raciale d’ailleurs, mais soyons de bon compte, « Wonder Woman » n’a rien de féministe.

Le DC Universe décolle… enfin ! Même si…

Enfin ! Oui, car après un « Man of Steel » mitigé et une double ration de navets dans l’assiette - les infâmes Batman V Superman : Dawn of Justice et Suicide Squad pour ne pas les nommer -, le cinéphile commençait sérieusement à douter de la viabilité du DC Extended Universe (DCU). Rassurez-vous, ce « Wonder Woman » n’est pas l’indicible daube redoutée. Enfin… si on enlève la dernière demi-heure foutraque, s’entend bien. En effet, si le métrage se regarde gentiment, il n’évite pas les lourdeurs scénaristiques ainsi que les mauvaises habitudes empruntées dans les productions précédentes du DCU. A l’image de ce climax indigeste qui ressuscite une pâle copie de Sauron du « Lord of The Rings » dans une bataille barnumesque qui ne fait pas l’économie de la surenchère. On rigole au début, on se lasse au milieu, on s’énerve enfin.

2h20 : 20 minutes de trop

La réalisatrice de « Monster » loupe complètement son final alors qu’elle avait en sa possession toute la matière pour conclure son histoire de façon bien plus subtile. Plutôt que la grandiloquence, la cinéaste aurait pu jouer la carte de la finesse en sous-entendant qu’il y a un peu d’Arès en chacun de nous. Mais non, cette dernière, sans doute stimulée par les exhortations de ce lourdaud de Zack Snyder, également scénariste, préfère la monstration et personnifier le dieu de la Guerre. C’est d’autant plus dommage que la confrontation entre les deux entités divines allonge la durée d’une pellicule déjà pas mal ampoulée par son introduction kilométrique. En coupant la « deuxième fin » et pas mal de scènes du prologue, le film aurait non seulement gagné en rythme mais aussi en intérêt.

Initials G.G. v Initials W.W.

Pour l’instant, le DCU caste plutôt bien ses figures héroïques. Henry Cavill en homme d’acier, on y croit. Ben Affleck en chauve-souris, ça fonctionne aussi - alors que toute la toile ou presque avait craché sur lui dès l’annonce de son implication. Et aujourd’hui, la charmante et fougueuse Gal Gadot apparaît comme une évidence dans le bustier de Wonder Woman. Crédible, elle emporte d’emblée l’adhésion en incarnant à merveille ce mélange de force tranquille, de crédulité et d’innocence qui forment la psychologie du protagoniste. Grâce à l’Israélienne, l’Amazone n’est (presque) jamais ridicule à l’écran. Il convient également de saluer au passage le travail opéré par la chef costumière Lindy Hemming, laquelle évite à notre héroïne d’arborer un slip bleu étoilé criard façon « stars and stripes » en lui confectionnant une armure de guerrière. Une idée judicieuse au regard d’un récit où la baston tient une place de choix.

C’est bath ! Ou pas…

« Faites l’amour, pas la guerre », clame pourtant en substance la jolie Diana tout au long du métrage, dont la structure narrative (la mythologie rencontre la Grande Guerre) s’avère on ne peut plus convenue. Heureusement pour le spectateur, cette dernière jouera davantage des poings plutôt que le roulage de pelle. D’ailleurs, les scènes d’action dépotent au rythme du thème confectionné par Junkie XL avec l’un ou l’autre ralenti léché comme il faut. Cela émis, il convient d’émettre quelques réserves sur les effets spéciaux : certains CGI impressionnent tandis que d’autres sont tout bonnement hideux, à l’image des personnages animés numériquement. Résultat : il faut déjà s’appliquer pour rester concentré et faire fi des énormités et autres extravagances du récit mais là, on sort inévitablement du jeu vidéo… heuuu du film. Oups ! Lapsus ?

Conclusion : pop-corn et circenses

On ne va pas se mentir, on est bien loin d’une révolution rafraîchissante qui ébranlerait le monde hypertestostéroné des blockbusters. Ici, on a affaire à un pur produit sous stéroïdes calibré pour plaire à la masse avec tout juste ce qu’il faut d’humour et d’action pour divertir le tout-regardant pas très… regardant. « Panem et circenses » en fin de compte. Quant au fond, avec un scénario rachitique, c’est un peu (comprendre « beaucoup » en fait…) maigre. Pop-corn movie par excellence, « Wonder Woman » est pétri de défauts mais, contrairement à « Batman V Superman » et « Suicide Squad », il possède suffisamment de qualités (le casting notamment : G.G. mais aussi Chris Pine, Robin Wright, Connie Nielsen, David Thewlis, Saïd Taghmaoui, Ewen Bremner…) pour en un faire un divertissement fréquentable.

Note : ★★

Critique : Professeur Grant

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