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jeudi 22 novembre 2018

Climax




Naître et mourir sont des expériences extraordinaires. Vivre est un plaisir fugitif.

Noé & Narcisse

Et la bonne blague du moment est signée Gaspar Noé avec son « Climax » de pacotille, exercice de style sous LSD aussi habile dans sa réalisation que crétin dans son récit. On le remarque très clairement, ce qui intéresse le cinéaste, c’est la mise en scène. Il s’éclate dans les jeux et placements de caméra, souvent redondants d’ailleurs, dans les plans-séquences interminables, dans les chorégraphies maousses, dans la violence graphique et verbale, dans les gimmicks tape-à-l’œil… Ok. C’est vrai, ça en met plein les mirettes. Le bonhomme sait tenir une caméra - qu’il considère d’ailleurs comme un organisme vivant - mais se regarde filmer tel Narcisse tombant amoureux de son reflet dans l’eau. Cependant, dans le fond, qu’avons-nous pour nous sustenter ? Rien. C’est vide. C’est vulgaire. C’est gratuit. C’est dérisoire. Et surtout très prétentieux. A tel point qu’on ne peut s’empêcher de laisser s’échapper un sourire narquois par moments tant le ridicule s’invite subrepticement dans certaines séquences. Il vous sera difficile de ne pas être d’humeur goguenarde durant la projection (les dialogues consternants). Rien que le synopsis vous prévient déjà du niveau intellectuel de l’œuvre en question : « Naître et mourir sont des expériences extraordinaires. Vivre est un plaisir fugitif ». Super ! Et le caca, ça pue. Génial, on va aller loin. Nauséabond. Lamentable.

Very Bad Trip

Choquer pour le plaisir de choquer, ça n’a jamais abouti à quelque chose de transcendant à l’écran. Et c’est dommage car le point de départ était plutôt prometteur : la descente aux enfers d’une troupe de danseurs décérébrés suite à la consommation d’une drogue hallucinatoire. Voilà le spectateur plongé dans un fameux bad trip. Au moyen d’une réalisation immersive, viscérale et hypnotique, Gaspar Noé semble vouloir transcrire sur la toile ses propres expériences de consommation illicite. Ce qui aurait pu fonctionner dans un court-métrage, ne marche pas ici sur une durée d’une heure trente-cinq. C’est longuet, lourd, répétitif et finalement futile voire carrément inintéressant. Car si le réalisateur italo-argentin est un artiste de l’image, il est un très mauvais scénariste. Un esthète sans propos. Un formaliste virtuose aux efforts stériles. Peut-être que le quinquagénaire a des choses à dire mais il ne parvient pas à les traduire à l’écran. Du coup, son entreprise, d’une vacuité consternante, tourne à vide. Alors, oui, on peut s’extasier devant le savoir-faire et la maestria de la mise en scène. Mais lorsque celle-ci ne sert aucun fond, on trouve le temps long… mais long ! Noé nous avait déjà fait le coup avec un bien plus captivant et expérimental « Enter The Void ».

A vous de voir… ou pas !

Note : 
Critique : Professeur Grant

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