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mercredi 10 avril 2019

Tanguy, Le Retour



16 ans plus tard, Tanguy, qui a maintenant 44 ans, revient chez ses parents avec sa fille Zhu sous le bras car Meï Lin l’a quitté. Catastrophés de voir leur "tout-petit" dans cet état, Paul et Édith font tout pour lui redonner goût à la vie, sans réaliser que ce faisant, ils tressent la corde pour se pendre. Car Tanguy recommence à se sentir bien chez ses parents…





Tanguy, le retour du fils prodigue

Après « Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu » et avant le retour de la bande des « Petits mouchoirs », voilà que débarque une autre suite d’une comédie populaire qui a cartonné : « Tanguy ». Dix-huit ans après le premier film, Etienne Chatiliez fait revenir celui qui a finalement donné son nom à une expression entrée dans le langage courant pour désigner ces « adulescents » ayant du mal à quitter le cocon familial. Aujourd’hui, le jeune homme de 28 ans est devenu un quadragénaire en crise. Comme vous vous en doutez, ce dernier revient chez ses géniteurs. Il est effondré depuis que sa femme Meï Lin l’a quitté. Catastrophés de voir leur « tout-petit » dans cet état, ses parents font tout pour lui redonner goût à la vie, sans réaliser que ce faisant, ils tressent la corde pour se pendre. Car Tanguy recommence à se sentir bien chez papa et maman…

Fausse bonne idée

Si l’original était enjoué et parsemé de fulgurances drolatiques à mourir de rire, ce second opus particulièrement poussif ne parvient pas à faire mentir ceux qui admettent que le deux est toujours moins bon que le un. Pourtant, tout le monde rempile. Que ce soit au niveau du casting (André Dussollier cabotine, Sabine Azéma surjoue, Eric Berger est génialement horripilant) ou sur le plan du scénario (la paire Etienne Chatiliez/Laurent Chouchan semble moins inspirée). A l’image des « Bronzés 3 » ou des « Visiteurs : La Révolution », ce « Tanguy, le retour » relève en réalité de la fausse bonne idée. Car on sent bien que les scénaristes n’ont pas grand-chose à dire. Et cela se sent d’entrée de jeu. Soporifique au possible, la première heure de film peine à installer un rythme. Les blagues et les saillies tombent à plat tandis que la trame se vautre dans une succession de rebondissements peu inspirés. Laborieux !

Zygomatiques frustrés

Il faut attendre les deux-tiers du film pour que la mécanique embraye, au moment où les parents commencent à ourdir des plans machiavéliques pour faire quitter l’oiseau parasite du nid. Toutefois, le sentiment de resucée ne nous quitte jamais durant le visionnage. Mais où est donc passée la férocité du Chatiliez des années 90 (Tatie Danielle) ? Où sont passés les dialogues ciselés ? (Le bonheur est dans le pré) ? Où est passée la verve des débuts (La vie est un long fleuve tranquille) ? S’il y a bien un trait d’esprit qui fait mouche çà et là, l’ensemble éprouve toutes les peines du monde à nous décrocher ne serait-ce qu’un petit sourire au coin de la bouche. Nos zygomatiques frustrés, on commence à trouver le temps long. La mise en scène apathique achève les spectateurs les plus récalcitrants, lesquels ne parviennent plus à résister aux bras de Morphée.

ZZzzzZzz…

L’ennui s’installe, l’effet narcotique agit et laisse finalement place à une sieste impromptue. Huit euros la séance pour dormir inconfortablement, avachi dans un siège de cinéma avec aucune place pour étendre ses gambettes, ça fait cher le petit somme ! Nous qui étions venus chercher un moment de détente… Vous l’aurez compris, la paresse scénaristique et la mollesse ambiante empêchent l’adhésion totale du spectateur. En substance, « Tanguy, le retour » se révèle être une comédie pantouflarde, lisse, facile. Un film beauf, sans intérêt et convenu qui donne l’amère impression que le metteur en scène a raclé les fonds de tiroir pour revenir dans les salles obscures. Sa satire sociale ne mord plus et exploite trop timidement son sujet de société : le retour chez les parents après un divorce. Désolant. Ne perdez pas votre temps à des vétilles.

Note : 

Critique : Professeur Grant

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