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dimanche 29 novembre 2020

True History of the Kelly Gang


 
 
Australie, 19e siècle. Depuis sa plus tendre enfance, Ned Kelly (George MacKay) est l'apprenti du célèbre bandit Harry Power (Russell Crowe). Et lorsque sa mère se fait arrêter, les attaques de diligences ne suffisent plus à Ned. Il réunit alors un groupe de rebelles dans le but de fomenter une insurrection contre l'oppresseur britannique. Une lutte entre les renégats et le pouvoir semble inévitable…
Dans "True History of the Kelly Gang", le réalisateur Justin Kurzel met en scène le célèbre roman éponyme de Peter Carey ; une histoire passionnante sur l'ascension et la chute d'un escroc australien légendaire. 


I. Ned Kelly, made in Australia

« Ned Kelly ». Un nom. Une légende. Une icône. Cette grande figure du folklore populaire australien, n’en finit plus d’attirer l’attention des cinéastes. Après Mick Jagger et Heath Ledger dans les films homonymes sortis en 1970 et 2003, c’est autour du convaincant George MacKay, le soldat héroïque du « 1917 » de Sam Mendes, d’enfiler l’armure métallique du célèbre rebelle qui sévit au 19e siècle. Dans « True History of the Kelly Gang », le réalisateur Justin Kurzel, qui s’est récemment fourvoyé dans l’adaptation cinématographique du jeu vidéo « Assassin’s Creed », met en scène le roman de Peter Carey.

II. Profession : bushranger

Une histoire passionnante sur l’ascension et la chute d’un gangster australien mythique. Ned Kelly (la révélation Orlando Schwerdt) sort de l’enfance en devenant l’apprenti du célèbre bandit Harry Power (Russell Crowe, délicieux dans la roublardise). Ce dernier lui apprend les ficelles du « métier » de bushranger, entendez hors-la-loi. Au sortir de l’adolescence, lorsque sa mère se fait arrêter, les attaques de diligences ne suffisent plus à Ned. Il réunit alors un groupe d’insubordonnés dans le but de fomenter une insurrection contre l’oppresseur britannique. La lutte entre les renégats et le pouvoir semble inévitable.

III. Punk & Queer

Aux manettes donc, Justin Kurzel, un artiste reconnu pour ses talents conjugués de conteur et de plasticien, en témoigne la grandiloquence et le maniérisme de sa version de la tragédie shakespearienne « Macbeth » ou encore la mise en scène intense et âpre de son premier film sur « Les Crimes de Snowtown ». On pouvait donc compter sur lui pour apporter une touche toute singulière à cette relecture du mythe Ned Kelly. Cinéaste esthète, formaliste, minutieux, ce dernier propose une adaptation rock, violente et moderne emplie d’idées esthétiques (tendance punk et queer) et narratives (l’importance d’écrire sa propre histoire).

IV. Boy – Man – Monitor

Découpée en trois actes (boy, man, monitor), cette véritable histoire du Kelly Gang n’en est pas une, comme l’indique d’emblée le carton inaugural : nothing you are about to see is [true] history of the Kelly Gang. Jouissant d’une liberté artistique totale des plus créatives, le réalisateur se lance dans des fulgurances de mise en scène et des partis pris qui dépassent le cadre du drame historique stricto sensu (anachronismes). Ce qui l’intéresse, ce n’est pas tant l’authenticité du récit, mais bien la pétulance qui le traverse en filigrane. Et ce dernier de la transcrire de fort belle manière à l’écran avec des scènes électrisantes d’une énergie folle.

V. A stroboscopic bad trip !

A l’image du dernier tiers qui quitte la progression linéaire pour naviguer en eaux troubles, au risque de perdre quelques spectateurs moins aguerris au passage. Ce troisième acte épique et radical s’engage alors dans un cauchemar expérimental accompagné d’une composition musicale ad hoc du frangin Jed Kurzel et d’une photographie post-apocalyptique shootée par Ari Wegner. Le western crépusculaire et désenchanté du début se mue alors en bad trip stroboscopique et hallucinogène. Et Justin Kurzel de proposer in fine un geste cinématographique sans concession qui finit d’en faire une œuvre coup de poing originale et inattendue. Fort, puissant, sauvage… « such as life » !

 
 
Professeur Grant

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