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samedi 23 juillet 2022

Everything Everywhere All at Once

 


Evelyn (Michelle Yeoh) et son mari Waymond (Ke Huy Quan) ont une blanchisserie sur le déclin, une fille rebelle et une facture d'impôts qui semble interminable. Et c'est précisément au moment où tout devient trop difficile que l'univers se déchire en une multitude d'univers distincts. Evelyn n'est alors plus seulement propriétaire d'une laverie automatique, mais aussi star de cinéma internationale, maître de kung-fu, cheffe cuisinière ou peut-être l'héroïne dont tout le monde avait besoin depuis le début. 


 

 

Fort d’un scénario original et sophistiqué ainsi que d’un relativement petit budget (vingt-cinq millions de $, soit une broutille) « Everything Everywhere All at Once » de Dan Kwan et Daniel Scheinert (le tandem derrière « Swiss Army Man ») s’avère être un bijou de derrière les fagots qui relègue les dernières sorties SF (« The Matrix Resurrections » en tête, suivi de près par les derniers films du Marvel Cinematic Universe) au rang de films insipides.

Dramédie absurde mais ô combien visionnaire, « Everything Everywhere All at Once » vous fera pleurer, rire et réfléchir.

Les riches performances mêlées aux brillantes idées font de ce film indé l’une des réalisations les plus créatives de ces dernières années. On dénombre seulement cinq cents effets spéciaux (ce qui est peu dans le domaine) et une multitude d’effets pratiques. Les chorégraphies sont quant à elles très soignées grâce à la présence du trop rare Ke Huy Quan (Demi-Lune dans « Indiana Jones ») qui excelle ici dans le rôle du mari bienveillant et pacifiste sur les bords. Michelle Yeoh (« Crouching Tiger, Hidden Dragon ») tiendrait-elle avec Evelyn Wang le rôle de sa carrière ? On espère que son incroyable prestation lui permettra de mettre la main sur un Oscar. Stephanie Hsu s’en sort admirablement bien dans le rôle franchement complexe de la fille d’Evelyn.

Jamie Lee Curtis - qu’on ne présente désormais plus - se retrouve dans un rôle complètement hallucinant (qui a dit frappadingue ?). On préfère ne pas trop en dire. À noter la présence du compositeur Randy Newman qui prête sa voix à un raton laveur qui n’est pas sans rappeler le rat de Ratatouille !!!

Bien que le nihilisme et l’existentialisme se retrouvent en toile de fond, ce sont véritablement les relations (sociales et familiales) qui sont au cœur de ce récit. La relation d’un couple au bord de la séparation et l’amour d’une mère pour sa fille sont entremêlés dans les différents univers.

Une pluie de références sont présentes. On pense bien sûr à « 2001: A Space Oddyssey » pour la scène avec les primates, « In the Mood for Love » pour les plans rapprochés du couple ou encore « Paprika » lors de l’avant-première au cinéma.

Autre bon point : le titre du film n’est pas racoleur (« Tout, partout, en même temps » en VF). En le regardant, on ne sait plus trop où donner de la tête tant la mise en scène créative donne droit à des plans fourmillant de détails. Bien que les deux cinéastes ne s'encombrent d'aucune explication superfétatoire, le final est plutôt évident. En outre, les sauts d’un univers à un autre sont brillants et rendent hommage au cinéma de Buster Keaton. Les « Daniels » connaissent leurs classiques ! Savamment chaotique, « Everything Everywhere All at Once » vous poussera vers une surcharge sensorielle étrangement plaisante !

Note :

Critique : Goupil

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