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mercredi 8 août 2012

Total Recall




Cher Monsieur Wiseman, puis-je vous appeler Len ? Ou Lenny peut être ? Enfin je ne vous qualifierai pas d’homme sage après avoir vu votre …film.
Si j’ai aimé ? Disons que c’est justement tout le contraire ! Mais comme j’ai un peu de temps, je vais vous expliquer pourquoi. Avec un peu de chance, je pourrais peut-être éviter à certaines personnes de dilapider huit euros et de gagner un sentiment particulièrement ancré de révolte en échange.
Monsieur Wiseman, je suis en colère. Tout d’abord, le fait qu’Hollywood soit en perte d’idées créatives, je le sais. Et je ne peux d’ailleurs vous blâmer ! Il faut bien exercer sa profession. Alors voici ma première question : Pourquoi faire des remakes ou des reboot n’apportant aucune valeur ajoutée à l’œuvre originale ou au roman alors que le public ; que dis-je, le Monde entier prend plaisir à voir et revoir ces films ? Pourquoi faites-vous cela ? Pourquoi payer pour un Amazing spiderman qui, bien que sympathique, n’apporte rien de plus au film de Sam Raimi ? Je vous l’accorde, cet exemple est moins grave que celui de Georges Lucas. Celui-ci, en toute conscience, décide de massacrer son œuvre à force d’effets spéciaux aussi inutiles que laids. Mais bon, puisqu’il en est le créateur…Ah l’obsession de son œuvre ! Nous y voilà ! Peut-on modifier une œuvre que l’humanité aime profondément ? Croyez-vous que Léonard de Vinci aurait pu modifier sa toile après exposition de celle-ci et l’émerveillement du public ? J’en doute ! Alors oui, Georges se permet de le faire mais pourquoi toucher aux œuvres qu’on aime telles qu’elles sont ?
 Pardonnez-moi car je m’égare. Vous avez raisons, revenons à Total Recall !
Cependant, si je peux me permettre une dernière digression, je pense que vous aurez très bientôt des problèmes avec Isa Dick Hackett, la fille du romancier qui gère les droits d'adaptation des œuvres de son père. Si je crois ? Mais enfin, mais c’est bien sûr ! 
Au moment même où la sonde Curiosity vient de se poser sur Mars, sort le film Total Recall. Ici, contrairement à la version de Paul Verhoeven qui lui avait accordé une place centrale, on ne cite la planète rouge qu’une fois. Dommage. Non, Lenny, Mars n’est pas qu’une pensée fugace de l’auteur, mais un symbole, une allégorie présente dans quelques-unes de ses nouvelles.
Au niveau des mégapoles, véritables Cités-Etats présentes dans le film, l’architecture est strictement verticale. Lenny, vous aimez jouer aux Lego ? Car l’univers ressemble furieusement à ceux de Minority Report + Blade Runner + Deus Ex. Enfin Lenny! Vous n’aurez pas la palme de l’originalité !
Il en va de même pour l’histoire. Le générique nous donne la trame en moins de temps qu’il ne faut pour dire « navet » (au hasard).
Globalement, la terre est hostile car en partie empoisonnée par la ou les attaque(s) nucléaire(s). Du côté gauche, nous avons l’union fédérale britannique, à ma droite « la colonie », qui correspond à l’Australie. Au sein de celle-ci, nous ne voyons que des asiatiques. Etrange, où sont les autres ?
Le film n’est pas plaisant. Et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, son traitement est trop premier degré. On aimerait rire face aux invraisemblances, face au jeu d’acteur de Colin qui joue le bonheur et la tristesse de la même façon ou pleurer de rire lorsque l’on voit Kate beckinsale. Cette dernière n’a jamais aussi mal joué. On pourrait même se demander si ce n’était pas prémédité pour saboter un projet foireux auquel elle ne croyait déjà plus. Son personnage est un croisement entre le T1000 (Robert Patrick dans ‘Terminator 2’), et une Furie issue de la mythologie grecque! Curieux mélange. Elle passe tout le film à traquer sans relâche son « mari ».
En regardant les images défiler sous nos yeux, nous avons bien sûr l’impression de se faire méchamment entuber (pardonnez ma franchise), mais aussi de revoir un remake de la Guerre des Roses ou de Mr. et Mme Smith à la place de Total Recall ! Effrayant ! 
Oui Lenny, votre film est un véritable Karcher émotif sans profondeur, trop sérieux et sans intelligence. Lenny, ce film ne sera jamais un chef-d’œuvre respectable, alors pourquoi enlever tout humour, tout second degré ? Cela permettrait au moins de ne pas avoir envie de pleurer. Alors oui, c’est propre. Les effets spéciaux remplissent le contrat et les scènes d’action s’enchainent, mais au prix de la dépossession de l’âme de l’œuvre (ou de la version de Verhoeven). Mais je vous entends Lenny, vous avez essayé de proposer un blockbuster estival. Mais c’est tellement creux !
Vous voulez encore des exemples ? Pas de problème, votre film en regorge.
L’apparition de la fille aux triples-seins est trop forcée Lenny ! C’est du plagiat qui ne sera pas récompensé ça Lenny ! Même pas par le sourire forcé d’un spectateur qui vient d’apprendre qu’il a gagné au lotto !
Quant à la clinique select et très « pros » du Recall des 90’s ; elle est ici remplacée par un bui-bui clandestin où on pense trouver de l’héroïne et des filles de joie. Enfin Lenny !
Je ne verrai plus votre film, n’insistez pas ! Mais non Lenny, votre film n’est pas bon, arrêtez !
Après cette rencontre aussi improbable qu’imaginaire, je pense à une réplique d’Arnold Schwarzenegger aussi culte que pertinente.
« ...pourquoi est-ce que je perds mon temps à discuter avec un branquignol dans ton genre, alors que je pourrais faire des choses beaucoup plus risquées... comme ranger mes chaussettes par exemple... » Jack Slater.

Note : 
Critique : Stanley

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Haro sur le nouveau Total Recall, une fiction totalement impersonnelle. En somme, c’est ce qu’on retient de cette version 2012 de l’œuvre de science-fiction culte (et kitsch) de Paul Verhoeven avec Arnold Schwarzenegger lancée au début des nineties. Ce remake qui n’en est pas un atteint de justesse le niveau du pop-corn movie. Un comble pour un film tiré du matériau de Philip K. Dick (Blade Runner, Minority Report, The Adjustment Bureau). Len Wiseman (Underworld) a compensé le manque de matière de son scénario par une myriade de scènes d’action pensant peut-être qu’on y verrait que du feu. Il avait raison. Si on ne peut passer à côté des effets pyrotechniques, on n’oubliera pas de mentionner qu’on ne voit rien d’autres dans le métrage. Ce n’est donc pas le récit qui fait avancer le film mais bien les nombreuses scènes de course-poursuite. Le tout avec des flingues et des recharges illimitées bien évidemment.
Si l’interprétation des acteurs est plus
 que médiocre (Kate Beckinsale en total freestyle nage dans le surjeu risible), que dire des dialogues? Grotesques! On en vient à se demander si le film ne serait pas meilleur en muet. Tout sonne faux, creux, vide de toute substance hormis l’action (95% du métrage). Nos yeux se laissent guider par le déluge de scènes spectaculaires, notre cerveau, lui, s’endort après le premier quart d’heure. Verhoeven avait au moins le mérite d’installer une atmosphère singulière dans son œuvre de 1990, un supplément d’âme où l’étrange se combinait à la science-fiction.
On se demande encore pourquoi les producteurs se sont obstinés à refaire un Total Recall. Les motivations n’étaient clairement pas artistiques. Le fric, c’est pas chic! Heureusement, la généreuse «femme aux trois boobs» qui a, semble-t-il, nichons ni froid, est présente, tétons à l’air s’il vous plait (ouf!). L’honneur est-il sauf pour autant? Clairement non! Un trio mammaire, si beau soit-il, est un peu léger pour sauver un long-métrage de deux heures.
C’est donc une nouvelle déconvenue pour Len Wiseman après le ratage Die Hard 4. Grosso modo, Total Recall est un concentré de toutes les dérives actuelles du système hollywoodien: cruel manque d’imagination (remake), film sans âme (impersonnel), aspect fast-food (copier-coller de ce qui a déjà été fait en sf), action non-stop pour combler le manque scénaristique (scénario… késako?) etc. En clair, à éviter à tout prix!

Note : 
Critique : Le Professeur Grant

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