mercredi 31 octobre 2012

Un Plan Parfait


Pour contourner la malédiction qui anéantit tous les premiers mariages de sa famille, Isabelle a une stratégie pour épouser l'homme qu'elle aime : trouver un pigeon, le séduire, l’épouser et divorcer.

Un plan parfait si la cible n’était l'infernal Jean-Yves Berthier, rédacteur pour un guide touristique, qu'elle va suivre du Kilimandjaro à Moscou.

Un périple nuptial pour le meilleur et surtout pour le pire.





«Un plan parfait» est un film TRES imparfait. «Très» peut d’ailleurs convenir plusieurs fois dans la critique de ce long métrage. On l’associera toutefois avec son copain «mal» ce qui donne: très mal écrit, très mal joué, très mal réalisé, très mal composé, très… très… très… Bref, trop! Le réalisateur Pascal Chaumeil (déjà à l'origine du très moyen L’arnacœur) s’en mêle dans la guimauve et démontr
e par a + b qu’un très beau couple de cinéma sur papier ne donne pas automatiquement un… très bon film. Personne n’y croit à cette romance farfelue où même l’idée de départ ne pèse pas lourd dans un scénario, au final, très mal ficelé. Pour faire simple: Kruger veut épouser Boon dans le but de divorcer avec lui afin de mettre un terme à la malédiction du premier mariage foireux planant sur sa famille depuis plusieurs générations (!).
Ce que le récit gagne en dépaysement très cliché Kodak (la Russie, sa vodka et ses danses typiques, le Kenya, son «Roi Lion» et ses tribus primitives), il le perd en cohérence et en crédibilité. Le spectateur a droit à une enfilade de scènes maladroites (le lion, la danse russe, le final etc.) qui met plus mal à l’aise qu’autre chose. Si l’une ou l’autre situation prête à sourire, il faut bien reconnaitre que le tout nage dans un ridicule insoutenable. Le plus horripilant; ce n’est non pas Diane Kruger qui en fait des caisses dans un genre qui ne lui sied pas (la romcom), c’est plutôt la musique sirupeuse qui baigne constamment dans l’emphase. Le compositeur Klaus Badelt nous avait habitué à bien mieux dans la comédie française (Le Petit Nicolas par exemple). Un plantage qui fait tache dans sa carrière.
Bien sûr, vous serez tenté de voir ce film car Dany Boon vous fait penser aux Ch’tis que vous avez adoré (parce qu’il est de bon ton de dire qu’on aime les Ch’tis), parce que le battage médiatique qui suivra (le film sort le 31 octobre, ça va venir) va vous promettre une comédie romantique gentille et drôle labellisée «comme tout le monde les aime», car le film vous vendra du rêve et vous fera sortir de votre petite misère quotidienne rythmée métro-boulot-dodo avec ces espaces kenyans et sa culture russe, parce que blablabla. Balivernes! Ce n’est que du vent, du bidon, du n’importe quoi que TF1 servira comme plat principal le dimanche soir pour «vendre des cerveaux disponibles» à Coca-Cola. Alors, pour faire simple, économisez 9 euros, et dites-vous que le plan parfait, c’est d’ignorer cette daube.

Note:
Critique: Professeur Grant

2 commentaires:

  1. Je ne me prononcerai pas sur "un plan parfait", mais dire que L'Arnacœur était "très moyen", alors là, ça non. Romain Duris était royal dans L'Arnacœur, Julie Ferrier était impériale et François Damiens, bien que comme d'habitude dans un rôle avec un accent bien belge, était tout à fait juste et pas dans le sur-jeu (bon, bien sûr, c'est mon avis et ça me regarde, mais je ne peux du coup pas laisser dire que c'était un film "très moyen").

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  2. N'oublie pas de signer, très chère ;)
    Ps: Je suis d'accord, L'Arnacœur, dans son genre, est loin d'être très moyen.

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