mercredi 17 octobre 2012

Astérix et Obélix: Au service de sa majesté

50 avant Jésus Christ. César a soif de conquêtes. A la tête de ses glorieuses légions il décide d'envahir cette île située aux limites du monde connu, ce pays mystérieux appelé Brittania, la Bretagne. La victoire est rapide et totale. Enfin... presque. Un petit village breton parvient à lui résister, mais ses forces faiblissent. Cordelia, la reine des Bretons, décide donc d'envoyer son plus fidèle officier, Jolitorax, chercher de l'aide en Gaule, auprès d'un autre petit village, connu pour son opiniâtre résistance aux Romains... Dans le village gaulois en question, Astérix et Obélix sont déjà bien occupés. Le chef leur a en effet confié son neveu Goudurix, une jeune tête à claques fraîchement débarquée de Lutèce, dont ils sont censés faire un homme. Et c'est loin d'être gagné. Quand Jolitorax arrive pour demander de l'aide, on décide de lui confier un tonneau de potion magique, et de le faire escorter par Astérix et Obélix, mais aussi Goudurix, car ce voyage semble une excellente occasion pour parfaire son éducation. Malheureusement, rien ne va se passer comme prévu...



Après Astérix et Obélix Mission Cléopâtre, on a eu droit aux Jeux Olympiques, qui n’a franchement pas marqué les esprits (au moins parce qu’il était “pas super”). Pour le quatrième volet de la série, on ne savait pas à quoi s’attendre. Serait-ce aussi mauvais que les Jeux Olympiques ou est-ce que ça s’approcherait tout de même du niveau de l’excellent Mission Cléopâtre ?
Jules César (Fabrice Lucchini), toujours à la recherche de nouveaux territoires pour Rome, décide de conquérir la Bretagne. Or, les Bretons, malgré leur flegme légendaire, n’ont pas de quoi résister encore et toujours à l’envahisseur. Jolitorax (Guillaume Galienne, jusqu’ici à peu près inconnu mais qui fait une très bonne impression) informe donc la Reine Cordélia (Catherine Deneuve) qu’il connaît les célèbres Gaulois qui se nourrissent de potion magique. La suite, on la connaît parce qu’on a lu Astérix chez les Bretons. Les Normands (au départ, d’un autre album) viennent aussi s’en mêler parce que César l’a voulu, ce qui donne un Dany Boon sauvage à qui Valérie Lemercier enseigne les bonnes manières.
Les clichés des Français envers les Anglais (et vice-versa) vont bon train, les gags se succèdent, et on note même l’apparition inattendue des frères Taloche (qui, heureusement, ne sont pas tombés dans le sur-jeu comique).
Edouard Baer-Astérix fait un petit clin d’œil à son rôle de scribe dans Mission Cléopâtre, Gérard Depardieu est à nouveau juste en Obélix, et notons le prometteur Vincent Lacoste en Goudurix, ado attardé-appeuré-futur barde/star du rock (on l’a déjà vu notamment dans Les beaux gosses).
En somme, on savait que ce ne serait pas aussi bon que le meilleur de la série, mais on n’a pas été déçue !

Note : ★★★
Critique : Choupette

Autre critique, autre point de vue :

Après la débâcle créative du dernier Astérix (aux Jeux Olympiques) plus «bling bling» qu’autre chose avec son casting aussi incohérent que complètement débile, il fallait bien revenir aux origines, aux fondamentaux de l’œuvre de Goscinny et Uderzo, pour remettre la machine sur les rails. En cela, Laurent Tirard à qui l’on doit la très bonne adaptation du Petit Nicolas, a réussi à retrouver l’espri
t original de la bédé, le sel qui a fait son succès, tout en actualisant le propos avec des résonnances socio-politiques.

Autre point positif, la distribution. Même si Edouard Baer fait du Edouard Baer, il propose une nouvelle approche du héros qui permet d’en faire un personnage aussi intéressant que les autres. Et ce n’était pas gagné! Souvenez-vous des efforts (vains) de Clovis Cornillac. Si la ressemblance n’y est pas du tout (forme du visage, taille etc.), l’esprit et l’irrésistible envie d’incarner le protagoniste y sont. A ses côtés, le bon-vivant Gérard Depardieu (Obélix), le nonchalant Vincent Lacoste (Goudurix), l’inénarrable Fabrice Luchini (César) et le «so british» Guillaume Gallienne (Jolitorax), forment des partenaires de jeu de premier choix. Notons également la présence de Valérie Lemercier, Catherine Deneuve, Bouli Lanners, Dany Boon et, ô surprise!, les frères Taloche dans des rôles certes secondaires mais non dénués d’intérêts.

Mais qu’il est dommage de voir le peu d’ambitions mis dans cette production. Que ce soit au niveau formel ou scénaristique. Qu’il est triste de voir autant de talents débiter des dialogues faciles et jouer dans des situations plutôt convenues. Navrant. Pas de grain de folie, pas d’inventivité, pas d’inspiration et surtout pas d’aspiration à réaliser un grand rendez-vous cinématographique comme l’a été jadis la Mission Cléopâtre d’Alain Chabat. Où est donc passée la fantaisie? C’est beaucoup trop sage voire paresseux pour marquer l’esprit du spectateur. Pour le dire très clairement, on ne rigole que trop rarement. Vos zygomatiques n’ont rien à craindre, ici, vous n’esquisserez qu’un modeste sourire lors de l’une ou l’autre scène à peine inspirée. Même les enfants seront déçus. Finalement, que ce soit dans la mise en scène, dans l’humour ou dans l’esprit, on se dit que la formule de l’ex-Nul reste la meilleure.

Note ★★
Critique : Professeur Grant

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