mercredi 16 octobre 2013

The Young and Prodigious T.S. Spivet



T.S. Spivet, vit dans un ranch isolé du Montana avec ses parents, sa soeur Gracie et son frère Layton. Petit garçon surdoué et passionné de science, il a inventé la machine à mouvement perpétuel, ce qui lui vaut de recevoir le très prestigieux prix Baird du Musée Smithsonian de Washington. Sans rien dire à sa famille, il part, seul, chercher sa récompense et traverse les Etats-Unis sur un train de marchandises. Mais personne là-bas n’imagine que l’heureux lauréat n’a que dix ans et qu'il porte un bien lourd secret…





Le «beau Jeunet» nouveau est arrivé. Et comme son nom l’indique, il est joli-joli. Enrobé d'une plastique irréprochable, le film est une vraie réussite esthétique. Après quatre ans d’absence, le papa d’Amélie Poulain revient plus en forme que jamais. Oublié le décevant «Micmacs à tire-larigot», et donnez une chance à cet «Extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet».

T.S. Spivet, c’est l’histoire un peu folle d’un petit garçon surdoué et passionné de science qui traverse les Etats-Unis sur un train de marchandises pour récupérer un prix qui met à l’honneur sa trouvaille révolutionnaire: la machine à mouvement perpétuel. Il va devoir affronter ses démons intérieurs afin de récupérer le très prestigieux prix Baird du Musée Smithsonian de Washington… Avec ce récit picaresque, Jean-Pierre Jeunet nous plonge dans un voyage exaltant empreint d’une douce mélancolie. Comme l'a très justement écrit Frédéric Strauss du Télérama, ici, «la tristesse y affleure, la fantaisie s’y invite».

Dès le prologue, le spectateur baigne dans un réalisme magique qui ne laissera personne indifférent. Le réalisateur français filme les grands espaces états-uniens (canadiens en réalité) avec un extraordinaire doigté. Sa vision fantasmatique de l’Amérique profonde donne une esthétique léchée embellie par sa sollicitation virtuose de la stéréoscopie. Ces plans sont d’une beauté renversante. Un magnifique travail a été accompli notamment sur les couleurs. Enfin, le metteur en scène n'a pas son pareil pour peindre un univers onirique et enfantin.

Tour à tour amusant, passionnant et émouvant, le métrage se déroule à la vitesse d'un train qui traverse les Etats-Unis, en douceur, laissant le spectateur profiter des mirifiques paysages. Certains s’ennuieront de cette indolence, d’autres se laisseront bercer par cette épopée aux pas d’un enfant de dix ans. Un garçonnet interprété par l’incroyable Kyle Catlett. Ce ketje crève l'écran. Sa prestation, soufflante de vérité, promet à ce jeune comédien un avenir radieux dans le septième art. Du haut de ces neuf années affichées au compteur, il saisit les nuances de son personnage avec une intelligence d’adulte. Le rapport au deuil, la culpabilité et la complexité des liens filiaux, autant de thèmes délicats à devoir aborder. Il s’en sort avec un sacré toupet et les honneurs qui vont avec. Quel aplomb! Il n’y a pas d’autre mot: une révélation.

Dommage que le métrage sombre dans sa dernière partie dans la facilité d’écriture avec des rebondissements d’une platitude innommable, des effets tire-larme grotesques et des caricatures grossières et nauséabondes. Du gâchis surtout lorsqu’on se met à repenser à la qualité du reste. Ce voyage vaut toutefois le détour.

Note:
Critique: Professeur Grant

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