Minuscule : La Vallée des Fourmis Perdues


Dans une paisible forêt, les reliefs d’un pique-nique déclenchent une guerre sans merci entre deux bandes rivales de fourmis convoitant le même butin: une boîte de sucres! C’est dans cette tourmente qu’une jeune coccinelle va se lier d’amitié avec une fourmi noire et l’aider à sauver son peuple des terribles fourmis rouges...






Oubliez l’infatigable ‘Reine des Neiges’, ne vous laissez pas tenter par l’hyperkinétique ‘The Lego Movie’ et préférez de loin ‘Minuscule: La Vallée des Fourmis Perdues’. Nonobstant la modestie du titre, c’est bien à une œuvre majuscule que vous êtes conviés. Sis à mi-chemin entre ‘Microcosmos: le Peuple de l'Herbe’ et la trilogie du ‘Seigneur des Anneaux’, ce film d’animation est une véritable petite pépite burlesque à consommer sans modération.

Après ‘The Artist’, c’est au tour des Français Thomas Szabo et Hélène Giraud de remettre au goût du jour le cinéma muet avec la gageure suivante pour mot d’ordre: plaire tant aux petits qu’aux grands enfants. Résultat: mission accomplie. Et pourtant, ce n’était pas gagné. Là où la plupart des studios d’animation mise sur un anthropomorphisme accentué pour susciter l’adhésion des jeunes pupilles, ici, le duo de réalisateurs ne s’est pas senti obligé de créer des animaux «humanisés».

Si l’absence de dialogues peut faire peur voire rebuter le tout-regardant, cette omission est compensée par de très jolies trouvailles de mise en scène ainsi qu’un extraordinaire travail sur le son. En sus, avec leur maestria toute cinéphile, le tandem fourmille d'idées pour booster leur long métrage. Celui-ci joue à fond la carte d’un humour ravageur volontiers orienté vers le burlesque et le comique de situation avec çà et là des clins d’œil savoureux aux œuvres cultes du septième art. Certains gags sont tout bonnement désopilants.

Techniquement, le résultat est bluffant et même rafraîchissant compte tenu de ce qui se fait dans le paysage du cinéma d’animation actuel. En substance chez la concurrence: DreamWorks et ses produits formatés, Pixar qui rime de plus en plus avec dollar et de moins en moins avec caviar ou septième art, Disney et ses morales à deux balles, l'esthétique criarde d'Illumination, les réchauffés de Blue Sky etc. Des studios qui n'ont rien d'original à proposer pour ces prochains mois: Dragons 2, Planes 2, Rio 2...

Avec 'Minuscule", nos deux Frenchies sortent des sentiers battus et font preuve d’une incroyable inventivité formelle. Concrètement, les personnages animés sont incrustés dans des décors réels filmés en format CinemaScope dans les parcs nationaux des Écrins et du Mercantour. Les images de synthèse et les prises de vues réelles se mêlent de façon homogène et font de ce film hybride un ravissement de tout instant. On reste muet d'admiration!

Tantôt poétique, tantôt épique, cette ‘Vallée des Fourmis Perdues’ se révèle in fine un divertissement récréatif qui vaut sacrément le coup d’œil. Et donne une furieuse envie de découvrir la série télévisée ‘Minuscule: La vie privée des insectes’ dont la deuxième saison vient tout juste de sortir en Blu-ray.


Coup de cœur!

Note:
Critique: Professeur Grant

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