mercredi 5 mars 2014

The Grand Budapest Hotel


Le film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle.
La recherche d’un tableau volé, oeuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au coeur de la vieille Europe en pleine mutation.








Il possède sans conteste l’un des univers les plus singuliers du cinéma américain contemporain. Il est encore loin du parachèvement de sa filmographie et pourtant il tutoie déjà des sommets artistiques. «Il», c’est Wes Anderson, l’ineffable génie au style visuel affirmé et à l’imagination sans limite. Comme à l'accoutumée, le dandy texan fait montre d'une incroyable créativité. Aujourd'hui, il convie le spectateur à s’immerger dans une histoire picaresque à l’aube d’un terrifiant conflit européen. Notre gandin nous sert à nouveau une galerie de personnages atypiques. La trame est connue: d'aucuns se cherchent, certains se toisent et tout le monde se trouve dans des tribulations truculentes.



L'exquis Monsieur Gustave, le concierge endimanché du Grand Budapest Hotel, palace sis dans la contrée imaginaire de Zubrowka, engage le jeune et dévoué Zero Moustafa en tant que groom ou «Lobby Boy», avec qui il va vivre toutes sortes d’aventures rocambolesques. Sous les atours d’une facétie ébouriffante d’espièglerie se situe en réalité une fable humaniste sur les derniers miroitements d’un Vieux Continent condamné à sombrer dans le fascisme de l'entre-deux-guerre. Mais que l'on se rassure, empreint d’une mélancolie douce-amère, 'The Grand Budapest Hotel' se veut avant tout une comédie divertissante au rythme débridé et au montage très "cartoonesque".

Cette odyssée endiablée à laquelle vient se joindre subrepticement de savoureuses séquences d’absurdité est sans aucun doute l’histoire la plus distrayante et accessible du cinéaste. La sève de la mise en scène, d’une inventivité constante, associée à la vélocité des rebondissements ainsi qu'à la concaténation des plans découpés au millimètre font de ce carrousel d’images burlesques un grand spectacle vintage. En sus, le soin apporté à chaque détail de décor et de costume transporte le spectateur dans un état de ravissement. Si la mécanique un peu trop huilée d'Andeson tend parfois à empêcher les émotions d’émerger, l’humour, lui, se déploie pour le plus grand plaisir de nos zygomatiques.

Il est étrange de remarquer à quel point le film se regarde aussi facilement qu’on lit une bande dessinée truffée de gags irrésistibles et d'ostrogoths extravagants. Il faut d’ailleurs noter la présence d’une distribution en état de grâce où l'irrésistible Ralph Fiennes fait des merveilles. Sa verve, sa prestance, son regard sont autant d'éléments à épingler. L’acteur britannique porte le film sur ses épaules. Enfin, prêtez une oreille attentive à l'agréable partition musicale du brillant Alexandre Desplat, lequel fait appel à des sonorités atypiques telles que les balalaïkas, le cimbalom moldave ou encore le yodel, soit des instruments originaires d'Europe Centrale. Le compositeur français a décidément des doigts de fée. Les mélomanes apprécieront.

Un pur plaisir de cinéma!

Note:
Critique: Professeur Grant

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