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mercredi 18 février 2015

Whiplash


Andrew, dix-neuf ans, rêve de devenir l'un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s'entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d'intégrer le fleuron des orchestres, celui que dirige Terence Fletcher, un professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, à la recherche de l'excellence et de la perfection, quel qu'en puisse être le prix.




Deauville, son festival du cinéma américain, sa compétition, les commentaires des festivaliers plutôt difficiles en général... On ne s'attendrait pas à une standing ovation durant tout le générique de fin. Et c'est pourtant ce qui s'est produit en septembre dernier, à l'issue de la projection de Whiplash, deuxième long métrage aux mains de Damien Chazelle, dans lequel s'illustrent notamment Miles Teller (retenez son nom si vous ne le connaissez pas encore ! Il incarne ici Andrew) et J.K. Simmons (qui joue le rôle de Terrence Fletcher).

Cinq étoiles, n'est-ce pas beaucoup pour un film qui nous montre la vie d'un étudiant au conservatoire ? Voici ce qui nous pousse à les attribuer.
     Tout d'abord, nous noterons les qualités techniques du film : la caméra semble presque écraser les acteurs quand leurs personnages sont sous pression ; les scènes s'enchaînent les unes aux autres sans nous laisser le temps de respirer ; le rythme est haletant ; on passe par toutes les émotions imaginables.
     Les acteurs y mettent du cœur, ils n'incarnent pas un personnage, mais deviennent ce personnage. On voit Andrew se battre contre lui-même, s'entraîner jusqu'à avoir les mains en sang de tant d'exercice. On vit avec lui la lutte de chaque instant pour parvenir à l'excellence.
     Lorsque Fletcher harcèle moralement ses élèves, on souffre avec eux. On se bat avec eux contre cet enseignant-tyran aux méthodes d'un autre siècle. Il pousse ses élèves au-delà de leurs limites pour les faire accéder à la perfection, mais ne franchit-il pas ces limites ? On a envie de lui faire avaler un saxophone, de l'assommer à coups de baguettes, de l'assourdir de trompettes et de trombones, de lui écraser la tête entre deux cymbales. C'est un méchant que l'on adore détester, et pour cela, on salue les efforts largement payants de J.K. Simmons. Il ne joue pas le méchant, il est le dictateur de son orchestre.
     On souffre quand les personnages se prennent un coup, au propre comme au figuré. Un coup au moral, une chaise dans la tête, les mains en sang,... ou lorsqu'on leur annonce à la dernière seconde qu'ils doivent interpréter un morceau inconnu. Dans ce monde-là, il semble nécessaire d'écraser les autres pour accéder soi-même à la gloire.
     Enfin, jusqu'à la dernière seconde, on ressent le stress et la tension que subit Andrew. On est en sueur avec lui à la fin de la projection.

Sur ce, je ne peux que vous recommander chaudement ce film, espérer qu'il soit récompensé comme je le souhaite, et je vais lessiver mon t-shirt.

Note :
Critique : Choupette

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Edit post-palmarès : Whiplash a été récompensé du Prix du Public, ainsi que du Grand Prix.

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