mercredi 26 novembre 2014

Waste Land



Leo Woeste est inspecteur de la brigade criminelle. Il habite avec Kathleen et Jack, leur fils de 5 ans. Jour après jour, Léo explore les bas-fonds de la ville. Sa famille lui permet de garder pied. Mais cet équilibre est de plus en plus précaire. Kathleen tombe accidentellement enceinte. Alors qu’il doit enquêter sur l’étrange meurtre rituel d’un jeune Congolais avec un nouveau collègue bon vivant, Johnny Rimbaud, il a une aventure avec la sœur de la victime... Tout semble éloigner Léo de ses responsabilités de père de famille. Il s’enfonce dans le waste land.





Si d’aucuns, dans le petit monde de la critique cinématographique, se sont emballés à la suite du visionnage de «Waste Land», nous, on est resté de marbre. On aurait aimé que la nouvelle fiction de Peter Van Hees (Linkeroever, Dirty Mind) nous laisse pantois mais son scénario manque terriblement d’épaisseur pour en faire le grand film du quartier Matonge, à Bruxelles.

En deux mots: Léo Woeste, inspecteur de la brigade criminelle, enquête sur l’étrange meurtre rituel d’un jeune Congolais. Au plus celui-ci avance dans ce dossier difficile, au plus il se perd dans ses relations avec son entourage. Non seulement ce dernier prend ses distances avec sa famille alors que sa femme vient de lui annoncer qu’elle est enceinte, mais, en sus, il vit une aventure avec la sœur de la victime. Tout semble l’éloigner de ses responsabilités de pater familias. Au fur et à mesure, Léo s’enfonce dans le Waste Land.

Le casting est solide. Jérémie Renier remplace au pied levé un Matthias Schoenaerts parti s’amuser vers des contrées hollywoodiennes et s’octroie un rôle à contre-emploi qui fait du bien à sa filmographie. A ses côtés, l’escogriffe Peter Van den Begin et la jolie Babetida Sadjo offrent de la teneur à leurs personnages respectifs. A titre d’anecdote, l’inattendu Grand Jojo fait un caméo fort sympathique. 

Au festival de Toronto où il était projeté en avant-première, le métrage, au travers de son affiche, était vendu comme suit: «A Brussels film noir». De fait, le troisième long-métrage de Peter Van Hees est une plongée dans les bas-fonds interlopes de la capitale de l’Europe. Il faut d’ailleurs reconnaître un indéniable talent technique au Louvaniste qui arrive à capter les quartiers bruxellois la nuit tombée au moyen d’un très beau travail d’artisan sur la lumière.

De ce point de vue-là, le cinéaste réussit à imprégner son récit d’une atmosphère lourde, sinistre et en même temps fascinante. Pour réussir cette ambiance dérangeante, ce-dernier a l’intelligence de jouer avec le métissage si particulier de la métropole entre culture bruxelloise et mœurs congolaises et fait habilement appel aux spectres d’un passé colonial encore fort présent.

Cette belle facture peine toutefois à cacher les faiblesses d’un scénario trop peu fouillé dans sa dimension psychologique et pas assez ambitieux dans son volet polar. On sort du film avec le regret d’être passé à côté d’un excellent thriller tortueux qui sonde l’âme de personnages en déroute dans une ville pesante qui jouerait un véritable rôle dans l’histoire à l’instar du protagoniste. Dommage.

Note:
Critique: Professeur Grant

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