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mercredi 31 décembre 2014

Une Heure De Tranquillité


Michel, passionné de jazz, vient de dénicher un album rare qu’il rêve d’écouter tranquillement dans son salon. Mais le monde entier semble s’être ligué contre lui: sa femme choisit justement ce moment pour lui faire une révélation inopportune, son fils débarque à l’improviste, un de ses amis frappe à la porte, tandis que sa mère ne cesse de l’appeler sur son portable… Sans parler du fait qu’il s’agit ce jour-là de la fameuse Fête des Voisins… Manipulateur, menteur, Michel est prêt à tout pour avoir la paix. Est-il encore possible, aujourd’hui, de disposer d’une petite heure de tranquillité?





Une heure de tranquillité. Le titre résume plutôt bien l’expérience cinématographique du spectateur. Ne vous attendez pas à du grand cinéma mais plutôt à un bon moment de franche rigolade, ni plus ni moins. Ici, Patrice Leconte n’ambitionne rien d’autre que le théâtre filmé. Adapté de la pièce éponyme du très bon Florian Zeller à qui l’on doit l’hilarante comédie «La Vérité», ce vaudeville conte l’histoire d’un passionné de jazz qui vient de dénicher un vinyle extrêmement rare dans une brocante. L’album de ses rêves! Autant dire qu’il est impatient de l’écouter. Seulement, le monde entier semble s’être ligué contre lui: sa femme, son fils, sa maîtresse, sa bonne, son voisin, son ouvrier… Quiproquos, portes qui claquent et rebondissements invraisemblables à foison s’enchainent alors pour ne plus s’arrêter.


Si Fabrice Luchini endossait ce personnage taillé sur mesure sur les planches, c’est Christian Clavier qui s’illustre cette fois-ci sur la toile. Et le Bronzé se montre irrésistible. Tout comme l’ensemble de la distribution où tout le monde semble s’amuser. En vrac: Rossy De Palma, Valérie Bonneton, Carole Bouquet, Jean-Pierre Marielle et surtout Stéphane De Groodt, désopilant dans le rôle du voisin pot de colle patenté adepte du vivre ensemble qui veut absolument rallier tout le monde à sa Fête des voisins. Menée tambour battant, cette comédie chorale fait souvent sourire et engendre même l’un ou l’autre rire discret. 


Par contre, le métrage trébuche sur la réalisation foireuse et totalement à côté de la plaque de Patrice Leconte. Que Diable! Quelle mouche l’a donc piqué? Le Français s’est mis en tête de filmer son petit boulevard (1h15) comme un thriller hypernerveux à la Jason Bourne. Sa caméra brinquebalante provoque une mise en scène épileptique pas du tout en osmose avec les situations esquissées par Florian Zeller. Le cinéaste a cru bon de dynamiser son film avec une réalisation agitée pour le sortir un tantinet de sa case de théâtre filmé. Comme si Leconte ne voulait surtout pas que les critiques taxent son métrage de la sorte. On le soupçonne également de faire un peu d’épate aux yeux des cinéphiles.



Or, il aurait été nettement plus judicieux que ce dernier s’efface totalement pour laisser libre cours à la qualité du texte, lequel ne demande presque qu’aucun artifice de mise en scène. Nous ne sommes pas dans un exercice de style comme peut l’être un huis clos ou une œuvre expérimentale à l’instar d’un «Buried» sorti en 2010 (pour rappel: l’entièreté du film se passe à l’intérieur d’un cercueil). Tout ce qu’arrive à produire Leconte, c’est filer la gerbe a un spectateur qui aurait tant aimé apprécier l’histoire sans qu’on ne vienne le perturber avec une caméra à l’épaule d’aucun intérêt. 

Note:
Critique: Professeur Grant

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