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mercredi 18 février 2015

Kingsman: The Secret Service


Kingsman, l’élite du renseignement britannique en costumes trois pièces, est à la recherche de sang neuf. Pour recruter leur nouvel agent secret, elle doit faire subir un entrainement de haut vol à de jeunes privilégiés aspirant au job rêvé. L’un d’eux semble être le candidat «imparfaitement idéal»: un jeune homme impertinent de la banlieue londonienne nommé Eggsy. Ces super-espions parviendront-ils à contrer la terrible menace que fait peser sur le monde l’esprit torturé du criminel Richmond Valentine, génie de la technologie?





James Bond est mort, longue vie à Kingsman! Voilà. Le genre du film d’espionnage possède enfin son pastiche de référence. Le réalisateur Matthew Vaughn réussit là ou d’autres ont échoué. Oubliez les poussifs «Johnny English» ou «Austin Powers», le Britannique place la barre bien plus haut. Ici, on a tout simplement droit à du high level! Si pour le grand public, son patronyme n’évoque pas grand-chose, le cinéphile averti, lui, se souvient très bien de son premier et excellent long métrage, «Layer Cake», dans lequel il permit à Daniel Craig de s’illustrer à l’international. On ne l’a pas perdu de vue car celui-ci a tout de suite enchaîné avec un divertissement familial hautement recommandable, «Stardust», qui voyait Robert De Niro endosser le costume d’un pirate un peu fofolle sur les bords (si, si!) et Michelle Pfeiffer en sorcière.

La suite de sa carrière affiche un visage nettement plus mainstream. Mais ne vous méprenez-pas. Le metteur en scène n’a pas vendu son âme au diable lorsqu’il s’est laissé séduire par les sirènes d’Hollywood. Son merveilleux «Kick-Ass» fut une redoutable réactualisation en mode bad-ass du «superhero movie». Un genre qui lui sied à ravir d’ailleurs. La Fox le remarque en même temps que le public et lui propose alors de mettre en boîte un nouvel X-Men, sur la jeunesse des célèbres mutants de la maison Marvel. Ainsi, «First Class» naissait en 2011. Non content d’être à la tête d’une franchise de renom, le Londonien venait de livrer le meilleur film de la saga. Et ce avec une insolente facilité. Un génie, un virtuose! On ne s’est donc pas fait prier lorsqu’on a su que l’enfant terrible du cinéma anglais allait lancer dans les salles obscures une parodie de Bond, James Bond.

Quid du résultat? Un divertissement pop ultra fun et purement jouissif. Matthew Vaughn prend tous les codes des 007 et autres métrages d’espionnage, les met dans un shaker bourré de nitro et les fait exploser dans un joyeux délire à l’exquise irrévérence. Le cinéaste se permet toutes les fantaisies et se joue de la censure avec une folle démesure. Là où le gore doit apparaître sur l’écran et faire du film ipso facto une œuvre interdite aux ados, ce dernier contourne le problème en utilisant des gimmicks de geek aussi idiots que terriblement désopilants. Sa mise en scène survoltée, décomplexée et totalement no limit nous vaut également trois scènes d’anthologie (au moins!) particulièrement jubilatoires: l'agent secret Colin Firth qui apprend les bonnes manières à des kaïra, le même qui remet les brebis galeuses sur le droit chemin dans une église de rednecks de la pire espèce (Vaughn en profite ici pour redessiner la manière de filmer une scène d’action) ou encore un festival incongru de feux d’artifice. 

Et avec ça, le ton y est volontairement décalé et l’humour politiquement incorrect. Le divertissement cool se mue alors en pamphlet corrosif sur notre société de con-con (entendez consommation-communication). Admettons-le d’emblée, cette désinvolture, on l’a rarement vue sur écran dans le cinéma d’exploitation. On a même quelques difficultés à s’imaginer qu’une major californienne ait pu produire un tel blockbuster. Mais ce qu’on adore par-dessus tout, in fine, c’est d’une part le zozotement de Samuel Lee Jackson, parfait dans le costume d’un méchant écolo extrémiste, et - surtout - d’autre part, le flegme so british de Colin Firth, que personne n’aurait vu en agent secret. Le comédien se débrouille comme un as dans la peau d’un espion qui manie aussi bien le verbe que les armes. Dans les deux cas, il tue!

En substance: un film complètement barré et hyper efficace dans sa dimension divertissement. Immanquable!

Note:
Critique: Professeur Grant




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