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mercredi 11 mars 2015

L'Art de la fugue



Antoine vit avec Adar, mais il rêve d’Alexis... Louis est amoureux de Mathilde alors il va épouser Julie... Gérard, qui n’aime qu’Hélène, tombera-t-il dans les bras d’Ariel ? Trois frères en pleine confusion... Comment, dès lors, retrouver un droit chemin ou ... échapper à ses responsabilités ? C’est là tout L’Art de la Fugue...








«L’art de la fugue» pour le réalisateur, l’art de l’ennui profond pour le spectateur. Ne mâchons pas nos mots, on frise de très près la déconfiture totale, le ratage artistique, l’erreur industrielle, le chaos cinématographique… Nan, là, on déconne. Mais tout de même! 


A un moment donné durant la projection, malheureusement pour nous, très tôt après le générique, on s’est demandé si, finalement, le titre du film ne nous était pas destiné. Comment prendre la poudre d’escampette? Comment s’enfuir de la salle obscure sans se faire capter ? Comment prendre ses jambes à son cou sans déranger les voisins? Notez qu’après coup, on a très vite remarqué qu’on se regardait tous durant cette avant-première. L’air de se dire: «Mais… Mais, c’est de la merde», pour paraphraser ce bon vieux (feu!) Jacques François découvrant le Kloug dans «Le père Noël est une ordure». Nan, là, on est méchant. Mais tout de même! 

Il y a de ces longs métrages qui n’ont rien pour eux. Pourtant, il y avait du beau monde en haut de l’affiche. Voyez plutôt: Agnès Jaoui, Laurent Lafitte («de la Comédie française», dit l’affiche comme si c’était un label de qualité et que les autres comédiens, eux, doivent encore tout prouver…), Guy Marchand, Bruno Putzulu. Et puis, il y a du moins beau monde aussi… Suivez mon regard: les pistonnés de la «chanson française» (nous avons opté pour deux guillemets par souci de forme textuelle, mais, comprenez-nous bien, on aurait très bien pu en ajouter une vingtaine…) comme Benjamin Biolay, lequel n’hésite pas à nous prouver qu’il n’est pas du tout à l’aise pour interpréter de vives émotions. Un désastre auquel on assiste un peu gêné. Nan, là, on est vache. Mais, tout de même! 

Ou encore Elodie Frégé qui a sans aucun doute voulu faire de la figuration dans le film parce qu’elle avait une scène dite «full frontal». Entendez en tenue d’Eve, eins et techa à découvert. Coquine! D’ailleurs, entre nous, on ne retiendra que cette séquence car c’est l’une des rares occasions dans le métrage où la gagnante de la Star Academy 3 (!) ne doit rien jouer, uniquement apparaître à l’écran, et du coup la seule fois où celle-ci se montre crédible. Vous dire à quel point la chanteuse n’a rien à faire dans le septième art! Si elle est dénu(d)ée de talent, elle a au moins la plastique. Nan, là, on est mauvais. Mais, tout de même! 

Et puis, il y a le petit Nicolas Bedos, parachuté du PAF, qui tape l’incruste dans cet aréopage de médiocrité. Ni bon, ni mauvais. Juste là. Il nous la (sur)joue comme sur France 2. Pas besoin d’interpréter. Du coup, c’est fade. Et malheureusement pour nous, au niveau de l’acting, on a droit à un nivellement par le bas. Un peu comme le décret «mixité sociale», en somme. Les acteurs confirmés se mettent au niveau des histrions. Et le cinéphile de regretter de ne pas avoir choisi «Joséphine, Ange Gardien» qui passait ce jour-là sur la petite lucarne. Nan, là, on exagère. Mais tout de même! 

Au-delà d’une distribution au rabais, il faut également épingler une mise en scène catastrophique qui privilégie une logorrhée assommante plutôt que de s’essayer à une certaine forme d’inventivité. Le métrage se prend les pieds dans des dialogues prolixes et s’enlise dans des situations inintéressantes qui ne font qu’alourdir un scénario laborieux. Le récit inconsistant et la réalisation mollassonne finissent par terrasser le cinéphile, alors plongé dans un état proche de la léthargie. Morphée aura eu raison de lui. A moins que ce ne soit le réalisateur Brice Cauvin… C’est plat et ça se traîne jusqu’à un final qui ne vient jamais. Le spectateur ne voit pas le bout du tunnel. Qui viendra le sauver? Nan, là, on force le trait. Mais, tout de même! 


On retiendra bien l’une ou l’autre saillie bien sentie ou touche d’humour bienvenue sauvant in extremis le métrage du navet intersidéral. Mais, tout de même! 


Note: 
Critique: Professeur Grant

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