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mardi 21 avril 2015

A Girl Walks Home Alone At Night

 
★★★★

Dans la ville fantôme iranienne « Bad City », un endroit qui sent la mort et la solitude, les habitants ne savent pas qu'ils sont traqués par un vampire solitaire.

Avec 'A Girl Walks Home Alone At Night', la réalisatrice Ana Lily Amirpour opère une incursion dans le monde du cinéma. La réalisatrice irano-américaine aux multiples talents cachés (en plus de filmer avec brio, elle joue à la doublure pour les plans en skateboard), choisit de tourner son film au pays de l'oncle Sam. Avec son traitement de la drogue, sa nudité et un aspect religieux sacrifié sur l'autel de la mythologie, le film n'a étonnement pas été tourné en Iran. La censure iranienne ne l'aurait jamais permis.

Tourné en noir& blanc, le film ne marque pas seulement par son visuel atypique. Présenté comme le « premier western spaghetti iranien mettant en scène une vampire », le long-métrage se veut subtil : pas une fois on entend le mot « vampire ». Basé sur un court-métrage de 5 minutes, le film s'est vu accompagné d'un comic book à sa sortie.

Actrice américaine d'origine iranienne, Sheila Vand, avec ses airs de Winona Ryder, assure. Elle y joue une vampire vêtue d'un chador (vêtement traditionnel iranien) se déplaçant en skateboard. Cette jeune femme aux canines saillantes délivre sa vision de la justice en éradiquant des pourritures et autres bandits de la pire espèce. Certains pourront y voir une allégorie de la place de la femme dans la société iranienne. Arash Marandi, le personnage principal, se défend bien. La scène où, affublé d'un costume de Dracula, il fait fortuitement la rencontre de notre héroïne/vampire est à la fois angoissante et cocasse !

Sanglant mais pas terrifiant pour un film d'horreur, 'A Girl Walks Home Alone At Night' marque le genre de son empreinte. La logique du film se veut rassurante : seuls les « bad guys » finissent en tête-à-tête avec La Mort.

Après les premières minutes, l'impression d'ensemble réjouit malgré la barrière de la langue (le film est tourné en fārsi). Avec son contraste élevé, le filtre de noir&blanc hypnotise. Au-delà des crocs et du côté surnaturel, l'histoire universelle touche. Inhabituelle, la photographie de 'A Girl Walks Home Alone At Night' reste gravée sur la rétine.   

Goupil

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