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mercredi 15 juillet 2015

Ant-Man


Scott Lang, cambrioleur de haut vol, va devoir apprendre à se comporter en héros et aider son mentor, le Dr Hank Pym, à protéger le secret de son spectaculaire costume d’Ant-Man, afin d’affronter une effroyable menace…







Projet casse-gueule s’il en n’est, «Ant-Man» est peut-être le super-héros des studios Marvel le moins attendu par les fans. Voyez plutôt: sur le papier, ça donne un type tout droit sorti de «Maman, j’ai rétréci les gosses» qui commande une armée de fourmis… Avouez, cela a de quoi prêter à sourire. Dur, dur donc de considérer un protagoniste de cette trempe. Sauf si un génie s’empare de cette mission à haut risque. Comme Edgar Wright (la trilogie du Cornetto, Scott Pilgrim VS The World) par exemple, lequel fut longtemps attaché à cet «origin story». Le réalisateur avait même réussi à faire sensation au Comic-Con de San Diego, en 2012, avec un test footage hyper «bad ass». Et là, c’est l’ensemble de la communauté cinéphile qui a commencé à s’emballer. 


Mais, à l’aube du tournage, en mai 2014, le Britannique claque la porte, se sentant trop écrasé par la machine Marvel, studio connu pour ne pas offrir une grande liberté aux artistes. Après de nombreuses tractations, c’est finalement Peyton Reed (Yes Man) qui fut choisi. Un inconnu? Mmoui. On lui doit pourtant l’une des plus réjouissantes comédies de ces quinze dernières années, le sous-estimé et pourtant culte «Down With Love» avec Renée Zellweger et Ewan McGregor. Nonobstant ce fait d’armes incontournable, le scepticisme règne chez les fans. Cependant, un an après, force est de constater que l’Américain réussit avec brio son baptême du feu dans l’univers des héros costumés. 

Ce qui réjouit d’emblée, c’est d’avoir fait de cet «Ant-Man» un pur film de casse agrémenté d’une sérieuse touche d’humour qui le fait basculer dans le genre comédie d’action. Ajouté à cela la brillante idée d’avoir «caster» Paul Rudd (This is 40) dans le costume du voleur et ex-taulard en recherche de rédemption et vous obtenez une base solide pour construire un protagoniste un tant soit peu crédible. Son génie du comique de situation et sa fidèle nonchalance rompent avec le côté pompier et sérieux des autres productions estampillées Marvel. Cela dit, Luis, son acolyte de braquage - l’extraordinaire Michael Peña (End of Watch) -, se révèle pourtant comme LE moteur comique de cette histoire abracadabrante. On ne vous en dit pas plus. 

Mais rien de tel qu’un acteur confirmé pour crédibiliser un tel sujet. Après Anthony Hopkins chez «Thor» et Robert Redford chez «Captain America», c’est au tour de l’inimitable Michael Douglas de venir jouer les mentors dans une franchise super-héroïque. Le septuagénaire est incontestablement l’atout de ce film. Celui-ci donne du corps à un métrage qui avait tout pour être ridicule. Particulièrement émouvant en paternel qui cherche à recoller les morceaux avec sa fille (Evangeline Lilly, fidèle à elle-même), son personnage est rongé par la culpabilité d’avoir développé une technologie qui, entre de mauvaises mains, pourraient créer du tort à la planète toute entière (oui, on est bien chez Marvel…). 

Mais les qualités d’ «Ant-Man» ne sont pas uniquement à aller chercher du côté de la distribution - bien qu’on regrette, comme à l’accoutumée chez Marvel, d’avoir un bad guy (Corey Stoll, vu dans «House of Cards») hyper caricatural, sans nuance, dont les plans machiavéliques s’avèrent des plus confus et se résument finalement à très peu de chose -, elles sont aussi à trouver du côté de la mise en scène. Peyton Reed, qui fait donc ses premiers pas dans l’action, ne s’en tire pas trop mal sur les séquences de combat. Le challenge des scènes en miniature est lui aussi relevé haut la main tandis que les effets-spéciaux, sans être trop abondants, servent intelligemment le scénario (notamment pour rajeunir Michael Douglas de 30 ans… Bluffant!). Le réalisateur se joue des proportions tout en mettant un point d’honneur à rester inventif pour ne pas répéter ad nauseam les scènes de miniaturisation. 

De facture plus modeste que les autres productions Marvel au gigantisme ampoulé, «Ant-Man» a, en outre, ce mérite de sortir des sentiers battus, de s’écarter quelque peu du chemin ultra balisé propre au genre. Une qualité à mettre au crédit d’Edgar Wright, tout de même scénariste du film. Grâce à lui, le métrage se distingue notamment par son sens de la dérision, son rythme mené tambour battant et son originalité folle. Peyton Reed, lui, a poursuivi le travail de préparation du Britannique en y ajoutant sa créativité et son expérience de la comédie pour faire de cet homme-fourmi un justicier miniature qui ne se prend jamais au sérieux. Son formidable sens du montage est, à ce titre, exemplaire comme lorsqu’il illustre la façon dont Luis a obtenu son tuyau pour réaliser un casse. Hénaurme! 

Léger, drôle, frais, innovant, «Ant-Man», avec son humour bon-enfant, son infatigable autodérision et ses scènes d’action décalées (le combat épique dans la chambre d’enfant, un must!) n’est autre que la somme du travail et de l’expérience de deux virtuoses de la comédie. Chapeau bas, messieurs! 

Note: 
Critique: Professeur Grant 

Ps: à ne pas voir en 3D. 
Ps pour les mélomanes: chez les super-héros, certains compositeurs se surpassent. On se souvient de l’extraordinaire bande originale de «Thor: The Dark World», composée par un Brian Tyler dont on se souviendra encore longtemps. Aujourd’hui, Christopher Beck offre une superbe couleur musicale à «Ant-Man» avec des compositions qui font forte impression.

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