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mercredi 20 mai 2015

Tomorrowland


Casey, une adolescente brillante et optimiste, douée d’une grande curiosité scientifique et Frank, un homme qui fut autrefois un jeune inventeur de génie avant de perdre ses illusions, s’embarquent pour une périlleuse mission. Leur but: découvrir les secrets d’un lieu mystérieux du nom de Tomorrowland, un endroit situé quelque part dans le temps et l’espace, qui ne semble exister que dans leur mémoire commune... Ce qu’ils y feront changera à jamais la face du monde… et leur propre destin !





Accueilli plutôt froidement par la critique, l’ambitieux «Tomorrowland» n’est pourtant pas le désastre annoncé par certains. Certes, la déconvenue est grande. Surtout lorsqu’on sait que ce n’est autre que Brad Bird qui signe ce délire rétro-futuriste labellisé Disney. Pour rappel, on lui doit de belles pépites d’animation (The Iron Giant ou encore Ratatouille) ainsi que la meilleure suite de la saga «Mission Impossible» avec le quatrième volet titré «Ghost Protocole» sorti en 2012. Son passage de l’animation au film live fut donc une réussite. «Pas d’inquiétude à avoir donc», nous sommes-nous dit lorsque le projet de «Tomorrowland» fut annoncé. Et pourtant… En sus d’être une déroute critique, le métrage budgété à près de 200 millions de dollars est en passe de devenir un échec industriel voire un gouffre financier pour le studio de Mickey.


Une situation qui rappelle à s’y méprendre à un autre plantage monumental chez Uncle Walt. Cela ne vous rappelle rien? On vous aide avec les initiales du héros qui donne, par ailleurs, son nom au film à trouver: J.C. Mais non pas Jésus-Christ! Jean-Claude? Nop, raté, Van Damme ne s’est jamais pointé chez Mickey. «John Carter» pardi! Inconnu au bataillon? C’est normal. John Carter est passé complètement inaperçu dans les salles obscures. Cette fantaisie sise à mi-chemin entre le space opera et le western (!) a causé la perte de l’ancien patron de Disney. Derrière cette déconfiture, le pauvre Andrew Stanton. Pour les néophytes: le papa de «Finding Nemo» et de «Wall-E». Autrement dit, un autre pilier de Pixar passé de l’animation aux prises de vue réelles et… un pote à notre Brad Bird. Par ailleurs, il y a pléthore de rapprochements à faire entre «John Carter» et «Tomorrowland». Comme si Disney n’avait rien retenu des leçons à tirer suite à la débâcle du premier.

Les deux métrages souffrent globalement des mêmes tares. Premièrement, ils ont été mal vendus par une équipe marketing qui n’a jamais réussi à positionner son film durant la promotion ni à cibler son public. A force de jouer la carte du mystère, les spectateurs ne savaient pas du tout à quoi s’attendre et ce jusqu’à la sortie. Du coup, dans le brouillard, ils ont préféré voir ailleurs, entendez Avengers 2, Fast & Furious 7, San Andreas… soit des films hyper calibrés où le spectateur sait ce qu’il va a(voir). Quant aux rares curieux qui ont vu «John Carter» et «Tomorrowland», ils ont trouvé le résultat médiocre. C’est qu’à force de vouloir contenter tout le monde, les deux réalisateurs ont accouché de métrages qui n’ont plu à personne. Trop complexes pour les enfants, trop niais pour les adultes, pas assez fun pour les ados, bref, le cul entre deux chaises, nos deux metteurs en scène échappés de l’écurie Pixar se sont fourvoyés.

Autre ennui, et de taille: le scénario du surcoté Damon Lindelof (Prometheus…) ne tient pas la route. Plus confus que touffu, le récit de «Tomorrowland» est en outre plombé par un optimisme pompeux qui désintéresse d’emblée le spectateur un chouïa regardant. Joyeusement aventureuse dans sa première partie, l’intrigue, décousue, s’essouffle au deux tiers du métrage pour tomber complètement à plat dans sa partie finale ruinant totalement le climax. Les efforts de mise en scène de Brad Bird ont beau se succéder, ils ne suffiront pas à dynamiser un film qui se traîne jusqu’à anéantir tout intérêt. Pourtant, «Tomorrowland» n’est pas avare en qualités et autres bonnes idées: casting convaincant notamment en ce qui concerne la distribution des enfants, esthétique rétro-futuriste propre aux années 50 et 60, effets-spéciaux renversants, clins d’œil astucieux (Star Wars, The Iron Giant et j’en passe), séquences d’action bien torchées… Mais cela ne suffit pas. On en sort avec un amer sentiment d’inachevé…

Note: 
Critique: Professeur Grant


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