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mercredi 22 juillet 2015

Mr Holmes

En 1947, Sherlock Holmes est à la retraite depuis longtemps et vit paisiblement dans le Sussex avec sa gouvernante et le fils de celle-ci. Mais l'infatigable Holmes est hanté par un passé turbulent et plusieurs anciens dossiers non résolus ne cesse de le perturber. Malgré une mémoire le mettant durement à l'épreuve et son légendaire pouvoir de déduction n'étant plus ce qu'il était, Holmes se lancera dans son ultime enquête, qui s'avérera une des plus compliquées de sa longue carrière.  


"I decided to get it right before I die".

1887 : Arthur Conan Doyle donna vie à Sherlock Holmes. En 2005, Mitch Cullin - romancier à succès - ressuscita le plus grand détective fictif de tous les temps avec son roman "A slight trick of the mind". Dix ans plus tard, Bill Condon ('Gods and Demons', 'Dr Kinsey', 'Dreamgirls', etc) adapte le roman de Cullin sur grand écran.

Faut-il pour autant se réjouir du retour du privé so British affublé d'une casquette et fumant la pipe ? Passons le film à la loupe.

Opérant une « résurrection » de personnage au vu d'un ADN étranger à A.C. Doyle, le tandem Cullin/Condon dépeint un Sherlock différent en prenant soin de le rendre plus humain. Le célèbre enquêteur affiche une attitude moins rogue et presque empathique. Alors que la vision de Watson le transformait carrément en surhomme, la perspective est ici tout autre. Nous sommes presque en présence d'une analyse « Sherlock vu par Sherlock ».

Ayant choisi l'exil plutôt que le face-à-face avec ses responsabilités, le détective est maintenant contraint à devoir livrer un dernier combat : celui contre sa mémoire qui lui joue des tours. Diminué physiquement et mentalement, Sherlock mène bien malgré lui une enquête à rebours à la recherche d'une vérité oubliée. Plusieurs investigations resurgissent de son passé comme pour entraver toute progression. Dans sa recherche de la Vérité, les pertes de mémoire l'affectent comme un enchaînement d'uppercuts affaibliraient le boxeur le plus aguerri.

Côté scénario, on remarque quelques originalités. L'idée du film est de corriger le portrait peu fidèle que Watson fit de Sherlock. Le film se permet ainsi de se distancer de certains clichés tenaces: pas de pipe ni de casquette en vue. Sherlock démonte ici les idées reçues autour de son personnage. Aucune trace de son éternel némésis, Moriarty. On entraperçoit à peine Watson. Mycroft (le frère de Holmes), le « Diogenes Club », Baker Street, etc., les puristes d'A.C. Doyle se retrouvent dans un environnement familier. Seule la visite dans un Japon post-hiroshima apporte du sang neuf à la saga et souligne l'importance d'une ouverture d'esprit face à la multiculturalité du monde (comme en témoigne la scène finale).

Avec une enquête gentillette, Condon réalise un véritable portrait de la nature humaine. La palme aux interprètes principaux. En enquêteur en herbe, Milo Parker joue admirablement bien. La complicité entre le vieil homme et l'enfant est remarquable.
Sir Ian McKellen s'investit jusqu'au bout en prenant des cours d'apiculture avec la London Honey Company. On raconte qu'il n'a pas été piqué pendant le tournage. Gandalf/Magneto, a été indubitablement aidé par son expérience sur 'Gods and Monsters' (pour lequel Condon le dirigeait déjà) puisqu'il y jouait déjà un homme au grand âge qui voyait diminuer ses facultés mentales.

Le maquillage a aussi son importance puisque Sir Ian McKellen incarne un Sherlock de 93 ans alors qu'il n'en a que 76.

Le détail qui n'aura pas échappé aux véritables fans de Sherlock Holmes est la présence de Nicholas Rowe, l'acteur qui campa Holmes dans 'Young Sherlock Holmes' en 1985. Dans une scène déjà culte (Holmes se rend au cinéma pour voir une de ses aventures portées sur grand écran), le réalisateur parvient à se faire rencontrer deux Sherlock. « Élémentaire, mon cher Watson! »  


Après cette prouesse, Bill Condon portera bientôt 'Beauty and the Beast' sur nos écrans. 

Note : 
Critique : Goupil (relecture Choupette)

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