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mercredi 19 août 2015

The Man from U.N.C.L.E.


Au début des années 60, en pleine guerre froide, Agents très spéciaux - Code U.N.C.L.E. retrace l'histoire de l'agent de la CIA Solo et de l'agent du KGB Kuryakin. Contraints de laisser de côté leur antagonisme ancestral, les deux hommes s'engagent dans une mission conjointe: mettre hors d'état de nuire une organisation criminelle internationale déterminée à ébranler le fragile équilibre mondial, en favorisant la prolifération des armes et de la technologie nucléaires. Pour l'heure, Solo et Kuryakin n'ont qu'une piste: le contact de la fille d'un scientifique allemand porté disparu, le seul à même d'infiltrer l'organisation criminelle. Ils se lancent dans une course contre la montre pour retrouver sa trace et empêcher un cataclysme planétaire.





Quand il n’y en a plus, il y en a encore. Après la parodie délirante (Kingsman: The Secret Service de Matthew Vaughn), après la pantalonnade potache (Spy de Paul Feig), après «l’actioner» old school (Mission: Impossible – Rogue Nation de Christopher McQuarrie) et avant le drame historique (Bridge of Spies de Steven Spielberg) et l’archétypal James Bond (Spectre de Sam Mendes), on a droit à la comédie d’action vintage avec «The Man From U.N.C.L.E.», relecture cinématographique et prequel d’une série qui a fait le bonheur des téléspectateurs durant les années 60.


Bref, vous l’aurez compris, 2015 signe le retour des intrigues d’espionnage. Bis repetita placent, comme on dit. Oui, c’est plutôt une bonne chose au regard de la palette de films susmentionnés. Car, assurons-le, tous ces longs métrages nous ont laissé in fine une bonne impression. Il en va de même pour ce «Agents très spéciaux: code U.N.C.L.E.» (merci aux marketeurs, au passage, pour ce titre des plus ingénieux).

Aux commandes de cette adaptation stylisée de fort bonne facture: ce chien fou de Guy Ritchie à qui l’on doit surtout le cultissime «Lock, Stock and Two Smoking Barrels». Un dingo de la péloche qui aime redéfinir son art au gré de ses superproductions. Sa griffe directe et percutante s’imbrique intelligemment dans ses récits sans pour autant devenir des gimmicks de mise en scène qui ont pour seul objectif de flatter la rétine du cinéphile.

Ainsi, sans trahir le substrat historique de son scénario, (en pleine Guerre froide, un espion américain endimanché de la CIA doit faire équipe avec son homologue russe du KGB, brute de décoffrage et sourcilleux, pour déjouer les plans machiavéliques d’une dangereuse organisation criminelle qui emploie des nazis) le metteur en scène britannique tente le compromis audacieux entre une réalisation rythmée et enlevée plutôt d’ordre contemporain et l’usage de quelques lenteurs propres aux productions d’antan afin de laisser s’exprimer une atmosphère sixties rendue palpable grâce au soin tout particulier accordé aux détails vintage: on pense notamment aux décors, costumes, accessoires, voitures, reconstitutions etc.

Ici, la forme prend le pas sur le fond sans toutefois ternir le plaisir de suivre cette histoire, certes en manque de suspense, certes déjà vue dans une palanquée d’autres buddy movies, mais rehaussée par l’une ou l’autre séquence incontournable. Car, il faut reconnaître à Guy Ritchie de savoir manier l’humour pince-sans-rire et l’action débridée avec un dosage très précis du timing pour en faire un pur cocktail de fun, dans la droite lignée du cinéma de Quentin Tarantino, à qui celui-ci emprunte d’ailleurs certaines caractéristiques comme par exemple les références incessantes au western (très gros plan, musique…).

Coté casting, Henry Cavill (un Anglais interprétant un Américain, logique!) et Armie Hammer (un Américain dans la peau d’un Russe, tout aussi logique…) prennent un malin plaisir à jouer les antagonistes. L’impossible et improbable tandem fait des merveilles devant la caméra grâce aux talents combinés de ces deux comédiens.

Classy, stylé, cool, «The Man From U.N.C.L.E.» est au final une belle surprise qui n’a pas à rougir face aux autres blockbusters estivaux. S’il n’apporte rien au genre, Guy Ritchie n’en propose pas moins un agréable divertissement qui mérite tout à fait l’achat du ticket de cinéma. Et ça, c’est déjà pas mal.

Note: 
Critique: Professeur Grant

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