Bilan 2015 - le "Flop 5" du Professeur Grant

Après le «Top 10», place au «Flop 5» du Professeur Grant. Une mise en garde avant tout: qu’on se comprenne, il n’est pas question ici de répertorier les plus gros navets plantés dans l’année mais plutôt de présenter ces films attendus qui n’ont pas tenu leurs promesses. Retour sur cinq déconvenues avec un dégommage en règle, comme il se doit.

 

 

1. JUPITER ASCENDING




Capables du meilleur (The Matrix) comme du pire (Speed Racer), les Wachowski signent leur come-back dans les salles obscures avec une véritable daube intersidérale. Nom de code de l’anomalie en question: «Jupiter Ascending». Soit un space opera ringard, chamarré et foutraque qui emprunte autant aux classiques de la science-fiction (les sagas «Star Wars» et «Star Trek» sont pompées ad libitum) qu’aux jeux vidéo et aux mangas. Un «bad trip» visuel aussi moche que nigaud.


Pourtant pas des manches dans l’art de la mise en scène, Andy et Lana (anciennement Larry – monsieur voulait qu’on l’appelle madame) se vautrent totalement dans une réalisation épileptique et brouillonne. Les généreuses scènes d’action sont d’ailleurs des supplices pour les pupilles. En substance, «Jupiter Ascending», c’est une débâcle artistique, une véritable catastrophe industrielle chiffrée à 175 millions de dollars! Préférez, de loin, mais alors de très loin, (re)voir «Cloud Atlas» des mêmes réalisateurs (co-signé Tom Tykwer).


2. THE GOOD DINOSAUR




On salue souvent Pixar pour sa créativité. Cette fois-ci, on s’abstiendra ! En cause: le storytelling tout bonnement désastreux de «The Good Dinosaur». Pis, les cinq scénaristes pompent allègrement sur des classiques intouchables comme «The Lion King». Là, ils ont franchi le point de non-retour. Le héros tourne en rond, l’histoire tourne en rond, les scribouillards tournent en rond, même cette phrase tourne en rond et, finalement, le spectateur, lui, est pris d’un sacré mal de crâne. La nausée, dirons-nous. La douleur aussi. Celle d’avoir déboursé pour un tour dans un désert scénaristique. Ça pique!


Aucune finesse, aucune imagination, aucune fantaisie, aucune surprise… «The Good Dinosaur» se révèle la pire œuvre dans la filmographie du studio à la lampe bondissante. Un plantage quasiment intégral qui ne présage rien de bon pour la suite quand on sait que la prochaine production à débouler sur nos écrans est la «sequel» du «Monde de Nemo» intitulée, Ô folie!, «Le Monde de Dory». Qu’est-ce qu’on vient d’écrire? Aucune finesse, aucune imagination, aucune… Un conseil: revoyez plutôt «Petit-Pied et la Vallée des Merveilles»!


3. CHAPPIE




Entendons-nous, «Chappie» ne nous a pas convaincu. A force de booster son métrage avec un montage épileptique de séquences d’action, par ailleurs, très mal fagotées, le metteur en scène Neill Blomkamp (District 9, Elysium) ne parvient jamais à installer ne serait-ce qu’une once d’ambiance. Ce qu’il gagne en rythme et en nervosité, ce dernier le perd en cohérence et en atmosphère. Cette négligence a pour corollaire qu’on ne s’attache à aucun personnage, pas même au bien nommé Chappie. En sus, pour ne rien arranger, la production a eu l’idée farfelue de faire appel aux calamités Ninja et Yo-Landi Visser du groupe musical Die Antword pour interpréter les malfrats de Jo’burg… Des fripouilles aussi ridicules que la coupe de cheveux de Hugh Jackman, piètre «vilain pas beau» de l’intrigue.


S’il y a bien l’une ou l’autre qualité à épingler comme, au hasard, des effets spéciaux dès plus réalistes, les nombreuses faiblesses d’un scénario particulièrement manichéen finissent par tuer tout intérêt. En vrac: humour pas drôle, scènes mielleuses, personnages simplistes, messages philosophiques maladroits, incohérences… Bref, «Chappie» ne tient pas ses promesses. Pour un film sur l’intelligence artificielle, force est de constater qu’il s’avère plus artificiel qu’intelligent.


4. TOMORROWLAND




En sus d’être une déroute critique, l’ambitieux «Tomorrowland» budgété à près de 200 millions de dollars est en passe de devenir un échec industriel voire un gouffre financier pour le studio de Mickey. Ecrivons-le sans ambages, la déconvenue est grande. Surtout lorsqu’on sait que ce n’est autre que Brad Bird qui signe ce délire rétro-futuriste labellisé Disney. Pour rappel, on lui doit de belles pépites d’animation (The Iron Giant ou encore Ratatouille) ainsi que la meilleure suite de la saga «Mission Impossible» avec le quatrième volet titré «Ghost Protocole» sorti en 2012. Son passage de l’animation au film live fut donc une réussite. Seulement, ici, ça coince…


Ennui de taille: le scénario du surcoté Damon Lindelof (Prometheus…) ne tient pas la route. Plus confus que touffu, son récit est en outre plombé par un optimisme pompeux qui désintéresse d’emblée le spectateur un chouïa regardant. Joyeusement aventureuse dans sa première partie, l’intrigue, décousue, s’essouffle au deux tiers du métrage pour tomber complètement à plat dans sa partie finale ruinant totalement le climax. Les efforts de mise en scène de Brad Bird ont beau se succéder, ils ne suffiront pas à dynamiser un film qui se traîne jusqu’à anéantir tout intérêt. Pourtant, «Tomorrowland» n’est pas avare en qualités et autres bonnes idées: casting convaincant notamment en ce qui concerne la distribution des enfants, esthétique rétro-futuriste propre aux années 50 et 60, effets-spéciaux renversants, clins d’œil astucieux (Star Wars, The Iron Giant et j’en passe), séquences d’action bien torchées… Mais cela ne suffit pas. On en sort avec un amer sentiment d’inachevé.


5. THE SECOND BEST EXOTIC MARIGOLD HOTEL


 


Nous ne sommes pas gérontophiles mais cette petite bande de vieux-là, on les kiff! Nous avions écrit tellement de bien sur «The Best Exotic Marigold Hotel» à sa sortie, en 2012, qu’il nous était impossible de louper sa suite titrée judicieusement... «The Second Best Exotic Marigold Hotel». Quel ne fut pas alors notre désappointement au sortir de la projection! Une poule aux œufs d’or pour les producteurs, une fausse bonne idée pour les spectateurs. Car, comme redouté, on nous balance une resucée de l’original en cent fois moins… original. Écrivons-le tout de go, on ne quittera jamais le banal, le quelconque. En sus, le suspense ne fonctionne jamais tant les chutes sont prévisibles. On a rarement vu un scénario aussi téléphoné. 


Nonobstant les épices de mise en scène, tout ce que l’on nous sert s’avère terriblement fade. On regarde les aiguilles de notre montre tourner inlassablement - pour ne pas dire qu’on s’emm… ferme - durant ces deux (trop) longues heures. Par ailleurs, là où le premier volet nous épargnait de justesse le trop-plein de bons sentiments, ici, on n’évite pas la douche de niaiserie. Le métrage s'enlisant dans l’écœurante guimauve dans sa deuxième partie. La qualité de la distribution  et un humour so british qui fait mouche permettent de tenir jusqu’à un générique qui vient délivrer que trop tardivement le cinéphile de son insondable ennui.

 

 

Professeur Grant

 

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