mercredi 13 janvier 2016

Joy


Inspiré d'une histoire vraie, 'Joy' décrit le fascinant et émouvant parcours d'une femme farouchement déterminée à réussir, en dépit de son excentrique et dysfonctionnelle famille. Au-delà de la femme d'exception, Joy incarne le rêve américain dans cette comédie dramatique, mêlant portrait de famille, trahisons, déraison et sentiments. 



Jennifer Lawrence. Jennifer LAWRENCE. JENNIFER LAWRENCE. Pas de doute possible, nous ne nous lassons pas de la voir, ni même de l'entendre, tant cette actrice talentueuse a su opérer les bons choix. De 'Winter's Bone' à 'Joy' en passant par 'The Hunger Games', Jennifer Lawrence est une actrice bankable à juste titre. Dans son dernier film, l'actrice rappelle que le rêve américain vit toujours. « Quand on veut très fort quelque chose, on finit toujours par y arriver ». Le syndrome George McFly n'est pas très loin. Avec 'Joy', le réalisateur parvient-il à nous mettre en joie ?

Et Jennifer Lawrence inventa la serpillière magique ! Tout cela n'est pas très glamour. Pourtant, avec cette histoire pseudo-biographique, Jennifer Lawrence confirme ce que l'on savait depuis longtemps : l'actrice est l'une des plus brillantes de sa génération. Parfaitement dépeinte, Joy Mangano n'est guère très loin (on la retrouve en effet à la prod). Si elle n'existait pas, nous n'aurions aucun mal à penser que ce personnage a été fait sur mesure pour la jeune actrice américaine originaire du Kentucky.

Avec quelques films à son actif, le réalisateur David O. Russell ('Three Kings', 'I Heart Huckabees', 'The Fighter', 'SilverLinings Playbook', 'AmericanHustle') n'en est plus à ses débuts. Il n'empêche, c'est sa première réalisation entièrement centrée sur une femme. Véritable ode aux entrepreneurs portée par cette « mater familias » couplée à une « self made woman » ; 'Joy' est un film résolument moderne.

Avec un sens pour le réal et le « brut », le film ne mettra pas trop à mal votre suspension consentie de l'incrédulité. Mix entre le conte de fées traditionnel et le soap opera – genre auquel il rend hommage, le film nous renvoie quelque part à nos propres vies.

Comédie décalée, discorde familiale, arnaques, importance de l'imaginaire ; beaucoup d'éléments « Russellien » se retrouvent sans chercher trop loin.

Le parfum de 'Joy' a des effluves d'années 1980. Une époque où les chaînes de télé-achat avaient la cote puisque - bien avant l'arrivée d'internet et les services de livraison en ligne - ces dernières apportaient les produits (commandés ou non) directement dans les chaumières.

Plaisant et rafraîchissant, le film fait dans l'originalité en proposant des flash-back et autres séquences de rêve afin de rendre compte du désir caché de l’héroïne. Il s'octroie aussi un brin de surréalisme avec une incursion dans le soap opera que regarde la mère de Joy. Soap qui fait par ailleurs étrangement penser au cinéma de David Lynch.

Quelques défauts sautent malheureusement aux yeux. Ce qui gêne le plus, c'est sans doute la narration peu homogène. On commence par un type de narration avant de s'écarter de ce choix. Avec pas moins de quatre éditeurs crédités, on peut se demander si l'editing poussif n'a finalement pas eu raison de l'ADN du film. L'ensemble semble inégal et le manque de rythme ne rend pas du tout service. S'ajoutent à cela des effets « dirt cheap » (notamment la neige) et un casting qui, malgré son prestige (Robert De Niro, Isabella Rossellini, Bradley Cooper), peine à décoller.

Malgré une solide performance de Jennifer Lawrence qui cimente l'hommage de Russell aux femmes ; il est difficile de ne pas exiger mieux du film. Il n'est ni une grande comédie ni un véritable mélo-drame. Le féminisme sous-jacent du film ainsi que son ambition se retrouvent amoindris par le manque de portée dramatique. Pas entièrement convaincu pendant toute la projection, nous devons toutefois admettre que Jennifer Lawrence nous procure beaucoup de joie.

Note : 
Critique : Goupil

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