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mercredi 10 février 2016

Zootopia


Zootopia est une ville qui ne ressemble à aucune autre : seuls les animaux y habitent ! On y trouve des quartiers résidentiels élégants comme le très chic Sahara Square, et d’autres moins hospitaliers comme le glacial Tundratown. Dans cette incroyable métropole, chaque espèce animale cohabite avec les autres. Qu’on soit un immense éléphant ou une minuscule souris, tout le monde a sa place à Zootopia !Lorsque Judy Hopps fait son entrée dans la police, elle découvre qu’il est bien difficile de s’imposer chez les gros durs en uniforme, surtout quand on est une adorable lapine. Bien décidée à faire ses preuves, Judy s’attaque à une épineuse affaire, même si cela l’oblige à faire équipe avec Nick Wilde, un renard à la langue bien pendue et véritable virtuose de l’arnaque …





 
Après un «Big Hero 6» quelque peu décevant, nonobstant son Oscar dérobé au nez et à la barbe des «Boxtrolls» et «How To Train Your Dragon 2», les studios Disney reviennent plus en forme que jamais. En témoigne la livraison 2016 «Zootopia», un vrai petit bijou d’humour, d’intelligence et d’animation. Aux manettes de ce cinquante-cinquième «Classique», le tandem formé par Rich Moore et Byron Howard. En substance: le premier est à l’origine de l’extraordinaire «Wreck-It Ralph», dernière baffe animée de la maison de Mickey; le deuxième nous a précédemment livré «Raiponce», merveilleuse relecture moderne du conte de princesse.

L’intrigue, somme toute basique, conte l’histoire de Judy Hopps, une jeune lapine rêvant de revêtir l’uniforme de policier dans la ville de Zootopie, jungle urbaine aux allures de métropole où vivent les animaux à la manière des êtres humains. Mais dans le monde si cruel des mammifères, difficile de faire sa place quand on correspond au cliché de la petite proie facile. Qu’à cela ne tienne, il en faut plus pour décourager notre belle de garenne. Expédiée malgré elle au service des horodateurs, notre héroïne va faire la connaissance du rusé mais non moins fourbe Nick, un goupil passé maître dans l’art de la filouterie. A deux, ils vont enquêter sur une mystérieuse disparition.

Pour mettre en scène cette histoire rocambolesque, les réalisateurs ont eu la bonne idée de prendre l’angle du buddy-movie. Le focus est mis sur notre duo aussi attachant que mal assorti. Un ressort comique éprouvé comme en témoignent les années 80, décennie de l’essor de ce genre particulier avec quelques comédies pas piquées des vers (la tétralogie «Lethal Weapon» pour s’en convaincre). Rythmé tel un bon polar avec enquête de terrain, fouilles, indices etc, «Zootopie» peut également se lire sur un deuxième niveau de lecture, plus adulte, avec son récit d’une rare acuité: tel un microcosme utopique avec ces animaux anthropomorphes, le film parle avant tout de notre société avec ses starlettes (Shakira en gazelle), sa bureaucratie, sa sphère médiatique, ses embrouilles politico-policières, ses déviances et autres dysfonctionnements, son vivre ensemble etc.

Pour en arriver là, notre paire de cinéastes part de l’éthologie et habille sa cité de façon hilarante. A tout hasard, retenons les paresseux qui officient comme fonctionnaires pour singer la lenteur légendaire de l’administration. Un gag universel qui donne lieu à une séquence d’anthologie. A coup sûr, elle fera date dans les annales de l’animation. Autre scène irrésistible, celle des animaux adeptes du naturisme ou quand Disney aborde frontalement la nudité dans son cinéma. C’est suffisamment rare que pour être souligné. Ceci montre que les mentalités changent, même chez Mickey, studio où le puritanisme est érigé en règle. Pendant de trop longues années, ce dernier ne s’est pas remis en question, se faisant d’ailleurs dépasser au début des années 2000 par le vilain petit canard DreamWorks (Shrek).


Prodigue en rebondissements, «Zootopie» s’affiche comme une comédie policière pleine d’audace boostée par un rythme soutenu et un humour désopilant. Outre une intrigue haletante se jouant en sus de quelques références bien senties à la pop culture (Breaking Bad, The Godfathers, Frozen, la pomme d’Apple devient une carotte…), il faut également mentionner la beauté de l’animation avec son character design soigné,  sa richesse visuelle foisonnante, ses graphismes de qualité et son inventivité folle. Résolument moderne et drôlement futé dans son approche, le film n’en n’oublie pas pour autant son zeste de morale bien-pensante - Disney oblige - qui pourrait se résumer par l’adage suivant: «l’habit ne fait pas le moine». Car si certains clichés et préjugés ont la peau dure, Judy et Nick se font un plaisir de les dégommer! 

Note: 
Critique: Professeur Grant

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