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dimanche 15 mai 2016

The Nice Guys


Los Angeles. Années 70. Deux détectives privés enquêtent sur le prétendu suicide d’une starlette. Malgré des méthodes pour le moins « originales », leurs investigations vont mettre à jour une conspiration impliquant des personnalités très haut placées…





Sorti exceptionnellement dimanche passé pour cause de primeur cannoise dans la catégorie hors compétition, «The Nice Guys» s’affiche d’emblée comme la bonne comédie du mois. En substance: Ryan Gosling et Russell Crowe dans un «buddy movie» qui fleure bon les 70’s. Sans surprise, Shane Black écrit et réalise. Pour rappel, l’homme est à l’origine de la tétralogie à succès «Lethal Weapon», sommet dans le genre des duos en apparence mal assortis, qui voyait le tandem Mel Gibson/Danny Glover s’attaquer à la pègre de la pire espèce.

La paire, ici, est donc incarnée par le Canadien et l’Australien susmentionnés. Le premier est un détective privé naïf et maladroit qui ne jure que par un semblant d’éthique. Le second, un homme de main bourru aux méthodes borderline qui chérit davantage le geste au verbe. L’un et l’autre vont se croiser sur une enquête d’un prétendu suicide d’une starlette dans un Los Angeles vintage. Nonobstant le très haut degré d’inaptitude de ces deux gougnafiers brindezingues, leurs investigations vont mettre à jour une conspiration impliquant des personnalités haut placées.

Le curseur est d’emblée placé sur le ton de la satire voire même de la parodie tant certaines situations invraisemblables tiennent du pastiche et renvoient à une manière de faire totalement décomplexée utilisée dans certaines séries b sorties dans les eighties, décennie qui a vu poindre çà et là des polars aux intrigues loufoques rehaussées de personnages «cool» plutôt bien croqués. Ici, la comédie se fait multiple: tantôt burlesque avec un comique de situation délirant, tantôt absurde avec des dialogues ciselés, sans oublier un humour noir corrosif des plus délectables. En outre, le réalisateur-scénariste se joue des premiers et seconds plans pour finalement offrir deux heures de bonne franche rigolade.

Mais pour que le buddy movie soit réussi, il doit se reposer sur deux comédiens irréprochables tant sur le plan de la crédibilité par rapport à leur personnage que sur la maîtrise de la vis comica. A ce niveau, le spectateur est particulièrement bien servi. Le duo Gosling/Crowe fait des merveilles. Une paire (d)éton(n)ante et explosive où le charme et le ridicule s’associent de façon inespérée. Un numéro hallucinant qui fait tout le sel de cette livraison printanière. Le duo se transformera par ailleurs en trio avec la présence de la jeune Angourie Rice, irrésistible et malicieuse dans la peau de la fille de Gosling. Une vraie révélation à suivre.

Il ne fait aucun doute, le metteur en scène de l’excellent «Kiss, Kiss, Bang, Bang» jongle avec les ficelles du genre et se joue des clichés non sans un certain plaisir communicatif: la trame rocambolesque, la voix-off blasée, l’ironie mordante, les rebondissements improbables, des méchants caricaturaux, une critique inoffensive du système (justice, crise automobile de Détroit) etc. En outre, ce dernier n’a pas son pareil pour dépeindre l’atmosphère funky et rétro de la Cité des Anges des seventies.

On voit bien, dès le premier plan, la jubilation du cinéaste de revenir sur ce terrain après s’être frotté au blockbuster et avoir fourni à la saga «Iron Man» un troisième épisode salvateur, lequel est parvenu à faire oublier un deuxième opus totalement raté. Cela dit, «The Nice Guys» n’est pas exempt de tout défaut. On se montrera d’ailleurs étonné que, venu d’un scénariste hors pair, le récit ne soit pas plus original que cela. Le scénario se repose même sur quelques facilités comme des concours de circonstance bienvenus pour faire avancer l’histoire (la fille kidnappée qui tombe du ciel et qui, comme par enchantement, atterrit sur la caisse des détectives).

Heureusement, par la grâce de répliques déjantées, d’un ton résolument décalé, d’un rythme soutenu, d’une bande originale démente, parfaite compile disco-funk en passant, de fulgurances démentielles (Gosling aux toilettes, le même, aviné, à la poursuite d’une sirène dans une party hollywoodienne, etc.) et d’une coolitude assumée, on fait fi de ce qui nous chatouille. Le résultat est décapant et mérite votre curiosité.

Note: 
Critique: Professeur Grant
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