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mercredi 22 juin 2016

Finding Dory




Dory, le poisson chirurgien bleu amnésique, retrouve ses amis Nemo et Marin. Tous trois se lancent à la recherche du passé de Dory. Pourra-t-elle retrouver ses souvenirs ? Qui sont ses parents ? Et où a-t-elle bien pu apprendre à parler la langue des baleines ?



Au Plat Pays, la météo est des plus capricieuses. Jusqu’ici, rien de nouveau sous le soleil. Du coup, pour tout bon Belge qui se respecte, le cinéma est perçu comme une « valeur  refuge » lorsque la drache s’invite au programme estival. Parmi les films à ne pas manquer cet été pour les jeunes pupilles, « Finding Dory », sequel de, on vous le donne en mille, « Finding Nemo ». Originalité cette fois-ci, ce n’est pas le petit poisson-clown à la nageoire atrophiée qui se paume dans le Grand Bleu mais sa copine poisson chirurgien souffrant d’amnésie, ou plutôt de « troubles de la mémoire immédiate ».

Pixar qui affirmait jadis ne jamais vouloir succomber à la facilité des suites (ah, la bonne blague), en déroule aujourd’hui à la pelle. « Les Indestructibles 2 », « Cars 3 » et « Toy Story 4 » sont  d’ores et déjà dans les cartons. Capable du meilleur (Inside Out) comme du pire (The Good Dinosaur), la société à la lampe bondissante ne jouit plus de l’aura artistique de ses débuts. Et ce second opus en est d’ailleurs le témoin privilégié.

Rétroactes. En 2003, toute la critique s’extasiait déjà devant « Le Monde de Nemo ». Nous, de notre côté, on n’a pas compris l’engouement de cette production nettement inférieure à « Toy Story » ou « Monsters Inc. » précédemment sortis. Du coup, on craignait un peu le nouveau plongeon dans l’océan d’Andrew Stanton, réalisateur sis dans le creux de la vague depuis l’incommensurable échec de « John Carter », qui a par ailleurs couté la place à l’ancien PDG de Disney.

Mickey qui, pour sa part, voyait d’un très bon œil cette suite à l’un des plus gros cartons de la maison d’Emeryville. Mais pour surfer sur la vague d’un premier succès, il faut avoir une idée de génie. Et justement, le génie fait défaut à cette commande qui se contente de répéter une trame connue de tous (la recherche de ses origines remplace la quête initiatique) où seuls les personnages secondaires (un poulpe transformiste bigarré, un requin-baleine myope, un béluga migraineux) et le décor (un parc aquatique en lieu et place de l’aquarium) changent. Mais à force de vouloir absolument tirer sur le filon, la magie n’opère plus.

Ce « Monde de Dory » manque d’idées, d’audace, de créativité et apparaît finalement sans éclat. Même le savoir-faire technique ne brille pas autant que sur les autres productions estampillées Pixar. Seule l’animation de l’eau épate, exercice difficile s’il en est, pour le reste, on baigne en terrain connu. Par ailleurs, l’humour y est moins subtil avec une flopée de gags lourdauds qui n’arrivent pas à nous écorcher le moindre sourire tandis que le recours aux émotions est tellement fabriqué que cela en devient presque trop facile.

Cette facilité, on la déplore jusque dans les rebondissements, artificiels, répétitifs et toujours plus débiles les uns que les autres. Certaines péripéties frisent d’ailleurs le ridicule  comme le climax loufoque de l’évasion du centre océanographique avec une course-poursuite débridée aussi rocambolesque que gratuite. A force de vouloir booster à tout prix son métrage avec un rythme primesautier épuisant, Stanton ne parvient pas à tempérer ses ardeurs et l’ensemble finit par devenir indigeste voire même abscons.


Moins drôle et surtout moins ambitieux, ce spin-off tiédasse sans grande inspiration n’atteint pas la dimension initiatique, ni l’ampleur émotionnelle de l’épisode originel. En somme, loin d’être « Unforgettable », comme s’époumone la chanteuse Sia à l’heure du générique de fin (à voir jusqu’au bout pour apprécier une scène que les aficionados du premier volet adoreront). Dory méritait un bien meilleur film solo. Dommage. 

Note: 
Critique: Professeur Grant

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