mercredi 5 octobre 2016

Nerve

Vee, étudiante modèle, ne veut plus être une fille insipide et transparente. Entraînée par ses amis, elle s'inscrit sur le très populaire jeu en ligne NERVE. Les spectateurs y paient pour assister aux défis lancés aux participants. Avec, à la clé : fortune et gloire éternelle. Vee se dit que relever un petit défi n'est pas la mer à boire. Mais au moment où les spectateurs la poussent dans les bras du bel Ian, elle se jette à corps perdu dans ce jeu grisant et relève des défis de plus en plus risqués. Le jeu prend alors une sinistre tournure : elle perd tout contrôle et son avenir est remis en jeu. C'est désormais quitte ou double...





Une fois son style visuel embrassé (les images fluorescentes de 'Nerve' pourraient tenir en éveil des personnes soufrant de narcolepsie aiguë... enfin presque), 'Nerve' vous embarque dans une virée dont vous ne sortirez pas indemne. Sortie de route ou sortie des sentiers battus ?

'Nerve' s'adresse principalement à l'adolescent-e écran-tactile-capacitif-à-la-main. En dépit de quelques répliques mielleuses, le film n'essaierait-il pas de faire passer un message subtil ? Oui. Le film opère-t-il les bons choix ? Pas toujours. Les spectateurs doivent ainsi se farcir des personnages clichés en veux-tu en voilà pendant un peu plus d'une heure-trente. Atypique, le film mettra vos nerfs en boule en évitant soigneusement toute prévisibilité. Incohérences ? Regardez-y a deux fois.

Henry Joost et Ariel Schulman (les jeunes réalisateurs derrière 'Paranormal Activity 3' et sa séquelle) dirigent Emma Roberts et Dave Franco. L'alchimie opère dès leur rencontre à l'écran. Habitué aux seconds rôles ('Neighbors', 'Now You See Me', '21 Jump Street'), le frère cadet de James Franco tient ici son premier rôle en haut de l'affiche. Emma Roberts n'en est quant à elle plus à ses débuts ('Palo Alto', 'We're the Millers', 'Scream 4', 'The Winning Season'). Emily Meade ('Money Monster') relève le défi le plus fou avec une scène des plus osées.

Basé sur le roman pour adulescents de Jeanne Ryan, 'Nerve' connaît bien ses classiques. À l'instar du roman de Virginia Woolf ('To the Lighthouse') – qu'on aperçoit brièvement – l'intrigue est pour ainsi dire secondaire. Ce qui prime, selon nous, est l'introspection philosophique. Complexité des relations humaines, nouvelles technologies, quête de célébrité et de reconnaissance par ses pairs, « online trolling », etc : tous ces sous-thèmes sont autant de pièces à assembler afin de former le puzzle qu'est 'Nerve'.

'Nerve' peut se résumer à une partie « d'action ou vérité », l'option « vérité » en moins. Et quelle partie ! De par sa généreuse dose d'adrénaline (toute l'action est concentrée en un même soir), 'Nerve' est plutôt électrisant.

Afin de retranscrire au mieux l'interactivité du monde virtuel, l'écran se voit remplir de messages, d'alertes, de notifications et autres trouvailles visuelles. Ces créations accentuent le côté réaliste de la mise en scène. De plus, certains plans à la première personne façon FPS (comprenez « first person shooter ») renforcent l'identification aux héros. Cela a pour conséquence directe d'augmenter le stress ressenti pendant les épreuves à risques. Même s'il n'existe pas (quoique), 'Nerve' est crédible à l'heure où beaucoup d'ados partent à la chasse aux Pokémon après les devoirs.

'Nerve' parlera certainement à la génération digitale. Le film est d'ailleurs bien plus tourné vers cette dernière que les autres films du même genre.

L'anxiété traitée à l'écran (regarder ou participer ?) permet de dresser une critique sévère d'une société voyeuriste et d'une culture obsédée par les réseaux sociaux et son lot de gestes virtuels a priori anodins. Et puis, il y a aussi une réflexion sur l’appât du gain, le nerf de la guerre.

Visuellement unique avec son environnement gorgé de néons, doublé d'un jeu efficace ainsi que d'une certaine imprévisibilité, 'Nerve' vous réserve quelques bonnes surprises si vous pensez encore avoir affaire à un petit film de série z sans prétention. Êtes-vous un-e «joueur-euse» ou un-e «voyeur-euse» ? Nous le saurez en regardant 'Nerve'. Sur ces mots, la rédaction de cinephages.com vous lance un défi : celui de vous éloigner de votre ordinateur/mobile/tablette le temps d'une balade.


Note : 
Critique : Goupil

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