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mercredi 26 octobre 2016

Sing Street

Dublin, années 80. La pop, le rock, le métal, la new wave passent en boucle sur les lecteurs K7, vibrent dans les écouteurs des walkmans. Conor, un lycéen dont les parents sont au bord du divorce, est obligé à contrecœur de rejoindre les bancs de l'école publique. Il se retrouve au milieu d'élèves turbulents qui le malmènent et de professeurs exigeants qui lui font rapidement comprendre qu'en tant que petit nouveau, il va devoir filer doux. Pour s'échapper de cet univers violent, il n'a qu'un objectif : impressionner la plus jolie fille du quartier, la mystérieuse Raphina.





Les films de John Carney ('Begin Again', 'Once', etc) sont très souvent décrits comme des films euphorisants et tristes à la fois. Son dernier film déroge-t-il à la règle ?

Avant la crise économique actuelle, deux autres crises marquèrent l'Irlande : une première dans les années 1920s et une deuxième entre 1970s et 1990s. C'est sur fond de la seconde crise que s'installe l'intrigue. Filmé entièrement à Dublin, le film – remarqué lors de son passage aux festivals (Nashville, Deauville) – donne une voix à une histoire singulière.

Ceci n'est pas un film, c'est un concentré d'audace, d'humanité, d’allégresse mais pas seulement. Il y est aussi question d'adversité. En effet, 'Sing Street', donne la parole aux laissés-pour-compte, aux exclus, à ceux qui ne rentrent jamais dans le rang. Le film retrace une belle histoire d'amitié, de fraternité et d'amour. Croire en son destin et mettre toutes les chances de son côté dans la poursuite d'un rêve, tels sont les conseils figurant sur la partition de 'Sing Street'.

Non content de nous charmer musicalement parlant avec sa BO d'enfer, 'Sing Street' offre un bond dans le passé avec ses costumes, coupes de cheveux, voitures, et autres papier peints qui fleurent bon les « eighties ».

Le duo Ferdia Walsh-Peelo & Lucy Boynton ('Coperhead', la jeune Beatrix Potter dans 'Miss Potter') fait des merveilles. Dans 'A Star Is Born', Judy Garland donnait ses traits à Esther Blodgett, une jeune actrice qui connaîtra une ascension triomphale. C'est un peu ce que l'on souhaite à Lucy Boynton tant elle crève l'écran dans le rôle de Raphina, la muse de Conor (le leader du groupe). Le reste de la bande, malgré une moyenne d'âge bougrement basse, reste crédible tant dans les phases désopilantes que dans celles sérieuses. L'alchimie que parvient à atteindre ce jeune casting force le respect. Maria Doyle Kennedy apporte ses traits familiers ainsi que son talent à l'ensemble.

Dans 'Sing Street', la musique est une échappatoire. Échappatoire qui se veut dans un premier temps récréative avant de se réaliser pleinement. Accorder une chance à 'Sing Street' vous transportera aux premières loges d'une aventure que vous n'oublierez pas de sitôt.

Avec ses vidéoclips ressemblant à des vidéos « home-made », sa musique électrisante, cette ode à la créativité qu'est 'Sing Street' envoie des « feel-good vibes » à tout bout de champ. Cela est certainement en partie dû aux chansons de Duran Duran, The Cure, Hall & Oates, etc. Le tout forme ainsi une compilation réussie, un film coup de cœur dont il serait dommage de se priver.

Note :
Critique : Goupil

Autre critique, autre point de vue: Sing Steet vu par le Professeur Grant

Mine de rien, au fil de ses longs métrages, John Carney construit une filmographie plutôt cohérente. Le musicien qu’il est aime le cinéma. Et le réalisateur qu’il est devenu adore toujours autant la musique. Deux passions qui sautent aux yeux à travers tous les plans de ses films. Après les belles surprises « Once » et « Begin Again », l’Irlandais revient avec une nouvelle chronique socio-musicale, laquelle est précédée d’une belle réputation recueillie durant sa tournée des festivals.

Dans « Sing Street », le metteur en scène plonge dans ses souvenirs de jeunesse pour raconter le Dublin du mitan des eigthies. Conor, ado mal dans sa peau, sort de son environnement déprimant (divorce des parents, nouvelle école publique infernale) en se lançant une gageure : plaire à la belle du quartier en lui proposant de jouer dans le clip musical de son groupe. Elle dit oui. Il est aux anges. Le hic, c’est que le jouvenceau n’a pas de… groupe.
En suivant les aventures de ce jeune Irlandais, on traverse toute une période. On s’amuse des différents looks arborés par le protagoniste qui se cherche un style (musical, capillaire, vestimentaire…) et on s’étonne du fossé entre les images colorées des clips new wave et la réalité grisonnante d’un Dublin fortement marqué par une conjoncture économique difficile. C’est là toute la force de la mise en scène de Carney qui parvient à capter une époque tout en ne laissant pas filer sa fiction en pilotage automatique.
Frais dans ses numéraux musicaux et sincère lorsqu’il dépeint une famille en crise (excellente distribution au passage), « Sing Street » séduit aussi et surtout par sa bande-son qui prend un malin plaisir à pasticher certaines formations comme les Duran Duran, The Cure etc. Habile, John Carney fait montre à l’écran d’un sens du montage rigoureux. Ainsi, l’image est accompagnée par des chansons dont le rythme confère à la narration une pétulance qui ne faiblit pas.
Notre mélomane trousse un feel-good movie galvanisant, presque sans fausse note. Désopilant, punchy et tendre, ce concentré de bonheur n’évite toutefois pas les violons et les émotions faciles. On regrettera également un scénario particulièrement téléphoné. Spontané à défaut d’être original, charmant même si parfois dégoulinant, « Sing Street » détient suffisamment de bonnes vibrations pour affronter la sinistrose ambiante. Jubilatoire et même entêtant !
Note:
Critique: Professeur Grant

Bonus round

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