jeudi 29 septembre 2016

Miss Peregrine's Home for Peculiar Children



À la mort de son grand-père, Jacob découvre les indices et l’existence d’un monde mystérieux qui le mène dans un lieu magique : la Maison de Miss Peregrine pour Enfants Particuliers. Mais le mystère et le danger s’amplifient quand il apprend à connaître les résidents, leurs étranges pouvoirs …  et leurs puissants ennemis. Finalement, Jacob découvre que seule sa propre "particularité" peut sauver ses nouveaux amis.








Pas de Johnny Depp à l’écran. Absence de Danny Elfman à la baguette. Et pourtant, nous sommes bien face au nouveau film de Tim Burton. Le conte fantastique « Miss Peregrine’s Home for Peculiar Children », adapté du roman éponyme de Ransom Riggs, matériau idoine pour l’univers fantasmagorique du célèbre cinéaste hirsute, raconte en substance les aventures d’un adolescent qui, à la mort de son grand-père, part à la découverte d’un monde mystérieux, l’orphelinat pour enfants particuliers que tient l’intrigante Miss Peregrine.
A la croisée des chemins entre « Lemony Snicket's A Series of Unfortunate Events », la saga « Harry Potter » et la franchise « X-Men », ce métrage tente malgré tout de s’écarter des sillages balisés pour tracer sa propre voie. Le metteur en scène n’oubliant pas au passage de rendre quelques hommages bienvenus, que ce soit à sa propre personne (les maisons identiques de « Edward Scissorhands »), ou à des artistes qu’il affectionne (la bataille des squelettes rappelant le « Jason and The Argonauts » du concepteur d’effets spéciaux Ray Harryhausen).
On y retrouve ses obsessions, son imagerie, sa poésie et son humour aussi. D’emblée, le réalisateur se joue du spectateur avec un générique sombre et effrayant coupé net par un plan sur un supermarché inoffensif écrasé sous le soleil pétant de Floride. Comme pour nous signifier que l’horreur se trouve davantage dans ce quotidien absurde où notre héros, en train de ranger du papier hygiénique, doit subir les railleries de ses camarades. Pour Tim Burton, l’échappatoire est claire : le merveilleux. Et voilà le protagoniste parti dans un tourbillon d’aventures fantastiques sur fond de voyage temporel.
Pour interpréter la figure héroïque, le metteur en scène a fait appel à Asa Butterfield. D’ordinaire convaincant (Hugo, de Martin Scorsese), le jeune comédien se montre ici très peu inspiré par le rôle. Il se loupe complètement. Fade, effacé et beaucoup trop lisse, ce dernier peine à retranscrire les émotions. Heureusement, en face, des acteurs confirmés de très haute voltige s’illustrent: Eva Green est extraordinaire tandis que Samuel Lee Jackson cabotine fabuleusement. Par contre, on se demandera encore longtemps ce que Judi Dench, expédiée en deux scènes - crime de lèse-majesté s’il en est ! -, vient faire dans l’histoire…
Si le divertissement familial est intact et ce nonobstant les deux heures de projection, le cinéphile regrettera que l’efficacité du producteur prenne le pas sur la singularité de l’esthète. On a comme l’impression que le cinéaste explore de moins en moins son imaginaire, surfe de plus en plus sur ses acquis et questionne moins son art que son potentiel commercial afin de séduire le plus grand nombre. On en veut pour preuve l’aseptisation de ses films, globalement moins sombres, plus démonstratifs et beaucoup trop rythmés que pour parfaire une quelconque atmosphère. Le recours au numérique ternit également la pellicule. Ainsi, le charme n’opère que d’inégale manière.
Tantôt un rien effroyable pour les jeunes pupilles, tantôt un brin gentillet et naïf que pour séduire totalement les adultes, le scénario joue sur deux tableaux sans totalement convaincre. Le cul entre deux chaises, Burton est semble-t-il tiraillé entre ses impulsions les plus « dark » et son irrésistible envie de s’adresser aux plus jeunes depuis qu’il a cartonné avec « Charlie and the Chocolate Factory ». In fine, on lui pardonnera assez vite cette indétermination pour ne retenir que les séquences somptueuses issues du génie visuel de l’auteur de « Big Fish » comme la découverte de l’épave dans les abysses ou encore le combat des poupées vivantes.


Note:

Critique: Professeur Grant

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