mercredi 5 octobre 2016

Pete's Dragon



Depuis de longues années, M. Meacham, un vieux sculpteur sur bois, régale les enfants du coin avec ses histoires sur un féroce dragon qui vivrait au plus profond de la forêt voisine. Pour sa fille Grace, garde forestière de son état, tout ceci n’est que contes à dormir debout… jusqu’au jour où elle fait connaissance avec Peter. Ce mystérieux petit garçon de 10 ans - qui dit n’avoir ni famille ni foyer - assure qu’il vit dans les bois avec un dragon géant baptisé Elliott. Et la description qu’il en fait correspond étonnamment à celui dont parle son père… Avec l’aide de la jeune Natalie - la fille de Jack, le propriétaire de la scierie -, Grace va tout mettre en oeuvre pour découvrir qui est vraiment Peter, d’où il vient, et percer le secret de son incroyable histoire…










Oubliez l’œuvre originale de 1978, « Pete’s Dragon » version 2016 n’a strictement rien à voir si ce n’est ses deux protagonistes principaux, le lézard volant prénommé Elliott et l’orphelin « Peter » en français. Pour le reste, tout est neuf. Variation sur le thème de l’amitié entre une créature fantastique et un enfant devenu sauvage, ce nouveau Disney est une véritable petite surprise. On ne va pas se mentir, on ne misait pas un kopeck sur cette production familiale au regard de la bande-annonce. Et pourtant, le film de David Lowery (Ain’t Them Bodies Saints) surprend à plus d’un égard.
Première bonne idée : avoir confié la mise en scène à un auteur, soit une personne capable d’injecter de la poésie dans les images, de donner du sens à un plan et à produire une œuvre suffisamment artistique que pour intriguer l’œil cinéphilique. Questionnant constamment ses placements de caméra, le cinéaste parvient à donner un souffle épique à ses scènes d’action (le final), à faire naître les émotions lors des moments intimes (la séquence d’ouverture, déchirante), à émerveiller lors des envolées lyriques. Sa réalisation est brillante et contraste fortement avec ce que nous produit d’ordinaire le studio de Mickey dans sa filmo de seconde zone.
Deuxième bon point : le casting trois étoiles. Avec sa distribution aux petits oignons où chacun y va de ses yeux les plus écarquillés, des plus petits et novices comédiens (les jeunes Oakes Fegley et Oona Laurence) aux acteurs confirmés (Bryce Dallas Howard et Karl Urban pour ne citer qu’eux), tous excellent et arrivent à nous faire croire à cette relation particulière qui se crée entre les deux héros. Et puis, que c’était bien vu d’avoir confié le rôle du vieux sage conteur d’histoire à Robert Redford, qu’on peut facilement imaginer comme le Peter vieillissant de la version des années 70. Si, si !
Troisième belle surprise : des effets spéciaux pico bello. L’animation numérique du dragon est extraordinaire. Le grand écran s’efface pour nous immerger au cœur de ce conte fantastique. Les images de synthèse usinés chez Weta Digital (The Lord of The Rings) s’incrustent de formidable manière aux décors néo-zélandais et nous font croire à l’incroyable grâce à une mise en scène viscérale et précise. Aucune fausse note ne vient troubler le regard même lorsque le dragon use de sa technique « caméléon » pour devenir invisible aux yeux des humains. Là encore, la maison aux grandes oreilles semble n’avoir rien laissé au hasard.
Par contre, là où le bât blesse, c’est sur le plan scénaristique. On ne peut pas vraiment affirmer que les scénaristes se soient creusés les méninges. Tout y est beaucoup trop conventionnel et ordinaire que pour marquer l’esprit du spectateur qui aura tôt fait de deviner la suite des péripéties de Peter et Elliott. Si le récit n’est pas d’une folle originalité, on se montre par contre nettement plus enthousiaste sur le ton mélancolique adopté ainsi que sur cette atmosphère eigthies qui plane sur le métrage rappelant, à bien des égards, les productions Amblin (E.T., The Goonies…). La nostalgie et le merveilleux fonctionnent alors à plein régime et offrent in fine un divertissement familial de très bonne tenue.


Note:

Critique: Professeur Grant

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