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mercredi 24 août 2016

War Dogs


Deux copains âgés d'une vingtaine d'années vivant à Miami Beach à l'époque de la guerre en Irak, profitent d'un dispositif méconnu du gouvernement fédéral, permettant à de petites entreprises de répondre à des appels d'offres de l'armée américaine. Si leurs débuts sont modestes, ils ne tardent pas à empocher de grosses sommes d'argent et à mener la grande vie. Mais les deux amis sont totalement dépassés par les événements lorsqu'ils décrochent un contrat de 300 millions de dollars destiné à armer les soldats afghans. Car, pour honorer leurs obligations, ils doivent entrer en contact avec des individus très peu recommandables… dont certains font partie du gouvernement américain…




Improbable. Et pourtant. L’intrigue de « War Dogs » est « basée sur une histoire vraie » comme le dit la formule consacrée. Rétroactes. Nous sommes en pleine guerre en Irak, celle de George W. Bush. Deux amis d’enfance profitent d’un dispositif méconnu du gouvernement américain permettant à de petites entreprises de répondre à des appels d’offres d’armement de l’armée. Très vite, ils empochent de grosses sommes d’argent et mènent la belle vie. Mais notre duo est complètement dépassé par les événements lorsqu’il décroche un contrat de 300 millions de dollars destiné à équiper les soldats afghans. Car, pour honorer leurs obligations, ce dernier doit entrer en contact avec des individus très peu recommandables…

Après une série de comédies potaches à succès (la trilogie Hangover, Due Date, Old School), Todd Phillips s’attaque à un sujet bien plus chaud, soit l’addiction de l’Amérique à la guerre, ce qui lui permet de se frotter à un genre qu’il ne connait pas : la comédie caustique. Sur un ton cynique, le réalisateur part donc en croisade contre l’économie florissante de la guerre avec son lot d’anecdotes à peine croyables. A ce titre, le scénario se montre édifiant. Dommage toutefois qu’il ne soit pas davantage documenté. Phillips et ses scénaristes se contentant d’ellipses à des moments où des explications auraient été plus judicieuses. Si on comprend bien l’idée que se fournir en arme est d’une facilité confondante, on aurait aimé en savoir plus sur les dessous du blanchiment d’armes.

A contrario, le récit fait la part belle aux deux protagonistes. Ainsi, le metteur en scène met en valeur le talent immense de son tandem d’acteurs. A ma droite, Jonah Hill. Ses faits d’armes : « The Wolf of Wall Street » ou encore « Moneyball ». « Hénaurme » dans tous les sens du terme, il bouffe littéralement tous les plans par sa présence et son magnétisme. Son rire de castra restera encore longtemps encré dans les mémoires. A ma gauche, Miles Teller, révélé par « Whiplash » et « Rabbit Hole ». Ce dernier ne se laisse pas écraser par l’abattage impressionnant de son compagnon de jeu et crève lui aussi l’écran en « monsieur tout le monde » dépassé par les événements.
Par ailleurs, notre paire de chiens de guerre performe sur une bande originale que n’aurait pas reniée Martin Scorsese tandis que l’ambiance sonore est assurée par une partition sans fausse note de l’illustre compositeur Cliff Martinez. Si la mise en scène de Todd Phillips n’atteint pas l’envergure de celle du néo-zélandais Andrew Niccol, auteur du flamboyant « Lord of War » avec Nicolas Cage, modèle du genre et inspiration semble-t-il avouée de l’Américain, son sens du montage fait mouche et assure une cadence qui empêche le spectateur de s’ennuyer. Si on l’aurait aimé plus fouillé, plus impertinent, plus incisif aussi, ce « War Dogs » a suffisamment de qualités que pour mériter votre intérêt. Recommandable.
Note:

Critique: Professeur Grant

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