samedi 24 décembre 2016

Westworld

A Westworld, un parc d'attractions dernier cri, les visiteurs paient des fortunes (40,000$/ jour) pour revivre le frisson de la conquête de l'Ouest. Dolores, Teddy et bien d'autres sont des androïdes à l'apparence humaine créés pour offrir du dépaysement aux clients. Pour ces derniers, Westworld est l'occasion de laisser libre-cours à leurs fantasmes. Cet univers bien huilé est mis en péril lorsqu'à la suite d'une mise à jour, quelques robots commencent à adopter des comportements imprévisibles, voire erratiques. En coulisses, l'équipe, qui tire les ficelles de ce monde alternatif, s'inquiète de ces incidents de plus en plus nombreux. Les enjeux du programme Westworld étant énormes, la Direction ne peut se permettre une mauvaise publicité qui ferait fuir ses clients.


Far West, Moyen-Âge, Temps Romains. Voilà comment était divisé le parc à l'origine. De quel parc parlons-nous ? De celui imaginé par Michael Crichton (l'homme derrière la série 'E.R.' et le roman 'Jurassic Park' – pour ne citer que ces deux-là). En 1973, il portait à l'écran un scénario original répondant au doux nom de 'Westworld' ('Mondwest' en VF). Yul Brynner y incarnait le terrifiant « Man In Black ». Une pré-figure au Terminator. Un personnage qui par sa force n'est pas sans rappeler le Green Knight de la légende Arthurienne. 43 ans après, le matériel se voit altéré, transformé et sublimé.

Au terme du dixième épisode de la première saison (la deuxième saison est prévue pour 2018), nos deux mains s'élèvent comme pour tenter de rattraper notre mâchoire inférieure dans sa chute. Un jawdrop carrément imparable pour tou-te-s celles et ceux qui se lanceront dans l'aventure. L'épisode 10, avec plus d'un twist dans ses plans, nous laisse pantois ! À tel point que le film tient difficilement la comparaison. Certes, le matériel original est toujours là (parc de robots, cycle jour/ nuit et à l'aube, les équipes nettoient la ville, etc), mais la réflexion est beaucoup plus poussée. Ce n'est plus un mais dix cerveaux qui ont élaboré ce labyrinthe géant qu'est 'Westworld'. Parmi eux, il y a un certain Jonathan Nolan… frère d'un célèbre réalisateur.

La série nous balade sans difficulté (bien qu'ayant vu le film de Crichton). Nous voilà donc, pauvres spectateurs que nous sommes – habitué à des séries plus gentillettes (ne nous lancez pas sur les séries de super-héros…) – au beau milieu d'un casse-tête rudement bien élaboré (attention aux anagrammes et autres indices). La musique de Ramin Djawadi ('Game of Thrones') accompagne fichtrement bien l'ensemble et fait la part belle à quelques reprises (The Animals, Radiohead, The Rolling Stones, etc). Le thème principal est juste somptueux.

Si cela s'arrêtait là, 'Westworld' – cette série ambitieuse – vaudrait déjà le détour. La série va cependant plus loin et sort du paysage télévisuel habituel. Les acteurs semblent comme transformés par leur performance. On pense à Evan Rachel Wood (sublime), Jeffrey Wright (magistral) et Jimmi Simpson (épatant). Il en va de même pour Thandie Newton (remarquable) et James Mardsen (admirable). TOUS méritent un Golden Globe tant leur prestation force le respect. Beaucoup passent de l'impassibilité aux larmes en moins de temps qu'il ne le faut pour le dire. Bluffant ! D'autres, aidés par leur expérience de dinosaure, apportent beaucoup de subtilité. Ed Harris & Anthony Hopkins sont tout bonnement grandioses. Ils méritent toute la reconnaissance du public pour avoir porté à l'écran des personnages qui traverseront sans aucun doute le temps. Chapeau bas, Messieurs.

Pluie de références (au film original, à Lewis Carroll, à Shakespeare, à Kurt Vonnegut, à Jesse James, à 'Jurassic Park', à 'Once Upon a Time in the West', etc), performances remarquables, décors à s'en damner, quelques questions laissées sans réponse (Qui est Wyatt?), etc. : tous ces éléments font de 'Westworld' une série ébouriffante. Nous n'avions plus vu une série aussi prenante depuis 2004… début de la diffusion de 'Lost'. Plaudite cives !
Vous n'avez pas encore commencé 'WW' ? Mais à quelle époque vivez-vous ?

Goupil

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