vendredi 6 janvier 2017

American Pastoral

A la fin des années soixante, Seymour Levov, un riche homme d'affaires, est marié à une très belle femme et mène une existence paisible... jusqu'au jour où sa fille devient une militante pacifiste contre la guerre du Vietnam et fait exploser un bureau de poste. 





N'allez pas voir 'American Pastoral' si vous comptez avoir des enfants ou si l'éducation de vos enfants n'est pas terminée. Si malgré cette mise en garde, vous décidez tout de même d'aller voir le film, un télescopage d'émotions vous attend. Explications.
Ne vous méprenez pas, 'American Pastoral' est réussi. La vision du film s'accompagne cependant d'un presque-trauma émotionnel.

Seymour « Swede » Levov (McGregor) avait tout pour lui : capitaine de l'équipe de football, vétéran de la Marine, fils à papa, mari d'une « reine de beauté » (Jennifer Connelly), gérant de la fabrique de gants de son père, et papa dévoué. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu'à ce que les rêves et autres aspirations liés à la période de l'après-guerre se voient décimés par le Vietnam. Swede va voir sa fille (Dakota Fanning) s'éloigner de lui et de sa femme. Le cycle de la vie, nous direz-vous. Gagner en indépendance, couper le cordon, etc. Des étapes nécessaires dans la quête d'une identité. À ceci près que malgré toutes les bonnes volontés de ses parents, la fille du couple vedette va se radicaliser. Elle va trouver refuge dans le fanatisme politique d'un mouvement antiguerre. « Bringing the war home », avait pour objectif ce groupuscule. Si ce drame familial effraie, c'est assurément un gage de réussite.

Bien que 'American Pastoral' ne déçoit pas, nous ne pouvons que regretter la vision d'une bande-annonce (agrémentée de la sublime musique 'Mad World') plutôt trompeuse. D'aucuns reprocheront aussi un adaptation trop simpliste du roman éponyme de Philip Roth, pour lequel il remporta le prix Pulitzer en 1998. N'oublions cependant pas que le bouquin a longtemps été jugé comme étant inadaptable.

Mis à part ces faiblesses, la réalisation est sublime de bout en bout. L'histoire puissante trouve son égal dans un rythme narratif soutenu. La narration – quasi chuchotée – nous briefe sur les tenants et les aboutissants. En outre, l'attention aux détails de l'époque force le respect.

Nonobstant une moralité sombre, les qualités du film ne sont aucunement ternies. Un grand réalisateur est né en la personne d'Ewan McGregor ! Peu importe le côté de la caméra, il nous tarde de revoir ce brillant acteur/réalisateur.

Note :
Critique : Goupil
Relecture : Choupette

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