vendredi 27 janvier 2017

Dode Hoek



Un flic raciste en fin de carrière, soutenant les thèses du parti d’extrême droite, envisage de se lancer en politique à Anvers. Avant cela, sa dernière enquête, qui l’entraîne à Charleroi, l’amène à remettre en questions ses plus profondes certitudes.








Pour son troisième film après le fort sympathique « Les Barons » et la belle surprise « La Marche », Nabil Ben Yadir plonge dans le cinéma de genre, à savoir le polar, avec « Dode Hoek / Angle Mort », un long métrage à la fois flamand, wallon et bruxellois. Bref, un film belgo-belge qui porte fièrement ses couleurs noir-jaune-rouge.
A l’instar de son compatriote namurois Lucas Belvaux avec son prochain « Chez Nous » qui évoque le Front National de Marine Le Pen, le Molenbeekois se frotte au mouvement populiste avec l’histoire d’un commissaire intransigeant réputé « Monsieur Tolérance Zéro ». Ce dernier suscite l’émoi lorsqu’il annonce sa démission pour rejoindre un parti d’extrême droite comme figure de proue pour les futures élections.

Lors de son dernier jour au sein de la brigade des stups, il entreprend un dernier coup de filet qui tourne mal et déclenche une suite d’événements imprévisibles et incontrôlables. Tourné en plein cœur du triangle ABC, (lire Anvers-Bruxelles-Charleroi), le réalisateur embarque le spectateur dans un thriller haletant aux accents politiques.
A l’écran, Peter Van den Begin livre une prestation magistrale dans la peau de ce flic ripoux aux méthodes douteuses. Sa performance hallucinante parvient à rendre le protagoniste aussi détestable qu’intriguant. A ses côtés, on retrouve d’autres têtes bien connues du cinéma belge comme Jan Decleir, David Murgia ou encore la révélation Soufiane Chilah, déjà vu dans « Black » l’an dernier.
Filmé sans temps mort avec une intrigue qui file à toute vitesse, « Dode Hoek » captive grâce à une mise en scène maîtrisée et efficace. Du moins, jusqu’au dernier tiers. A ce moment, le scénario part complètement en vrille avec des incohérences à foison, des situations peu crédibles ainsi qu’une série de maladresses que n’arrive pas à occulter une réalisation devenue fébrile.
Que s’est-il passé ? Nabil Ben Yadir a complètement perdu la conduite de son métrage. Entre un accident de la route brouillon et confus, une explosion illogique en termes d’unité de lieu et un final totalement invraisemblable, le film perd sa structure narrative et le spectateur avec. Dommage car tout commençait bien.

Note: ★★★
Critique: Professeur Grant

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