samedi 4 mars 2017

Lion


Une incroyable histoire vraie : à 5 ans, Saroo se retrouve seul dans un train traversant l’Inde qui l’emmène malgré lui à des milliers de kilomètres de sa famille. Perdu, le petit garçon doit apprendre à survivre seul dans l’immense ville de Calcutta. Après des mois d’errance, il est recueilli dans un orphelinat et adopté par un couple d’Australiens.
25 ans plus tard, Saroo est devenu un véritable Australien, mais il pense toujours à sa famille en Inde.






Vendu abusivement comme « Le nouveau Slumdog Millionaire », « Lion » est aussi proche de son prédécesseur que Mercure de Neptune. Il faut se rendre à l’évidence, certains scribouillards ne savent plus quoi inventer pour transmettre leur enthousiasme. Quitte à flagorner avec des inepties et ce pour le plus grand bonheur des équipes marketing censées vous jeter de la poudre aux yeux. Un petit Indien « so cute », une aventure humaine impossible, un ton résolument « feel-good », Dev Patel à l’écran… il n’en faut pas davantage pour que d’aucuns y voient donc « Le nouveau Slumdog Millionaire ».

Bref, il convient d’ignorer ce raccourci bancal et y voir plutôt un long métrage singulier basé sur une histoire vraie. Celle de Saroo Brierley. A 5 ans, perdu dans les rues interlopes de Calcutta, à plusieurs milliers de kilomètres de chez lui, il est finalement adopté par un couple d’Australiens. Vingt-cinq ans plus tard, en Tasmanie, ce dernier part à la recherche de ses racines. Armé de quelques rares souvenances et d’une inébranlable détermination, celui-ci commence à parcourir des photos satellites sur Google Earth, dans l’espoir de reconnaître son village natal. Mais peut-on imaginer retrouver sa famille dans un pays d’un milliard d’habitants ?

« Lion » embarque d’emblée le spectateur dans une odyssée initiatique sensible portée par le charme du jeune Sunny Pawar, haut comme trois pommes mais au talent bien plus grand. D’une expressivité dingue, ce dernier brille devant la caméra de Garth Davis. A star is born ? Le temps nous le dira. Nonobstant une mise en scène classique mais au diapason d’un scénario savamment charpenté entre le passé et le présent, le réalisateur parvient à capter la force romanesque et la puissance émotionnelle de ce récit incroyable à haute charge lacrymale. Ames sensibles, vous voilà prévenues. Cela émis, le cinéaste évite pudiquement la sensiblerie niaise autant que l’effet tire-larmes gratuit.

Mélodrame bouleversant et résolument optimiste, « Lion » peut également se voir comme un conte moderne et solaire, impression amplifiée par la somptueuse photographie de Greig Fraser, récemment nommé aux Oscars. Par ailleurs, l’Académie a également mis en lumière l’extraordinaire composition musicale du tandem Dustin O’Halloran / Hauschka, un score à écouter encore et encore pour les amateurs de musiques de films. Si certains choix nous titillent (quelques lenteurs, personnages secondaires sacrifiés, récit un peu trop lisse…), l’ensemble n’en reste pas moins un très beau drame qui donne envie de croire à l’incroyable.

Note:
Critique: Professeur Grant

Aucun commentaire:

Publier un commentaire