vendredi 14 juillet 2017

Glow

Los Angeles, années 1980 : une bande de marginales se réinvente et devient les Gorgeous Ladies of Wrestling. Une comédie de l'équipe de "Orange Is the New Black".



Délicieusement vintage, “Glow” - la dernière née de chez Netflix - réussit là où le catch ne peut faire illusion : la série est tout l’inverse d’un sport/divertissement arrangé, chiqué et prévisible. D’un côté, nous avons les séries qui tirent un peu trop sur la corde, de l’autre “GLOW” (Gorgeous Ladies of Wrestling), une série qui - sous ses faux airs de série B - pourrait vous convaincre de sauter le pas Netflix (si ce n’est déjà fait).

Si la série - basée sur un vieux feuilleton diffusé en 1986 - a tout pour plaire à la gent masculine (un look retro, des femmes très peu vêtues et du catch) elle ne s’adresse pas qu’à ces messieurs. Que du contraire ! Trompeuse, la dernière série de Netflix ? Ni vulgaire, ni sexiste, “Glow” nous prend à contre-pied. La série a en effet un agenda caché : le féminisme !

Innovante, inspirée et inspirante “Glow” nous prend au dépourvu et nous place aux premières loges d’une lutte genrée presque pas déguisée. Bien que nous soyons en présence d’un ensemble cast, deux personnages sortent du lot. Pour Ruth (Alison Brie), accepter ce job est une façon de payer ses factures et de découvrir qui elle est vraiment. Pour Debbie (Betty Gilpin), c’est une façon de remonter sur l'arène de la vie après avoir été cocufiée par son mari et sa meilleure amie. Leur différend dans la vraie vie sera le moteur de leur rivalité sur le ring.

Fichtrement divertissant, la série de dix épisodes captive. “Glow” ne ressemble à rien de ce que vous avez pu voir et constitue un rendez-vous immanquable. En s’offrant les services d’une véritable catcheuse (Kia Stevens), les combats n’ont pas l’air d’être du chiqué. Les répliques finement taillées sont à la hauteur de l’ambition de ces femmes prêtes à tout pour décrocher un boulot. Finement écrit, le final ne manquera pas de vous surprendre. La sublime BO emballe le tout dans un style electro/pop propre aux 80s.

En faisant usage de ses talents cachés (nous vous laissons la surprise.. camarades !), Alison Brie (“Sleeping with Other People”) s’en donne très clairement à cœur joie, et ce pour notre plus grand plaisir. Pour beaucoup, ces actrices/catcheuses devront mener deux combats : un sur le ring et un à la maison. Elles devront aussi apprendre les cordes (comprenez les ficelles) du métier. C’est pour les productrices également une manière détournée de faire de la lutte avec les stéréotypes de l’époque (de genre mais aussi raciaux). À la fin, le message est plutôt encourageant à l’heure ou certains maris semblent encore vouloir dicter une ligne de conduite à leur compagne.

Remplie de références (“One Flew Over the Cuckoo's Nest”, “Back to the Future”, James Bond, etc), nuancée, drolatique et émouvante, “Glow” s’immisce dans la vie de ses héroïnes improbables pour nous livrer un portrait de femmes saisissant de réalisme. La série nous conforte dans l’idée qu’il y a encore du chemin à parcourir avant l’égalité totale des sexes.

Goupil

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