vendredi 25 août 2017

Atomic Blonde


L'agent Lorraine Broughton est une des meilleures espionne du Service de renseignement de Sa Majesté ; à la fois sensuelle et sauvage et prête à déployer toutes ses compétences pour rester en vie durant sa mission impossible. Envoyée seule à Berlin dans le but de livrer un dossier de la plus haute importance dans cette ville au climat instable, elle s'associe avec David Percival, le chef de station local, et commence alors un jeu d’espions des plus meurtriers.





La sculpturale Charlize Theron en blonde atomique, c’est sûr, on valide ! D’aucuns la découvrent dans un rôle bad ass, d’autres se remémorent avec douleur sa participation au pénible « Æon Flux », mais soignent assez vite leur céphalée avec l’agréable souvenir que fut « Mad Max : Fury Road ». Cousine lointaine de Jason Bourne, voire même son aïeule – on nage ici en pleine guerre froide, cette « Jane Blonde » du MI6 joue au chat et à la souris au crépuscule du mur de Berlin. D’ailleurs, toute l’intrigue se situe dans la capitale allemande, brillamment reconstituée par les équipes techniques, lesquelles ont apporté un soin tout particulier aux décors, jusque dans les moindres détails. On sent que Tibor Lázár, production designer, s’en est donné à cœur joie durant le tournage.

Ultra-violence graphique, action débridée, punchlines à tout-va, « Atomic Blonde » joue à fond la caisse la carte de l’actionner pêchu censé vous réveiller un mort ou vous flanquer une migraine, tout dépend de votre sensibilité par rapport à ce type de production. Et on reconnait là la patte de David Leitch, futur papa du deuxième petit « Deadpool » (naissance au mois de mai 2018) et co-réalisateur de « John Wick », le film qui a rappelé aux mémoires courtes que oui, Keanu est « une putain de bête de baston ». Vous ne nous en voudrez pas pour ce langage fleuri. Merci bien. Le metteur en scène est avant tout un cascadeur chevronné qui peut se targuer d’avoir à son palmarès une litanie de prouesses spectaculaires. Le gaillard a entre autres doublé Brad Pitt ou notre JCVD national. Bref, côté castagne, l’homme sait y faire.

D’ailleurs, vous ne sortirez pas indemne du (faux) plan-séquence de malade mental sis au cœur du métrage. Une bagarre-fusillade interminable dans un escalier d’un immeuble où notre héroïne s’amuse à dézinguer du communiste increvable étage après étage. Un morceau de bravoure qui justifie à lui seul le billet aller pour la salle obscure. Car Leitch, passé maître ès chorégraphie de combat, ne revendique rien d’autre que le pop-corn movie décomplexé. Mais là où le bât blesse, c’est au niveau scénaristique. On ne va pas se mentir, on est loin du grand récit d’espionnage. Longuette avec ses quelques baisses de régime, l’intrigue part en cacahuète sans trop savoir où elle va. Une trame anecdotique un peu trop voyante qui sert surtout de prétexte pour assouvir les instincts primaires du tout-regardant (jets d’hémoglobine à gogo, scènes saphiques torrides…).

Couillu, sauvage, sexy, « Atomic Blonde » n’a peut-être pas toutes les cartes en main pour se présenter comme une tranche de cinoche d’action mémorable, comme le fut « The Raid 2 » en 2014 par exemple, mais s’affiche sans complexe comme un divertissement honorable qui fera les beaux jours des férus de spectacles physiques. Au passage, pour les aficionados de la pop des eighties, jetez-vous sur la bande originale, véritable compil vintage où s’enchainent Queen, David Bowie, The Clash, Depeche Mode…, elle cartonne !


Note :
Critique : Professeur Grant

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