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samedi 26 août 2017

What Happened to Monday

2073. La Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d'instaurer une politique d'enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d'Allocation des Naissances, sous l'égide de Nicolette Cayman. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman décide de garder secrète l'existence de ses 7 petites-filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d'un jour de la semaine, elles devront chacune leur tour partager une identité unique à l'extérieur, simulant l'existence d'une seule personne : Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s'effondre le jour où Lundi disparaît mystérieusement…
 



“What Happened to Monday” ou pourquoi nous donnerions l’Oscar de la meilleure actrice à Noomi Rapace et ce, sans la moindre hésitation. Explications.

Déjà disponible chez nos voisin-e-s d’outre-Manche sur Netflix, “Seven Sisters” (le choix vers lequel se sont portés les traducteurs de génie de nos vertes contrées) fait le pari de planter son décor dans une société dystopique. Son scénario traite de la politique de l’enfant unique telle que ce fut le cas en Chine pendant plus de trente ans. Sur papier, l’idée est accrocheuse. Sur grand écran aussi. Et c’est tout à l’honneur de Noomi Rapace (la star de la désormais cultissime série suédoise “Millennium”) qui porte le film sur ses épaules d’héroïne badass (Cfr. “Prometheus” sorti en 2012).

Oubliez le jeu anecdotique du jeune Leo DiCaprio dans “The Man in the Iron Mask”, mettez entre parenthèses la performance pourtant solide de Nicolas Cage dans “Adaptations”, laissez le talentueux Sam Rockwell sur la lune (“Moon”) et oubliez la prestation à moitié déconcertante de Jesse Eisenberg dans “The Double”. Noomi Rapace va plus loin.. beaucoup plus loin ! L’actrice donne vie - de par un jeu impeccable - à sept personnages; des septuplées aux opinions bien divergentes. Différents styles vestimentaires aident l’actrice dans cet éléphantesque travail de composition qui force le respect. Femme d’affaires stakhanoviste, nounou, sportive, Tomboy, geekette, femme fatale ou encore vieille fille; presque tous les stéréotypes y passent. Et Noomi Rapace de dévoiler ses multiples facettes ainsi que les nombreuses cordes à son arc de comédienne. Toute sa filmographie semble par moments comme resurgir sous nos yeux !

À cette performance hors du commun s’ajoute un montage exemplaire qui nous fait presque oublier que Rapace est (la plupart du temps) seule devant la caméra. Les quelques défauts de conception sont quasi invisibles à l’œil nu tant le rythme est soutenu. Chapeau bas, Mr Wirkola (le réalisateur de “Hansel & Gretel: Witch Hunters”) !

Glenn Close - qu’il convient de ne plus présenter - et Willem Dafoe, l'inénarrable Gobelin Vert dans la saga “Spider-Man”, viennent gonfler les rangs de cette combinaison parfaite entre le thriller fugitif et le drame post-apocalyptique.  Tourné entièrement en Roumanie, le film fait place à nombreux seconds rôles aux traits peu familiers. Il n’empêche, tous-toutes accomplissent décemment le boulot sans broncher.

Sous ses faux airs de divertissement à trois francs six sous se cache un twist final bienvenu que nous ne dévoilerons bien évidemment pas. Sans trop en dire, l’intrigue se résume à ceci : de quoi sommes nous capables pour le greater good (comprenez : le bien collectif) ? Le film répond plutôt adroitement à cette question. Gageons qu’en adoptant un ton plus sérieux dans son traitement, “What Happened to Monday” aurait peut-être pu s'élever au rang de véritable petite perle du septième art comme l’excellent “Children of Men”.

Avant de conclure, il convient de rendre justice à la réalisation efficace, à l’extrême tension parcourant le long-métrage et au mystère qui plane autour de la disparition dont il est ici question. Ces trois ingrédients constituent le cocktail détonnant qui vous fera (et pas forcément dans cet ordre) : bondir de votre siège, hurler de plaisir (si, si, vous verrez !) ou encore verser une larme. “What Happened to Monday” constitue une belle surprise estivale !

Vous pensiez avoir tout vu au cinéma ? Réfléchissez à nouveau !       

Note :
Critique : Goupil

Sortie Belgique/France : 30/08/2017

Autre critique, autre point de vue « What Happened to Monday » vu par le Professeur Grant :


Du point Godwin aux sept sœurs

Pour les mordus de cinéma de genre, le nom de Tommy Wirkola n’est pas inconnu. On se souvient qu’en 2009, le Norvégien avait fait sensation dans les festivals dédiés au fantastique avec Død Snø (Dead Snow), un film osant dépasser le point Godwin avec son histoire saugrenue de nazis morts-vivants. Un métrage bien barré qui assumait totalement son côté série z. Tout enorgueilli de cette aura inattendue, le jeune réalisateur a finalement cédé au chant des sirènes hollywoodiennes et a mis en chantier le tout aussi improbable Hansel & Gretel: Witch Hunters avec le tandem Jeremy Renner / Gemma Arterton. En dépit d’une production houleuse et d’une critique acide injustifiée, le métrage fait florès en salles. Après une deuxième tentative en mode repeat avec Dead Snow 2 : Red vs Dead, le Scandinave se lance dans la fiction qui nous intéresse pour cette critique : What happened to Monday, titre vachement plus intrigant que sa « traduction française »… Seven Sisters.

Sororité : 7 = 1

Ça, c’est pour les présentations. L’histoire de ces sept sœurs ? Imaginez un futur proche où la Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide alors d’instaurer une politique d’enfant unique, comme ce fut le cas il n’y a pas si longtemps au sein de l’Empire du Milieu. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman (Willem Dafoe, parfait) décide de garder secrète l’existence de ses sept petites-filles. Confinées dans leur appartement, chacune prénommée avec le nom d’un jour de la semaine, les jumelles devront tour à tour partager une identité unique à l’extérieur, simulant l’existence d’une seule personne : Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s’effondre le jour où Lundi disparaît mystérieusement. A l’écran, Noomi Rapace (Prometheus, Millenium) est de tous les plans. La Suédoise incarne les sept membres de cette sororité avec une finesse et une intelligence dans ce jeu multiple qui frisent la schizophrénie. Ajoutez à ce tour de force le savoir-faire technique virtuose du metteur en scène et vous obtenez un résultat à l’écran soufflant de vérité.

Equilibrium

Cet univers dystopique n’est pas sans rappeler l’étrange monde dépeint dans Equilibrium. D’ailleurs, le film possède à bien des égards de nombreuses ressemblances avec cette petite bombe post-Matrix sortie de nulle part en 2003 ; Christian Bale et Sean Bean éraient dans un monde où les émotions étaient neutralisées par la prise quotidienne d’une drogue anti-anxiété. Dans les deux métrages, on retrouve en vrac, un pitch de science-fiction ultra-efficace à la Philip K. Dick, des acteurs convaincants, une mise en scène maîtrisée malgré un budget étriqué, une volonté de divertir intelligemment, des scènes d’action plutôt bien torchées, un soin tout particulier apporté aux décors et aux costumes afin de rendre l’expérience encore plus réaliste… mais aussi, a contrario, un récit qui ne parvient pas à être à la hauteur des ambitions conceptuelles. Absorbé par les gageures techniques imposées par le script, Wirkola laisse filer un scénario qui fait parfois fi de la cohérence et se prend les pieds dans quelques invraisemblances.

Über

Des anicroches d’autant plus regrettables que le film disposait de toutes les cartes en main pour aspirer à un statut über nettement plus prestigieux que celui de la simple série B habile. Généreux en rebondissements, en surprises mais aussi en prises de risque, ce thriller SF assure un divertissement haletant et maintient un suspens implacable jusqu’à son climax, lequel est rehaussé par un twist final déroutant. Par ailleurs, on accueille avec plaisir certaines audaces que seule une production indépendante peut s’offrir. En termes de violence graphique, de mort soudaine, de nihilisme, de gore, Wirkola ose et se permet davantage de folies que la plupart des séries B ultra balisées et formatées par le conformisme hollywoodien. Mené tambour battant dans un environnement cyberpunk plutôt bien brossé malgré les contraintes budgétaires, « What happened to Monday » clôt avec panache la saison estivale des blockbusters.

La belle surprise de la rentrée !


Note : 
Critique : Professeur Grant

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