mercredi 27 septembre 2017

The Glass Castle

Jeannette Walls (Brie Larson), brillante chroniqueuse mondaine à New-York, a tout pour réussir et personne ne peut imaginer quelle fut son enfance. Elevée par un père charismatique et inventeur loufoque (Woody Harrelson) et par une mère artiste irresponsable (Naomi Watts), elle a dû, depuis son plus jeune âge, prendre en charge ses frères et soeurs pour permettre à sa famille dysfonctionnelle de ne pas se perdre totalement. Sillonnant le pays, poursuivis par les créanciers et refusant de scolariser leurs enfants, les Walls ont tout de même vécu une vie empreinte de poésie et de rêve, qui a laissé des marques indélébiles mais qui a créé des liens impossibles à renier.






Basé sur les mémoires de Jeannette Walls, “The Glass Castle” fait étrangement penser à un autre long-métrage projeté l’an dernier au Festival du Cinéma Américain de Deauville, à savoir : “Captain Fantastic”. Après vision, toute comparaison serait inappropriée, tant les thèmes traités sont différents. Explications.

Rex, le personnage vagabond philosophico-poétique joué par un Woody Harrelson en grande forme, n’offre pas un style de vie singulier à ses enfants par anti-conformisme (à l’instar du personnage de Viggo Mortensen dans le film susmentionné)  mais pour des motifs bien différents.

Plutôt léger dans sa forme et carrément sombre dans son propos, “The Glass Castle” nous réserve son lot de moments euphoriques parvenant presque à éclipser les démons intérieurs des adultes, que nous préférons passer sous silence. Alors que beaucoup n’hésiteront pas à brûler sur le bûcher ces deux parents pour leur système éducationnel, d’autres y verront une critique d’un modèle conformiste souffreteux montrant bien trop souvent ses limites (à commencer par l’égalité des chances). Sinon, un film mêlant modèle éducatif particulier et juste-milieu, c’est pour quand ?

Saluons le jeu inspiré de Naomi Watts (Rose, la femme de Rex) - à cent lieues de ses rôles habituels, ainsi que l'interprétation forçant le respect de monsieur Harrelson. La performance de Brie Larson est quant à elle saisissante de sincérité. La jeune actrice parvient une fois de plus à nous surprendre et ce, même après avoir remporté l’Oscar de la Meilleure Actrice en 2016.

Cette saga familiale d’une enfance en patchwork sur la route met en exergue l’intelligence et surtout la résilience dont les enfants peuvent faire preuve quand ils se retrouvent dans des situations familiales difficiles à vivre. Ici, irresponsabilité, malhonnêteté, et abus sont toujours en arrière-plan.

Niveau réalisation, Destin Daniel Cretton - le cinéaste derrière “Short Term 12” - signe un long-métrage exempt de bavure technique, qui installe ce château de verre loin des jets de pierres occasionnés par la critique bête et méchante. Du beau cinéma !

Note : ★★★
Critique : Goupil

Sortie Belgique & France : le 27 septembre 2017

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