mardi 5 décembre 2017

Santa & Cie


Rien ne va plus à l'approche du réveillon : les 92 000 lutins chargés de fabriquer les cadeaux des enfants tombent tous malades en même temps ! C'est un coup dur pour Santa (Claus), plus connu sous le nom de Père Noël... il n'a pas le choix : il doit se rendre d'urgence sur Terre avec ses rennes pour chercher un remède. À son arrivée, il devra trouver des alliés pour l'aider à sauver la magie de Noël.







Décembre et ses frimas viennent tout juste de poindre le bout de leur nez et voilà-t-il pas qu’un premier film de Noël débarque dans les salles obscures. Et pas n’importe lequel : « Santa & Cie », le cinquième long-métrage signé Alain Chabat. Une fiction bien à propos alors que les premiers flocons de neige tapissent les contrées reculées de notre royaume. Après avoir sorti le Marsupilami de sa case pour le projeter sur grand écran, l’ex-Nul s’intéresse aujourd’hui au personnage du Père Noël dans une histoire rocambolesque où ce dernier doit remuer ciel et terre pour dénicher de la vitamine C, seul remède possible pour remettre d’aplomb son escouade de lutins tombés en catalepsie. Il y a urgence car, à la veille du réveillon, ces derniers sont les seuls à pouvoir confectionner les cadeaux quémandés par les bambins du monde entier.

Ne tergiversons pas des lunes entières, cette comédie familiale atteint son objectif sans forcer : divertir et amuser la galerie. Mieux, tant les adultes que les enfants s’y retrouveront dans ce joli conte désopilant confectionné pour dérider les 7 à 77 ans. Car l’inénarrable Chabat fait ce qu’il sait faire de mieux, à savoir… du Chabat : humour potache à foison, second degré à gogo, dialogues abscons à profusion, running gag à la pelle, jeux de mots en veux-tu en voilà, comique de situation à discrétion etc. On ne compte plus les répliques instantanément cultes ! Armé d’un budget confortable pour une production hexagonale, le réalisateur ne lésine pas sur les moyens pour emballer son présent d’une esthétique rutilante. Tant les décors féeriques que les effets spéciaux spectaculaires nous en mettent plein les mirettes et participent in fine à la magie de l’ensemble.

Mais toute cette fantasmagorie ne parviendra pas à obnubiler le cinéphile pointilleux qui butera sur la pierre d’achoppement que constitue le scénario. Bien trop maigrichon pour alimenter l’heure trente-cinq du métrage, le récit s’essouffle dans le deuxième tiers. La faute à des rebondissements riquiqui et, plus globalement, à une structure narrative somme toute simplissime qui ne réussit pas à dépasser son seul et unique enjeu esquissé d’entrée de jeu. Cela émis, le casting flamboyant masque partiellement ces défauts : à l’écran, Alain Chabat, alias Santa himself, Audrey Tautou, le couple Pio Marmaï / Golshifteh Farahani, le duo du Palmashow ainsi que le tandem de mioches s’en donnent à cœur joie. A noter encore le caméo délectable de Jean-Pierre Bacri en faux Père Noël.

En somme, « Santa & Cie » constitue un excellent « film de Noël », catégorie devenue un genre cinématographique à part entière ces dernières années, particulièrement demandé à l’approche des fêtes. En faisant flèche de tout bois (trouvailles visuelles mais aussi langagières), Alain Chabat propose une fable ludique et colorée qui n’a strictement rien à envier aux productions hollywoodiennes. Enjouée, drôle et aussi un chouïa impertinente (on adore !), cette fiction mérite amplement le déplacement en salles.


Note :
Critique : Professeur Grant

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