vendredi 1 décembre 2017

Tueurs


Alors que Frank Valken réalise un casse fabuleux, un commando de tueurs entre en action et exécute tous les témoins. On relève parmi les cadavres celui de la magistrate qui enquête sur l’affaire des Tireurs fous. Trente ans plus tard, ils semblent être de retour. Arrêté en flagrant délit et face à la pression médiatique, Frank n’a d’autre choix que de s’évader pour tenter de prouver son innocence.







Quand la réalité vient rattraper la fiction. Alors que, ces dernières semaines, de nouveaux éléments font surface dans l’affaire des « tueurs du Brabant », François Troukens, truand repenti passé par la case prison, lance son premier long-métrage dans les salles obscures, le mercredi 6 décembre prochain. « Tueurs » fait directement référence à cette sombre histoire des années quatre-vingt tout en prenant des libertés fictionnelles avec ce haut fait du grand banditisme belge.

Le pitch de ce film noir librement inspiré de la réalité ? Frank Valken (un impressionnant Olivier Gourmet), braqueur de haut vol, vient de réaliser un dernier casse magistral sans accroc. Du moins, c’est ce qu’il croit. Suspects idéals, ce dernier et sa bande se retrouvent mêlés à une affaire criminelle vieille de trente ans. Les « tueurs fous » semblent être de retour…

Pour donner vie à ses personnages, le réalisateur s’entoure de la crème de la crème du cinéma belge. Les amateurs de duels de comédiens feront d’ailleurs le parallèle entre le tandem d’antagonistes Al Pacino / Robert De Niro du chef-d’œuvre « Heat » de Michael Mann et notre duo belgo-belge Olivier Gourmet / Bouli Lanners. Le premier dans la peau de l’ennemi public n°1, le second dans le costume d’un commissaire revêche. Notons encore les interprétations impeccables des Bruxelloises Lubna Azabal et Natacha Régnier.

Jeux de dupe, manipulations, luttes de pouvoir, manœuvres politiciennes, on sent bien que le metteur en scène a des choses à raconter sur un milieu qu’il connaît visiblement bien. Dommage toutefois que ce dernier le fasse de manière aussi peu subtile. Son scénario tisse des ficelles grosses comme des fourgons blindés et met en place des personnages beaucoup trop caricaturaux. L’intrigue, cousue de fil blanc, ne passionne pas plus que n’importe quel téléfilm policier du dimanche tandis que la mise en scène, certes pêchue, ne révolutionne pas le polar.

Si on loue l’incursion du cinéma belge francophone dans le cinéma de genre, il faut bien reconnaître que nous avons encore du chemin à parcourir pour talonner les productions flamandes, scandinaves et américaines. Si l’envie de bien faire se ressent sur chaque plan de « Tueurs », les seules meilleures intentions n’ont jamais fait de grands films.


Note : 
Critique : Professeur Grant

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