Wonder



L'histoire de August Pullman, un petit garçon né avec une malformation du visage qui l'a empêché jusqu'à présent d'aller normalement à l'école. Aujourd'hui, il rentre en CM2 à l'école de son quartier. C'est le début d'une aventure humaine hors du commun. Chacun, dans sa famille, parmi ses nouveaux camarades de classe, et dans la ville tout entière, va être confronté à ses propres limites, à sa générosité de cœur ou à son étroitesse d'esprit. L'aventure d'Auggie finira par unir les gens autour de lui.





« Wonder », c’est un peu l’ « Elephant Man » de la génération selfie mâtiné de bonnes intentions et de l’atmosphère feel-good empruntées à « Little Miss Sunshine ». Après avoir connu un petit succès d’estime avec « The Perks of Being a Wallflower » et marqué les esprits d’une poignée de sérievores avec le sous-estimé « Jericho » (on oublie volontairement sa participation en tant que scénariste au récent live action « The Beauty & The Beast » de Disney), Stephen Chbosky s’attaque à une nouvelle de R.J. Palacio : Wonder. L’histoire toute simple d’un garçonnet né avec une malformation au visage qui débarque pour la première fois à l’école. Un véritable saut dans l’inconnu pour celui qui a été couvé par ses parents, à l’abri du regard des autres. Le début d’une aventure humaine hors du commun avec des coups, des larmes, mais aussi des sourires et des moments d’euphorie. Bref, la vie en société s’ouvre à lui.

Evidemment, on n’échappe pas à la tartine de bons sentiments. Evidemment, un happy end vous attend en fin de métrage pour vous rassurer dans vos tourments profonds et, surtout, ne pas plomber votre Noël. Evidemment, on n’évite pas un certain conformisme dans l’approche de la différence. Mais ces petits titillements apparaissent finalement comme des peccadilles au regard des thèmes et des messages véhiculés par un récit à tiroirs charpenté en chapitres. Un scénario choral parfaitement ficelé qui n’hésite pas à prendre des chemins non balisés pour s’intéresser à l’entourage du héros. Et c’est sans doute la qualité principale à attribuer à l’équipe de scénaristes : avoir réussi à mettre à l’avant-plan des personnages secondaires tout en leur conférant de vrais enjeux moraux ainsi que de belles émotions. Chbosky veillant bien à toujours surprendre le spectateur avec la sentence qu’il a fait sienne : l’habit ne fait pas le moine.

La poésie transmise dans la mise en scène et la qualité des interprétations (le couple formé par Julia Roberts et Owen Wilson ainsi que les jeunes pousses Jacob Tremblay et Izabela Vidovic sont formidables) finissent par conquérir le cœur des spectateurs et les toucher au plus profond de leur âme. Car on a tous été confrontés, de près ou de loin, au regard des autres. Un film d’une belle tendresse donc, qui arrive bien à propos, à l’heure où la société de l’être disparaît au profit de celle du paraître. On ne compte plus les faits divers évoquant le suicide d’adolescents mal dans leur peau, phénomène tragique amplifié par les réseaux sociaux. Sans toutefois aborder cette thématique, « Wonder » apparaît en phase avec les nouvelles problématiques adolescentes et se présente comme une œuvre nécessaire pour la jeune génération. Rarement une production hollywoodienne aussi calibrée sera parvenue à aborder le thème de la tolérance avec autant de justesse.

Pas de poncifs, pas de sensiblerie mal placée, pas (trop) moralisateur, le bienveillant « Wonder » porte finalement bien son titre car c’est une œuvre merveilleuse qui réchauffera les cœurs en ces temps polaires.


Note : ★★
Critique : Professeur Grant

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