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mercredi 28 février 2018

Kingsman: The Golden Circle






KINGSMAN, l’élite du renseignement britannique en costume trois pièces, fait face à une menace sans précédent. Alors qu’une bombe s’abat et détruit leur quartier général, les agents font la découverte d’une puissante organisation alliée nommée Statesman, fondée il y a bien longtemps aux Etats-Unis.
Face à cet ultime danger, les deux services d’élite n’auront d’autre choix que de réunir leurs forces pour sauver le monde des griffes d’un impitoyable ennemi, qui ne reculera devant rien dans sa quête destructrice.






Il y a moins de trois ans, une petite bombe pop sortait sans crier gare dans les salles obscures du monde entier. Personne ne l’avait vue venir. Avec « Kingsman : The Secret Service », le film d’espionnage détenait enfin son pastiche de référence. Aujourd’hui, la suite tant attendue, intitulée « The Golden Circle », débarque sur grand écran. Ne tergiversons pas, ceux qui ont adoré le premier volet vont être (très) désappointés tandis que ceux qui l’ont abhorré trouveront d’autres raisons d’exécrer encore davantage ce deuxième épisode.

Mais qu’est-ce qui s’est passé dans la caboche de Matthew Vaughn ? Comment a-t-il pu se fourvoyer à ce point-là, lui qui avait si brillamment mis en scène des productions telles que « Layer Cake », « Kick-Ass » ou « X-Men : First Class » ? Intercesseurs du premier opus, nous espérions secrètement une nouvelle aventure aussi barrée et efficace dans le divertissement décomplexé que l’original. Nenni ! On se retrouve finalement avec un blockbuster bas de gamme qui se vautre dans le ridicule avec une aisance qui frôle l’incompétence.

Le nœud du problème, c’est que pour ce sequel, le réalisateur et sa coscénariste Jane Goldman ne se sont imposés aucune limite, aucune retenue. Sans frein durant le processus de fabrication, de l’écriture à la post-production en passant par la phase de tournage, tout et surtout n’importe quoi se retrouvent logiquement à l’écran. Effets gratuits à gogo, mauvais goûts ad libitum mais aussi une incommensurable pauvreté scénaristique que l’Anglais tente bon gré mal gré de cacher par de l’esbroufe malvenue. Le storytelling est à ce titre calamiteux.

Non contents d’enchaîner les incohérences et autres invraisemblances, les auteurs accumulent en outre les fausses bonnes idées (le mixer-cannibale, les chiens-robots…), lesquelles auraient pu fonctionner dans une bande dessinée, mais ne marchent pas du tout à l’écran. Là où le premier opus se voulait fun, le deuxième se montre tout simplement grotesque et répétitif. Risible comme toutes les scènes où apparaît Sir Elton John. Mais qu’est-ce qu’il lui a pris de signer pour ça ? Il n’est malheureusement pas le seul à cabotiner dans cette quasi-daube.

Julianne Moore, en roue libre, peine à convaincre en figure du mal et même Colin Firth semble avoir rempilé pour faire plaisir au réalisateur. Un retour capillotracté totalement dispensable. Seul le Chilien Pedro Pascal (Peña dans la série Narcos) tire son épingle du jeu. Le reste du casting, dans lequel on retrouve Channing Tatum, Halle Berry ou encore Jeff Bridges, ne justifie sa présence que pour consolider les bases d’un probable troisième épisode. Il ne sert à rien de vous raconter l’intrigue, elle n’a aucun intérêt.

D’ailleurs, le ressort narratif reste le même: sauver le monde face à un super-vilain, ici une baronne de la drogue. En substance, c’est le numéro un… exposant dix ! Plus d’action, plus d’humour, plus d’effets spéciaux, plus de rebondissements… quoique…, plus long surtout, plus WTF aussi, bref, toujours plus. Comme si une suite devait toujours faire plus et ne jamais faire autrement. Du reste, sauvons les séquences de bastonnade ; Vaughn sait y faire et n’hésite pas à déployer tout son talent pour parvenir à ses fins, jusqu’à redéfinir la grammaire cinématographique.

Mais les scènes d’action seules ne suffisent pas à occulter le reste. La déconvenue est proportionnelle aux moyens déployés pour faire de « The Golden Circle » une superproduction façon superlatif. En délocalisant les Kingsmen chez les Statesmen, les pendants américains des espions britanniques, Matthew Vaughn s’est conformé aux exigences hollywoodiennes en dénaturant complètement la recette miracle du premier film. Oubliez le cachet, le charme et la fantaisie, l’enchantement n’y est plus.


Professeur Grant

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