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dimanche 6 mai 2018

A Quiet Place

2021. Une famille tente de survivre sous la menace de mystérieuses créatures qui attaquent au moindre bruit...

S'ils vous entendent, il est déjà trop tard... 




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De grands réalisateurs peuvent parfois décevoir. Tout le monde se souvient du quatrième opus des aventures d’Indiana Jones de Steven Spielberg. À l’inverse, le public est rarement déçu par ces nouveaux-venus ambitieux qui se donnent pour défi de bouleverser le paysage audiovisuel. Ce que beaucoup considéreraient comme une gageure, John Krasinski et ses deux co-scénaristes Bryan Woods et Scott Becks l’ont fait en seulement trente-six jours et avec dix-sept millions de dollars (une bagatelle à côté des gros budgets hollywoodiens). Critique US unanime, bénédiction de Stephen King himself, « A Quiet Place » est pour nous le rendez-vous immanquable du mois !

Mot d’ordre : montrer, ne pas raconter

John Krasinski, l’acteur, c’est trente-trois films. « A Quiet Place » – sa troisième réalisation – est certainement celle qui lui permettra de se faire une place parmi le club très select des réalisateurs en vogue.

Passé la première demi-heure, le peu d’acteurs à l’écran frappe. Ils sont sept au total ! Soit les cinq membres de la famille Abbott (Emily Blunt, John Krasinski, Millicent Simmonds – l’actrice sourde vue dans « Wonderstruck », Noah Jupe, Cade Woodward, ainsi que deux parfaits inconnus dans une apparition anecdotique). L’alchimie du couple Blunt/Krasinski est indéniable. Il faut dire que Blunt et Krasinski ne partagent pas que l’affiche du film dans la vie.

Au niveau des dialogues, c’est la traversée du désert. Seulement quelques phrases énoncées. Tout le reste, l’audience le voit, le lit et le devine. Cela passe par la tribune d’un journal, le post-it abandonné sur le bureau du père Abbott, les sous-titres traduisant la langue des signes ou encore la communication non verbale.

Regarder « A Quiet Place » au cinéma, c’est vivre une expérience hors du commun. Cela se résume presque à observer l’aura du long-métrage se matérialiser dans la salle, la surprendre en train d’escalader les rangées de sièges et enfin s’horrifier de la voir trouver un chemin jusqu’à nous pour nous toucher comme aucun autre film ne l’avait fait jusqu’ici.

Less is more

Estampillé film d’horreur, le film donne par-dessus tout dans le drame SF. La tension à vous couper le souffle vous tiendra sans mal en haleine pendant les 90 minutes de la projection. Jamais le silence n’avait semblé aussi terrifiant !

Histoire de famille, d’amour et de bravoure, « A Quiet Place » est un véritable exercice de style. Le cinéaste fait montre d’angles de prise de vue saisissants et offre un irréprochable travail sur le son. Les trouvailles visuelles (l’attaque du pick-up alla « Jurassic Park » ou encore celle du silo) et auditives (la scène du partage d’écouteurs en référence à « The Office », celle du stéthoscope) font sans conteste mouche. Tiendrait-on là l’Oscar du meilleur montage son ?

La parole est d’argent, mais le silence est d’or

Projet personnel (et même familial), « A Quiet Place » fait partie de ces films qui vous prennent aux tripes sans prévenir et vous emmènent en dehors de votre zone de confort. Original mais abouti, anxiogène mais captivant, « A Quiet Place » fera assurément beaucoup de bruit à sa sortie.
...-.-

Note :
Critique : Goupil 

Sortie en Belgique : 9 mai 2018
Sortie en France : 20 juin 2018 

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