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samedi 5 janvier 2019

Amanda


Paris, de nos jours. David, 24 ans, vit au présent. Il jongle entre différents petits boulots et recule, pour un temps encore, l’heure des choix plus engageants. Le cours tranquille des choses vole en éclats quand sa sœur aînée meurt brutalement. Il se retrouve alors en charge de sa nièce de 7 ans, Amanda.





Premier film post-attentats, « Amanda » aborde le destin de David, un jeune Parisien qui partage sa vie entre un petit boulot d’élagueur à la mairie et un poste de concierge d’un AirBnB. Un quotidien qui se verra chamboulé par la mort brutale de sa sœur, une des nombreuses victimes d’un acte terroriste effroyable. Il se retrouve alors en charge de sa petite nièce de sept ans, la fameuse Amanda du titre. Sa vie bascule du jour au lendemain. Ce dernier ne s’attendait pas à se retrouver responsable d’une fillette à seulement vingt-quatre printemps, ni à perdre, si tôt, son insouciance.

Le sujet a beau être grave et l’affliction omniprésente, il s’en dégage une certaine légèreté. D’ailleurs, le métrage est traversé par une luminosité qui laisse place à l’espoir. Si bien qu’on évite le feel-bad movie redouté. Cela émis, le film revendique haut et fort sa puissance mélodramatique, n’hésitant pas à solliciter nos émotions par l’un ou l’autre artifice comme une musique peu subtile. Fort heureusement, Mikhaël Hers esquive de justesse l’écueil du pathos. Son récit nous pique au cœur. Ses images nous cueillent. C’est sensible sans être mièvre, poignant sans faire pleurer dans les chaumières. Ceci grâce à une mise en scène pudique et sobre.

Il faut également épingler la richesse d’un casting irréprochable jusque dans ses seconds rôles (Stacy Martin, Jonathan Cohen, Ophelia Kolb). L’avant-plan est partagé par un formidable tandem : d’un naturel confondant, Vincent Lacoste (David) prouve qu’il est désormais incontournable dans le cinéma français tandis qu’Isaure Multrier (Amanda), d’une troublante sincérité, s’affiche comme une belle révélation. On regrettera bien l’une ou l’autre maladresse comme le final très appuyé et beaucoup trop signifiant à Wimbledon. Mais, on gardera surtout le souvenir d’un film touchant, solaire et d’une infinie tendresse.
Note: 

Critique: Professeur Grant

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